jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY01501 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B, représenté par Me Dimier, a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon d'ordonner une expertise médicale, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de déterminer les conséquences de la chute dont il dit avoir été victime le 10 août 2020 au sein de la piscine Raymond Sommet à Saint-Etienne.
Par une ordonnance n° 2400131 du 14 mai 2024 la présidente du tribunal administratif de Lyon, juge des référés, a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, M. B, représenté par Me Dimier, demande au juge des référés de la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2400131 du 14 mai 2024 de la présidente du tribunal administratif de Lyon, juge des référés ;
2°) d'ordonner l'expertise demandée.
Il soutient que :
- la juge des référés du tribunal administratif de Lyon a refusé la mesure d'instruction qu'il demande au motif que la seule réclamation préalable adressée à la commune ne suffisait pas à établir la réalité de ses allégations ;
- souffrant d'une fracture de la cheville gauche, il a été opéré le 10 août 2020 au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne ;
- il n'est pas responsable de l'absence de témoins de l'accident dont il a été victime et a demandé une attestation d'intervention aux pompiers pour établir la réalité de cet accident ;
- il souffre d'une lombalgie chronique et a fait l'objet d'une nouvelle intervention chirurgicale le 12 mai 2023 pour l'ablation du matériel mis en place après l'accident ;
- son précédent conseil a adressé une demande d'indemnisation à la ville de Saint-Etienne qui a transmis sa réclamation à sa compagnie d'assurance, sans donner de réponse à sa réclamation.
Par décision du 1er septembre 2023, le président de la cour a désigné M. François Pourny, président de chambre, comme juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 24 février 1976, déclare avoir été victime le 10 août 2020 d'une chute dans des escaliers anormalement glissants et dangereux menant au plongeoir de la piscine municipale Raymond Soumet à Saint-Etienne. Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon qu'une expertise médicale soit ordonnée, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue d'apprécier les conséquences de cette chute, et il conteste l'ordonnance du 14 mai 2024 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Lyon, juge des référés, a rejeté sa demande au motif que, la matérialité des faits n'étant pas établie, la mesure d'instruction sollicitée ne pouvait être regardée comme présentant un caractère d'utilité suffisant au sens de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
2. Selon le premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". Il ressort de ces dispositions que l'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal apprécié en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Enfin aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
4. Pour établir l'utilité de l'expertise qu'il sollicite M. B soutient qu'il a chuté dans les escaliers anormalement glissants et dangereux d'une piscine municipale à Saint-Etienne et qu'il a réclamé l'indemnisation des préjudices en résultant. Cependant, la commune a contesté cette utilité en faisant valoir devant la présidente du tribunal administratif de Lyon, juge des référés, que la preuve de la matérialité des faits n'était pas rapportée, M. B n'ayant versé au dossier aucune pièce ou témoignage au soutien de ses allégations, ce qui prive d'utilité l'expertise sollicitée. Si M. B soutient à l'appui de sa requête avoir demandé une attestation concernant l'intervention des pompiers, cette attestation ne figure toujours pas au dossier. Dès lors, en l'état actuel du dossier, la mesure d'instruction sollicitée par M. B ne présente toujours pas un caractère d'utilité suffisant pour être accueillie et sa requête peut être rejetée comme étant manifestement dépourvue de fondement, ce qui ne fera pas obstacle à ce que M. B présente, s'il s'y croit fondé, une nouvelle demande d'expertise au tribunal administratif de Lyon, dans le cadre d'une nouvelle instance en référé ou dans le cadre d'une action indemnitaire, lorsqu'il aura réuni suffisamment d'éléments pour établir les circonstances de l'accident dont il a été victime.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est manifestement pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, la juge des référés du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Lyon, le 6 juin 2024.
Le président de la 6ème chambre,
Juge des référés
François Pourny
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026