lundi 5 février 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY02382 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme A C, épouse B, a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler la décision du 13 février 2023 par laquelle le préfet de l'Ardèche l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable une fois.
Par un jugement n° 2301586 du 16 mars 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2023, Mme B, représentée par Me Boyer, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 16 mars 2023 ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision portant assignation à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à son profit, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision d'assignation à résidence :
- est dépourvue de base légale, dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français pour l'exécution de laquelle elle a été prise ne lui a pas été régulièrement notifiée ;
- est entachée d'erreur de fait, le préfet ayant indiqué dans l'arrêté contesté que cette mesure d'éloignement avait été régulièrement notifiée.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante arménienne née le 6 février 1967, est entrée en France en 2014, accompagnée de son époux. Elle a formulé une demande d'asile sous une fausse identité, qui a été rejetée, et a fait l'objet de décisions d'éloignement les 5 janvier 2016 et 15 juillet 2019, toutes deux confirmées par le juge administratif. La requérante a ensuite sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 13 février 2023, le préfet de l'Ardèche lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de renvoi et l'a assignée à résidence. Mme B fait appel du jugement par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette mesure d'assignation.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est informé, par cette notification écrite, des conditions, prévues aux articles L. 722-3 et L. 722-7, dans lesquelles cette décision peut être exécutée d'office. () ".
4. La requérante soutient que l'assignation à résidence dont elle a fait l'objet est dépourvue de base légale, dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne lui a pas été notifiée personnellement et de façon régulière. Elle fait valoir, en particulier, qu'elle n'a pas signé la notification de cette dernière, ni reçu l'information relative aux conditions d'exécution d'office d'une mesure d'éloignement et que la notification de cette mesure ne mentionne pas les voies et délais de recours. Toutefois, une éventuelle irrégularité entachant la notification d'une décision d'éloignement, si elle est susceptible de faire obstacle à l'opposabilité d'un délai de recours, voire d'affecter son exécution, est en revanche sans incidence sur la légalité même de cette décision. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision d'assignation serait illégale, en raison des vices qui entacheraient la notification de l'obligation de quitter le sol français, pour l'exécution de laquelle elle a été prise.
5. En second lieu, la requérante soutient qu'en indiquant, dans l'arrêté d'assignation à résidence, que l'obligation de quitter le sol français lui a été notifiée de façon régulière, l'administration a commis une erreur de fait. Toutefois, d'une part, les voies et délais de recours pour contester cette obligation, applicables lorsqu'elle est assortie d'une assignation à résidence, ont été portés à la connaissance de Mme B par la notification concomitante de l'arrêté d'assignation à résidence. D'autre part, l'intéressée, qui reconnaît avoir apposé sa signature par erreur sur l'arrêté visant son époux, et vice-versa, à la suite d'une inversion des documents, admet ainsi avoir eu connaissance de cette pièce, dont le dispositif et la motivation sont identiques à celles de l'arrêté la concernant, hormis les éléments relatifs à l'état civil et à certaines activités respectives. Par conséquent, l'erreur ne porte, pour l'essentiel, que sur l'information prévue à l'article L. 613-3 précité. Ainsi, en l'espèce, l'erreur invoquée n'était pas de nature à exercer une influence déterminante sur la prise de la décision d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige a été fondée sur des faits erronés doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, épouse B, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Ardèche.
Fait à Lyon, le 5 février 2024.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026