LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY00556

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY00556

jeudi 5 juin 2025

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY00556
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre - formation à 3
Avocat requérantDEGRANGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme B A épouse C a demandé au tribunal administratif de Grenoble de condamner l'État à lui verser la somme de 26 400 euros à titre d'indemnisation de la perte de chance de percevoir une pension de retraite d'un montant supérieur et en réparation du préjudice moral subi.

Par un jugement n° 2102239 du 11 janvier 2024, le tribunal a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 février et 8 juin 2024, Mme A épouse C, représentée par Me Degrange, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de condamner l'État à lui verser une indemnité d'un montant de 26 400 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration a commis une faute en lui notifiant tardivement, par voie postale le 18 septembre 2020, l'arrêté du 26 juin 2020 la nommant professeur des lycées professionnels de classe exceptionnelle, postérieurement à son admission à la retraite au 1er septembre 2020 ; la notification de cet arrêté dans l'application I-prof n'est pas de nature à corriger cette faute, dès lors qu'elle n'a jamais signé un accord de notification des pièces concernant sa situation administrative sur cette plateforme ; l'administration reconnait que l'arrêté n'a pas été notifié dans l'application I-prof ; une telle notification d'avancement de grade n'est pas possible via cette application ; elle n'a pas reçu notification de cet arrêté sur sa messagerie professionnelle ;

- elle n'aurait jamais fait valoir ses droits à la retraite si elle avait eu connaissance dans les délais de sa promotion ;

- il ne saurait lui être fait grief d'avoir refusé la proposition du rectorat de la réintégrer sur un poste de remplacements de courtes durées sur l'ensemble du département de la Savoie, dans plusieurs matières, aussi bien en collège qu'en lycée professionnel ;

- elle a subi un préjudice matériel et moral évalué à la somme de 26 400 euros, correspondant à une augmentation de sa pension de retraite de 100 euros mensuels pendant vingt-deux ans.

Par un mémoire enregistré le 4 avril 2024, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- l'administration n'a commis aucune faute ;

- la perte de chance de reporter sa retraite est en grande partie due à l'absence d'implication de Mme A épouse C dans le suivi de sa candidature à une promotion ;

- bien qu'elle n'y soit pas tenue, l'administration a engagé plusieurs propositions de nature à protéger les intérêts de la requérante ; plusieurs postes lui ont donc été proposés, conformes à son statut de professeur de lycée professionnel de Lettres Histoire Géographie, propositions auxquelles elle n'a pas donné une suite favorable.

Par une ordonnance du 10 juin 2024, l'instruction a été close au 12 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de l'État ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel ;

- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État ;

- l'arrêté du 17 octobre 2003 portant création du traitement dénommé I-Prof proposant à chaque enseignant un ensemble de services internet personnalisé relatif à sa carrière administrative ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duguit-Larcher, présidente assesseure ;

- et les conclusions de M. Rivière, rapporteur public ;

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A épouse C, professeur D de lycée professionnel hors classe, affectée en classe de français langue étrangère (FLE) en unité pédagogique pour élèves arrivants allophones (UPE2A) au collège Paul Mougin de Saint-Jean-de-Maurienne (73), a été admise à la retraite, conformément à sa demande présentée le 4 novembre 2019, par arrêté du 14 novembre 2019 à compter du 1er septembre 2020. Elle n'a pu, en conséquence, bénéficier de sa promotion, prononcée par arrêté du 26 juin 2020 la nommant, à compter du 1er septembre 2020, professeur de lycée professionnel de classe exceptionnelle. Elle a demandé à la rectrice de l'académie de Grenoble, par courrier du 21 septembre 2020, le retrait de sa radiation des cadres et sa réaffectation dans son précédent poste. Par courrier du 12 octobre 2020, la rectrice lui a proposé de la réintégrer sur un poste de remplacement en lettres histoire géographie ou dans une discipline connexe pour l'année scolaire 2020/2021, son poste ayant été pourvu lors du mouvement. Son recours gracieux a été rejeté par courrier du 4 novembre 2020 au motif que son ancien poste n'était plus vacant. Par courrier du 23 novembre 2020, il lui a été précisé qu'elle serait affectée dans sa discipline, lettres histoire géographie, mais également en collège. Elle a alors présenté par courrier du 10 décembre 2020, reçu le 11 décembre, une demande préalable d'indemnisation du préjudice subi à raison de la perte de chance de percevoir une pension de retraite plus importante qu'elle a chiffrée à la somme de 26 400 euros à raison de la notification tardive, par l'administration, de son arrêté la promouvant à la classe exceptionnelle. A la suite du rejet implicite de sa demande préalable, elle a demandé au tribunal administratif de Grenoble de condamner l'État à lui verser cette somme. Par un jugement du 11 janvier 2024 dont Mme A épouse C relève appel, le tribunal a rejeté sa demande.

