jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY01139 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP GERMAIN-PHION & JACQUEMET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A C a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté n° 2022-04-57 du 12 avril 2022 par lequel le maire de Charavines l'a mis à la retraite d'office à compter de cette date, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ; de mettre à la charge de la commune de Charavines une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n°2206566 du 12 mars 2024, le tribunal administratif de Grenoble a annulé l'arrêté du 12 avril 2022 par lequel le maire de Charavines a mis M. C à la retraite d'office à compter de cette date, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux de l'intéressé et a mis à la charge de la commune de Charavines une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 22 avril 2024, sous le n°24LY01139, et un mémoire en réplique enregistré le 5 juin 2024, la commune de Charavines, représentée par Me Verne (SELARL Itinéraires Avocats), demande à la cour d'ordonner le sursis à exécution du jugement du 12 mars 2024 du tribunal administratif de Grenoble et de mettre à la charge de M. C une somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- contrairement à ce qu'ont estimé les premiers juges, les faits de harcèlement sexuel et moral reprochés à M. C étaient établis ; l'arrêté était suffisamment motivé au regard des prescriptions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; M. C n'avait pas demandé la communication des motifs de la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ; le moyen tiré du vice de procédure, en raison du non-respect du délai d'un mois prévu par l'article 13 du décret du 18 septembre 1989, était inopérant ;
- l'exécution du jugement est de nature à entraîner des conséquences difficilement réparables pour la collectivité.
Par des mémoires enregistrés le 7 mai et le 11 juin 2024, M. C, représenté par Me Germain-Phion (SCP Germain-Phion Jacquemet), conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la commune de Charavines une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu la requête enregistrée sous le n°24LY01076 par laquelle la commune de Charavines relève appel du jugement et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 juin 2024, le rapport de M. B, premier vice-président de la cour, et les observations de Me Benyahia, représentant la commune de Charavines et celles de Me Germain-Phion, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au sursis à exécution du jugement du 12 mars 2024 :
1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17. "
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". En application de ces dispositions, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et par le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un moyen est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
3. Pour infliger à M. C, né en 1964, la sanction de mise à la retraite d'office, prise après avis favorable du conseil de discipline, le maire de Charavines a retenu que l'intimé avait, " dans un premier temps, adopté à l'égard () [d'un jeune subordonné], agent contractuel de la commune, des termes, attitudes et agissements constitutifs d'un harcèlement sexuel ", et " qu'après que l'intéressé avait dénoncé les faits, d'avoir exercé des mesures de rétorsion à son égard, qualifiables de harcèlement moral ". Par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a annulé cette sanction, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé par M. C, en considérant que les faits de harcèlement sexuel et de harcèlement moral reprochés à ce dernier n'étaient pas matériellement établis.
4. En l'état de l'instruction, au regard de l'ensemble des pièces versées au dossier, et alors notamment que l'enquête diligentée par le centre de gestion de la fonction publique territoriale de l'Isère avait conclu à une absence de preuves quant à l'existence des agissements reprochés à M. C, et que le parquet du tribunal de Bourgoin-Jallieu avait procédé à un classement sans suite pour les faits dont il avait été saisi, le moyen tiré de ce que c'est à tort que les premiers juges ont estimé que lesdits agissements n'étaient pas matériellement établis ne paraît pas sérieux et de nature à justifier l'annulation du jugement n°2206566 du 12 mars 2024 du tribunal administratif de Grenoble. Il en résulte que la commune de Charavines n'est pas fondée à demander le sursis à exécution de ce jugement.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Dès lors que M. C n'est pas la partie perdante au présent litige, il ne peut être fait droit aux conclusions de la commune de Charavines présentées sur le fondement de ces dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre de ces mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la commune de Charavines est rejetée.
Article 2 : La commune de Charavines versera une somme de 1 500 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Charavines et à M. A C.
Fait à Lyon, le 13 juin 2024
Le premier vice-président de la cour,
Président de la 3ème chambre,
Jean-Yves B
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026