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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY02572

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY02572

lundi 8 avril 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY02572
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantLUKEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme B E, épouse C, et M. D C ont demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler les décisions du 3 avril 2023 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or a refusé de leur délivrer des titres de séjour et leur a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

Par deux jugements, n° 2301183 et n° 2301184, du 19 juillet 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour

I- Par une requête enregistrée le 2 août 2023 sous le n° 23LY02572, Mme E, épouse C, représentée par Me Lukec, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 19 juillet 2023 ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions du préfet de la Côte-d'Or du 3 avril 2023 lui refusant l'admission au séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que la décision refusant la délivrance du titre de séjour sollicité :

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît les articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, ce qui faisait obstacle à ce qu'une décision d'obligation de quitter le territoire français soit prise ;

- est illégale, dès lors qu'un droit au séjour doit lui être reconnu en raison de circonstances humanitaires exceptionnelles.

II- Par une requête enregistrée le 2 août 2023 sous le n° 23LY02574, M. C, représenté par Me Lukec, formule les mêmes conclusions que son épouse, assorties de moyens identiques.

M. et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 13 septembre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision du 1er septembre 2023 par laquelle le président de la cour a désigné Mme Vinet, présidente-assesseure, pour statuer dans le cadre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris son dernier alinéa ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Les requêtes nos 23LY02572 et 23LY02574 concernent un couple et ont été examinées conjointement. Par suite, il y a lieu de les joindre et de statuer par une seule décision.

3. Mme E, épouse C, ressortissante albanaise née le 6 juin 1989, et M. D C, son époux, sont entrés irrégulièrement en France le 5 août 2021, selon leurs déclarations. Le 8 septembre 2021, ils ont sollicité l'admission au bénéfice de l'asile et la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parents accompagnant un enfant malade. Leurs demandes d'asile ont été rejetée définitivement par la Cour nationale du droit d'asile le 11 août 2022. Par des arrêtés du 3 avril 2023, le préfet de la Côte-d'Or leur a refusé l'admission au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français et a désigné le pays de renvoi. Les époux C font appel des jugements par lesquels la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces décisions.

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. () Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. () / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".

5. Dans son avis du 13 janvier 2022, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé, après que le médecin rapporteur a examiné l'enfant que, si l'état de santé du fils des époux C nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les pièces médicales versées au dossier par les requérants ne remettent pas sérieusement en cause l'avis du 13 janvier 2022 sur ce point. Ainsi, il n'y a pas lieu d'examiner si un traitement approprié à la pathologie du jeune A est effectivement accessible en Albanie où, au demeurant, ce dernier a déjà fait l'objet de plusieurs interventions chirurgicales spécialisées. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Côte-d'Or, en refusant de délivrer des titres de séjour aux requérants, aurait méconnu les dispositions combinées des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation des requérants et de leur enfant de cette décision et de la décision d'obligation de quitter le territoire français.

6. En dernier lieu, M. et Mme C reprennent dans leurs requêtes les autres moyens visés ci-dessus, déjà invoqués devant le tribunal administratif de Dijon. Ces moyens ont été écartés à bon droit par la première juge. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs des jugements de première instance, à l'encontre desquels les requérants ne formulent aucune critique pertinente, de rejeter les requêtes présentées par les époux C devant la cour, qui sont manifestement dépourvues de fondement, y compris en leurs conclusions aux fins de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E, épouse C, à M. D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.

Fait à Lyon, le 8 avril 2024.

La présidente-assesseure désignée,

Camille Vinet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Nos 23LY02572-23LY02574

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