2. D'une part, aux termes de l'article 15 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État visé ci-dessus : " Les tableaux d'avancement doivent être portés à la connaissance du personnel dans un délai de trois jours suivant la date à laquelle ils ont été arrêtés. ".

3. D'autre part, l'article 1er de l'arrêté du 17 octobre 2003 portant création du traitement dénommé I-Prof proposant à chaque enseignant un ensemble de services internet personnalisé relatif à sa carrière administrative, visé ci-dessus : " Il est créé au ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, par la direction des personnels enseignants, un traitement dénommé I-Prof ayant pour objet, pour ce qui concerne les personnels enseignants, d'éducation et d'orientation, la gestion administrative, individuelle et collective, ainsi que l'information des personnels. / Ce traitement offre à chaque personnel concerné : /- l'accès aux données professionnelles et administratives le concernant, aux procédures d'administration électronique, à des guides et aux textes juridiques relatifs à sa carrière, ainsi qu'aux résultats des actes de gestion le concernant ; ".

4. Il résulte de l'instruction que les résultats du tableau d'avancement au grade de professeur de lycée professionnel de classe exceptionnelle ont été portés à la connaissance de Mme A épouse C par message reçu sur la plateforme I-prof le 30 juin 2020, après la tenue le 26 juin 2020 de la commission administrative paritaire s'étant prononcée sur le tableau d'avancement. L'administration pouvait procéder à cette information via cette plateforme, conformément aux dispositions précitées de l'article 1er de l'arrêté du 17 octobre 2003 lequel prévoit expressément que la plateforme offre aux personnels l'accès aux résultats des procédures de gestion les concernant, sans que Mme A épouse C ne puisse utilement faire valoir qu'elle n'avait pas donné son accord à l'utilisation de la plateforme pour la notification des décisions individuelles la concernant, une telle information ne constituant pas la notification de la décision, ou qu'aucune information ne lui a été donnée sur sa messagerie électronique professionnelle. Si l'administration ne conteste pas que l'arrêté individuel la promouvant ne lui a été notifié que le 18 septembre 2020, toutefois, la requérante ne se prévaut d'aucune disposition législative ou réglementaire fixant le délai dans lequel un tel arrêté doit être notifié. L'administration l'ayant informée de sa promotion via la plateforme I-prof, cette notification n'apparaît pas, en l'espèce, excessivement tardive, et ce alors même qu'elle est intervenue après sa date de mise à la retraite. Malgré l'information dont elle a bénéficié par la plateforme I-prof, Mme A épouse C, qui ne pouvait ignorer la période d'établissement du tableau dont les promotions devaient prendre effet au 1er septembre 2020, n'a ainsi fait aucune démarche pour s'enquérir des résultats de ce tableau avant sa date de départ à la retraite. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que, du fait de la date de notification de son arrêté de promotion, l'administration aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité, ni même que le préjudice dont elle affirme avoir été victime serait en lien direct avec une telle faute.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A épouse C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal a rejeté sa demande. Sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

DÉCIDE:

Article 1er :La requête de Mme A épouse C est rejetée.

Article 2 :Le présent arrêt sera notifié à Mme B A épouse C et à la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2025 à laquelle siégeaient :

M. Picard, président de chambre ;

Mme Duguit-Larcher, présidente assesseure ;

M. Chassagne, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.

La rapporteure,

A. Duguit-LarcherLe président,

V-M. Picard

La greffière,

A. Le Colleter

La République mande et ordonne à la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

lc

Décisions similaires

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245

03/08/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

← Retour aux décisions