jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY00395 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELAS WILHELM ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Le collectif Vézelay Autrement, l'association de défense de l'environnement et de la nature de l'Yonne, Mme E B, Mme A G, Mme C D et M. F H ont demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2021 du préfet de l'Yonne portant enregistrement de la demande de création d'une installation de méthanisation sur le territoire de la commune d'Etaule (89200), présentée par la société Avallon Bio Energie ; de mettre à la charge de l'Etat et de la société Avallon Bio Energie une somme de 2 000 euros chacun sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n°22001125 du 14 décembre 2023, le tribunal administratif de Dijon a annulé cet arrêté préfectoral et a rejeté le surplus des conclusions des parties.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 14 février 2024, sous le n°24LY00395, la société Avallon Bio Energie, représentée par Me d'Albert des Essarts (SAS Wilhelm et Associés), demande à la cour d'ordonner le sursis à exécution de ce jugement du 14 décembre 2023 du tribunal administratif de Dijon, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur les conclusions de sa requête tendant à l'annulation de ce jugement
Elle soutient que :
- sa demande est recevable, dès lors qu'elle a déposé une requête, enregistrée sous le n° 24LY00394, tendant à l'annulation de ce jugement ;
- c'est à tort que le tribunal a annulé l'arrêté préfectoral litigieux ; en effet, elle avait justifié précisément de ses capacités techniques et financières ; aucune observation n'a été formulée par le public sur lesdites capacités lors de la consultation menée en juin-juillet 2021 ; en tout état de cause, cette situation était régularisable et les premiers juges auraient dû à tout le moins surseoir à statuer ;
- l'exécution de ce jugement emporterait de très graves conséquences pour l'installation.
Vu la requête enregistrée sous le n°24LY00394 par laquelle la société Avallon Bio Energie relève appel du jugement du tribunal administratif de Dijon et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 12 août 2010 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées de méthanisation relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2781 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 mai 2024, le rapport de M. Tallec, président, et les observations de Me Reymond, pour la société Avallon Bio Energie, qui a repris les moyens soulevés dans ses écritures et précisé que les formations prévues par l'article 28 de l'arrêté du 12 août 2010 avaient été dispensées, ainsi qu'elle l'avait indiqué dans la note en délibéré enregistrée le 30 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17. "
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". En application de ces dispositions, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et par le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un moyen est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
3. Pour prononcer l'annulation de l'arrêté du 30 décembre 2021 par lequel le préfet de l'Yonne a enregistré la demande de création d'une installation de méthanisation sur le territoire de la commune d'Etaule (89200) présentée par la société Avallon Bio Energie, le tribunal administratif de Dijon a d'abord retenu, sur le fondement des dispositions de l'article R. 512-46-4 du code de l'environnement, que la décision était " intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence d'informations suffisantes mises à disposition du public quant aux capacités techniques et financières de la société exploitante ", ayant eu " pour effet de nuire à la complète information du public ". Il a ensuite retenu, après avoir visé les dispositions de l'article 28 de l'arrêté du 12 août 2010 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées de méthanisation relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2781 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, que " le dossier ne comporte pas d'informations suffisantes pour justifier du respect des prescriptions relatives aux modalités de formation du personnel envisagées en matière de prévention des nuisances et des risques générés par le fonctionnement et la maintenance des installations, de conduite à tenir en cas d'incident ou d'accident et de mise en œuvre des moyens d'intervention " et que " cette carence a eu pour effet de nuire à la complète information du public ".
4. En l'état de l'instruction, et alors que le tribunal n'a pas fait usage, comme il lui avait été demandé, des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 181-18 du code de l'environnement, les moyens soulevés par la société Avallon Bio Energie, et sus analysés, paraissent sérieux et de nature à justifier l'annulation du jugement attaqué.
5. Par ailleurs, les moyens soulevés par le collectif Vézelay Autrement et autres devant le tribunal, tirés de ce que la demande aurait dû être instruite au titre de la procédure d'autorisation environnementale régie par l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement, de l'absence de justification suffisante du respect de plusieurs prescriptions générales applicables à l'installation et des impacts du projet sur l'environnement, de la méconnaissance du principe de proximité résultant du II. de l'article L. 541-1 du code de l'environnement et de l'absence de prise en compte des intérêts environnementaux visés aux articles L. 511-1 et L. 211-1 du code de l'environnement ne paraissent pas de nature à entraîner l'annulation de cet arrêté.
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'il y a lieu de faire droit à la demande de la société Avallon Bio Energie tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution du jugement n° 22001125 du 14 décembre 2023 du tribunal administratif de Dijon ayant annulé l'arrêté du 30 décembre 2021 du préfet de l'Yonne portant enregistrement de la demande de création d'une installation de méthanisation sur le territoire de la commune d'Etaule (89200) qu'elle avait présentée.
ORDONNE :
Article 1er :Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le fond de l'instance n°24LY00394, il sera sursis à l'exécution du jugement n°22001125 du 14 décembre 2023 du tribunal administratif de Dijon.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à la société Avallon Bio Energie, au collectif Vézelay Autrement, à l'association de défense de l'environnement et de la nature de l'Yonne, à Mme E B, Mme A G, Mme C D, M. F H, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de l'Yonne.
Fait à Lyon, le 30 mai 2024
Le premier vice-président de la cour,
Président de la 3ème chambre,
Jean-Yves Tallec
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026