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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY01441

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY01441

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY01441
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSELARL BROCHETON AVOCATS

Texte intégral

Vu la rocédure suivante :


rocédure contentieuse antérieure

Mme B... ... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler le refus o osé ar le directeur de l’hô ital intercommunal de ... à sa demande de réintégration à tem s artiel théra eutique.

ar un jugement n° 2203135 du 19 mars 2024, le tribunal administratif de Lyon a annulé ce refus.


rocédure devant la cour

ar une requête et un mémoire, enregistrés res ectivement le 20 mai 2024 et le 20 décembre 2024, l’hô ital intercommunal de ..., re résenté ar Me Brocheton, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement n° 2203135 du 19 mars 2024 du tribunal administratif de Lyon ;

2°) de rejeter la demande de remière instance de Mme A... ;

3°) de mettre à la charge de Mme A... une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

L’hô ital intercommunal de ... soutient que :
– le jugement ne récise as quelle est la décision annulée, est entaché d’une erreur de droit et d’une double erreur de fait et les remiers juges ont inversé la charge de la reuve ;
– le refus de réintégration attaqué n’est entaché d’aucune erreur manifeste d’a réciation car l’arrêt de travail émis le 26 mai 2021 neutralise l’avis du même jour émis ar le comité médical se rononçant en faveur d’une re rise à tem s artiel théra eutique de ses fonctions ar Mme A..., cette dernière n’ayant as roduit d’élément justifiant de son a titude à une telle re rise lorsqu’elle l’a sollicitée le 23 décembre 2021 et le médecin agréé n’a fixé la date de cette re rise qu’au 26 octobre 2022, à l’issue du congé maladie de Mme A....

ar un mémoire en défense, enregistré le 24 se tembre 2024, Mme B... A..., re résentée ar la SELARL Grimaldi et associés, agissant ar Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l’hô ital intercommunal de ... d’une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A... fait valoir que :
– le jugement attaqué n’est as irrégulier : il annule la décision non datée ar laquelle le directeur de l’hô ital intercommunal de ... refuse de la réintégrer à tem s artiel théra eutique ;
– le refus de réintégration est entaché d’une erreur manifeste d’a réciation car elle bénéficiait d’un avis favorable à une re rise à tem s artiel théra eutique du médecin agréé et du comité médical.

La clôture de l’instruction a été fixée au 23 juillet 2025 ar une ordonnance du 17 juin récédent.

Vu les autres ièces du dossier ;

Vu :
– la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ortant dis ositions statutaires relatives à la fonction ublique hos italière ;
– le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'a titude hysique et aux congés de maladie des agents de la fonction ublique hos italière ;
– le code de justice administrative.

Les arties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;


Ont été entendus au cours de l'audience ublique du 23 se tembre 2025 :
– le ra ort de M. Gros, remier conseiller,
– les conclusions de Mme Djebiri, ra orteure ublique,
– et les observations de Me Brocheton, re résentant l’hô ital intercommunal de ....




Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., qui exerçait les fonctions de masseur-kinésithéra eute à l’hô ital intercommunal de ..., a été lacée en congé de longue durée du 7 mars 2016 au 6 mars 2018, uis du 1er se tembre 2019 au 28 février 2021. Le 26 mai 2021, le comité médical dé artemental de l’Ardèche a émis un avis favorable à sa réintégration à tem s artiel théra eutique. A la suite de cet avis, Mme A... a demandé sa réintégration à tem s artiel théra eutique ar un courrier du 1er décembre 2021. Le directeur de l’hô ital a refusé de rononcer cette réintégration ar une décision ex resse, contenue dans un courrier non daté osté le 21 décembre 2021. Il a o osé un refus im licite à une nouvelle demande de réintégration à tem s artiel théra eutique du 23 décembre 2021. ar le jugement attaqué du 19 mars 2024, le tribunal administratif de Lyon a annulé ce refus de réintégration.


Sur la régularité du jugement attaqué :

D’une art, les remiers juges, a rès avoir visé la demande d’annulation de la décision ex resse non datée, où le directeur de l’hô ital intercommunal de ... estime ino ortune, au vu de son « état de santé », une re rise de ses fonctions, à tem s artiel théra eutique, ar Mme A..., et a rès avoir ra elé, au oint 1 de ce jugement, que Mme A... avait demandé à cette autorité, le 23 décembre 2021, de rocéder à sa réintégration, ceci « dans les meilleurs délais », ont annulé la décision de refus de réintégration, c’est-à-dire la décision ex resse non datée du directeur de l’hô ital et sa confirmation im licite. Le jugement ne souffre ainsi as d’im récision sur l’étendue de l’annulation qu’il rononce.

D’autre art, eu égard à l’office du juge d’a el, qui est a elé à statuer, d’une art, sur la régularité de la décision des remiers juges et, d’autre art, sur le litige qui a été orté devant eux, l’hô ital intercommunal de ... ne eut as utilement soutenir, our demander l’annulation du jugement attaqué, que le tribunal aurait entaché sa décision d’une erreur de droit, d’erreurs de fait ou inversé la charge de la reuve.


Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

Aux termes de l’article 7 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988, a licable : « Les comités médicaux sont chargés de donner un avis à l'autorité com étente sur les contestations d'ordre médical qui euvent s'élever à ro os (…) de l'octroi et du renouvellement des congés (…) de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : (…) 3. Le renouvellement des congés (…) de longue durée / 4. La réintégration (…) à l'issue d'un congé (…) de longue durée / 5. L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire a rès un congé (…) de longue durée / (…) / Les comités médicaux euvent recourir au concours d'ex erts ris hors de leur formation. (…) Les ex erts donnent leur avis ar écrit ou sont entendus ar le comité médical ». Aux termes de l’article 8 du même décret : « Le comité médical su érieur révu à l'article 8 du décret du 14 mars 1986 susvisé, saisi ar l'autorité administrative com étente, à son initiative ou à la demande du fonctionnaire, eut être consulté sur les cas dans lesquels l'avis donné en remier ressort ar le comité médical com étent est contesté ». Aux termes de l’article 22 du même décret : « A l'ex iration du congé de longue durée, le fonctionnaire est réaffecté dans ses fonctions ou dans des fonctions corres ondant à son grade ou à son em loi ». Aux termes du remier alinéa de l’article 30 du même décret : « Le bénéficiaire d'un congé (…) de longue durée ne eut re rendre ses fonctions à l'ex iration ou au cours dudit congé que s'il est reconnu a te, a rès examen ar un s écialiste agréé et avis favorable du comité médical com étent ».

Aux termes de l’article 41-1 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, a licable : « A rès un congé (…) de longue durée, les fonctionnaires euvent être autorisés à accom lir un service à tem s artiel our raison théra eutique, accordé our une ériode de trois mois renouvelable dans la limite d'un an our une même affection / (…) / La demande d'autorisation de travailler à tem s artiel our raison théra eutique est résentée ar le fonctionnaire accom agnée d'un certificat médical établi ar son médecin traitant. Elle est accordée a rès avis favorable concordant du médecin agréé ar l'administration. Lorsque les avis du médecin traitant et du médecin agréé ne sont as concordants, le comité médical com étent ou la commission de réforme com étente est saisi / Le tem s artiel théra eutique eut être accordé : - soit arce que la re rise des fonctions à tem s artiel est reconnue comme étant de nature à favoriser l'amélioration de l'état de santé de l'intéressé / - soit arce que l'intéressé doit faire l'objet d'une rééducation ou d'une réada tation rofessionnelle our retrouver un em loi com atible avec son état de santé (…) ».

Il ressort des ièces du dossier que le congé de longue durée accordé à Mme A... à com ter du 7 mars 2016 a été rolongé à lusieurs re rises, notamment our une durée de six mois, du 1er se tembre 2020 au 28 février 2021, ar un arrêté du directeur de l’hô ital intercommunal de ... ris le 30 novembre 2020 au vu d’un avis du comité médical dé artemental rendu le 25 novembre 2020. Le 26 mai 2021, ce même comité, se rononçant sur la demande de Mme A... que lui avait transmise l’hô ital, et suivant en cela les conclusions médicales émises le 17 mai 2021 ar le médecin agréé, chef du ôle médecine-radiologie-endosco ie de l’hô ital de Tournon, a émis un avis favorable à une re rise de ses fonctions de masseur-kinésithéra eute ar l’intéressée, à tem s artiel théra eutique endant une ériode de six mois, en réconisant l’utilisation d’un lève-malade our les atients très dé endants. Le comité médical récise que le congé de longue durée, dont la ériode d’octroi était échue au 28 février 2021, devait être rolongé jusqu’à cette réintégration. Le directeur de l’hô ital, auquel cet avis, qu’il n’a as contesté devant le comité médical su érieur, s’im osait, était ainsi tenu de réaffecter Mme A... dans ses fonctions, sans délai, et de régulariser sa situation, en rolongeant son congé de longue durée our la ériode s’étendant du 1er mars 2021 à la date de la re rise de ses fonctions ar l’agent. C’est donc au rix d’une inexacte a lication des dis ositions visées aux oints 4 et 5 que le directeur de l’hô ital intercommunal de ... a, ar ses décisions ex resse et im licite, refusé de rononcer la réintégration de Mme A....

Il résulte tout de ce qui récède que l’hô ital intercommunal de ... n’est as fondé à soutenir que c’est à tort que, ar le jugement attaqué, le tribunal a annulé le refus de réintégration o osé ar le directeur de cet établissement à Mme A....


Sur les frais liés au litige :

Les dis ositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A..., qui n’est as la artie erdante à l’instance, verse à l’hô ital intercommunal de ... la somme que celui-ci demande au titre des frais ex osés et non com ris dans les dé ens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l’es èce, de mettre à la charge de l’hô ital intercommunal de ... une somme de 2 000 euros au titre des frais ex osés ar Mme A... et non com ris dans les dé ens.


DÉCIDE :


Article 1er : La requête de l’hô ital intercommunal de ... est rejetée.

Article 2 : L’hô ital intercommunal de ... versera à Mme A... une somme de 2 000 euros en a lication de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le résent arrêt sera notifié à l’hô ital intercommunal de ... et à Mme B... A....


Délibéré a rès l'audience du 23 se tembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. ourny, résident de chambre,
M. Stillmunkes, résident-assesseur,
M. Gros, remier conseiller.


Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe le 9 octobre 2025.

Le ra orteur,

B. Gros
Le résident,

F. ourny


La greffière,




N. Lecouey


La Ré ublique mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les arties rivées, de ourvoir à l'exécution de la résente décision.

our ex édition conforme,
La greffière,

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