mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY03824 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | ABDOURAOUFI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A D a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler la décision lui ayant refusé la délivrance d'un titre de séjour ainsi que l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination de cette mesure d'éloignement, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2309524 du 14 novembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2023, M. C, représenté par la SELARL d'avocats RS Legal, agissant par Me Abdouraoufi, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 14 novembre 2023 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon ;
2°) d'annuler la décision lui ayant refusé la délivrance d'un titre de séjour ainsi que l'arrêté de la préfète de l'Ain du 8 novembre 2023 ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de procéder à un nouvel examen de sa demande et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du jugement de l'affaire n° 2208230 pendante devant le tribunal administratif de Lyon ;
4°) de suspendre l'exécution de toute mesure d'éloignement et d'interdiction dans l'attente du jugement de sa requête initiale.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il reprend en appel les moyens qu'il avait soulevés en première instance, tirés de ce que l'arrêté attaqué a été signé par une personne qui ne disposait pas d'une délégation régulière de signature ; de ce qu'il est insuffisamment motivé ; de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de base légale, dès lors qu'elle repose sur des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français du 30 novembre 2022 du préfet des Hauts-de-Seine qui ne lui ont pas été notifiées ; de ce que l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 25 mars 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Par une ordonnance du 29 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 mai 2024.
Une décision du 27 mars 2024 a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. C.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jean-Yves Tallec, président.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né en 1980, déclare être entré en France le 16 mars 2016, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa valable jusqu'au 16 avril 2016, et s'y être maintenu depuis lors. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 15 juin 2021 auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine, puis le 13 juin 2023 auprès de la préfecture de l'Ain. Le 8 novembre 2023, il a fait l'objet d'un contrôle d'identité par des agents de la police aux frontières de Prévessin-Moëns, a été placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour en France et la préfète de l'Ain a pris à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement, prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'assignant à résidence. M. C relève appel du jugement du 14 novembre 2023 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant notamment à l'annulation de la décision lui ayant refusé son admission au séjour ainsi que de cet arrêté du 8 novembre 2023.
Sur le refus de titre de séjour :
2. M. C, qui ne fournit au demeurant aucune précision quant à la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour dont il demande l'annulation, alors que l'arrêté du 8 novembre 2023 indique qu'il ne statue pas sur la demande dont il a saisi la préfète de l'Ain, ne soulève aucun moyen à l'encontre de ce refus. Les conclusions tendant à son annulation doivent dès lors être rejetées.
Sur l'arrêté du 8 novembre 2023 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 722-7 du même code : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi () ".
4. M. C fait valoir qu'à la date de l'arrêté attaqué, il avait contesté la décision implicite de rejet de la demande d'admission au séjour qu'il avait adressée au préfet des Hauts-de-Seine et que le tribunal administratif de Lyon n'avait pas encore statué sur sa demande. Toutefois, l'arrêté attaqué n'est pas fondé sur ce refus implicite, mais, notamment, sur la décision expresse prise par le préfet des Hauts-de-Seine le 30 novembre 2022. En tout état de cause, si la requête formée par un étranger à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français fait obstacle à la mise à exécution de son éloignement avant que le tribunal ait statué sur celle-ci, elle n'a pas d'effet suspensif sur le refus de titre de séjour contesté concomitamment. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 722-7 précité doit dès lors être écarté.
5. En deuxième lieu, M. C reprend en appel les moyens, qu'il avait invoqués en première instance et tirés de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une personne qui ne disposait pas d'une délégation régulière de signature, serait insuffisamment motivé, de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'un défaut de base légale, en tant qu'elle repose sur des décisions du 30 novembre 2022 du préfet des Hauts-de-Seine portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français qui ne lui ont pas été notifiées, et de ce que l'arrêté attaqué méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation. En l'absence d'élément nouveau présenté en appel, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge aux points 3 à 8 de son jugement.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
7. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi, en toute état de cause, que celles tendant à la suspension de l'exécution de son éloignement.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A D et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Yves Tallec, président de chambre,
Mme Emilie Felmy, présidente-assesseure,
Mme Vanessa Rémy-Néris, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le président rapporteur,
Jean-Yves TallecLa présidente assesseure,
Emilie Felmy
La greffière,
Michèle Daval
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026