jeudi 16 janvier 2025
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY01512 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | TEILLOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. E D, Mme K I, M. C J, Mme A F, Mme B G, Mme L H et l'association de défense des droits des membres des sections d'Auzelles (ADMS) ont demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler les délibérations du 11 octobre 2018 par lesquelles le conseil municipal de la commune d'Auzelles a retiré ses délibérations nos 2018-24, 2018-25, 2018-26 et 2018-27 du 11 septembre 2018 répartissant le produit des coupes de bois entre les ayants droit des sections de commune d'Ailloux, de La Chassagne Buisson, de Darne et de Vaisses.
Par jugement n° 1900318 du 20 janvier 2022, le tribunal a fait droit à leur demande.
Par arrêt n° 22LY00787 du 13 novembre 2023, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté la requête de la commune d'Auzelles.
Procédure devant la cour
Par lettre enregistrée le 4 mars 2023, M. D et l'association Le Geai des Bois ont saisi la cour d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 1900318 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 20 janvier 2022, en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.
Par ordonnance n° EDJA 24-06 du 27 mai 2024, le président de la cour a ouvert une procédure juridictionnelle d'exécution enregistrée sous le n° 24LY01512.
Par mémoires enregistrés le 19 juin 2024, le 16 juillet 2024, le 17 juillet 2024, le 24 juillet 2024 (ces deux derniers non communiqués), le 8 octobre 2024 et le 22 octobre 2024 (non communiqué), M. D et l'association Le Geai des Bois demandent à la cour, dans le dernier état de leurs écritures, d'enjoindre, sous astreinte et dans un délai de deux mois, à la commune d'Auzelles d'exécuter les délibérations du 11 septembre 2018 en procédant à la répartition entre les affouagistes des sommes retirées des ventes des coupes de bois de sections de commune.
Ils soutiennent que :
- leur demande est recevable, au vu des statuts de l'association notamment ;
- le droit d'affouage peut s'exercer sur du bois d'œuvre dès lors qu'il sert à un ouvrage et constitue du bois de construction, ainsi que l'a jugé la cour dans son arrêt du 13 novembre 2023 ;
- les revenus de la vente de ces coupes de bois doivent donc être répartis entre les affouagistes désignés dans les délibérations ;
- seuls les montants bruts des ventes, sans déduction de frais ou de taxes qui ont donné lieu à des provisions, doivent être retenus pour procéder à la répartition, soit 40 654,49 euros à la section Ailloux et autres, 11 348,81 euros à la section La Chassagne Le Buisson, 14 100 euros à la section Darnes et autres et 8 500 euros à la section La Vaisse ;
- le pourvoi en cassation formé contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon n'a pas été admis.
Par mémoires enregistrés le 9 juillet 2024 et le 26 septembre 2024, la commune d'Auzelles, représentée par Me Maisonneuve (SCP Teillot et associés), conclut au rejet de la demande.
Elle expose que :
- la demande est irrecevable en ce qu'elle émane de l'association Le Geai des Bois qui n'était pas partie à l'instance, ni n'est concernée par le litige ;
- la somme mise à sa charge par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon a été réglée ;
- l'arrêt en cause est frappé d'un pourvoi en cassation, ne présente aucune ambiguïté et n'implique aucune mesure d'exécution particulière ;
- les montants effectivement retirés des coupes de bois sont erronés et doivent être réduits des frais exposés par la section de commune ;
- ces montants s'élèvent à 3 185,93 euros pour la section des Ailloux, à 12 233,49 euros pour la section de Chassagne le Buisson, à 4 129,63 euros pour la section de la Vaisse et à - 638,82 euros pour la section de Darnes.
Par ordonnance du 10 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 25 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code forestier ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sophie Corvellec ;
- les conclusions de Mme Christine Psilakis ;
- et les observations de M. D pour les appelants et celles de Me Maisonneuve pour la commune d'Auzelles ;
Considérant ce qui suit :
1. Par quatre délibérations du 11 septembre 2018, le conseil municipal d'Auzelles, agissant pour le compte des sections de commune d'Ailloux, de La Chassagne Buisson, de Darne et de La Vaisses, a autorisé la vente de coupes de bois appartenant à ces sections et décidé de répartir le produit de ces coupes entre les membres de ces sections. Sur recours du préfet du Puy-de-Dôme, le conseil municipal a retiré ces délibérations, par deux délibérations du 11 octobre 2018. Ces dernières ont toutefois été annulées, à la demande de M. D et d'autres membres des sections de commune, par jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 20 janvier 2022, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 13 novembre 2023, rejetant le recours de la commune d'Auzelles. M. D et l'association Le Geai des Bois, dont il est le président, demandent à la cour d'assurer l'exécution de ce jugement, en enjoignant, sous astreinte, à la commune d'Auzelles de procéder à la répartition du produit des coupes de bois, depuis réalisées, entre les membres des sections de commune, dans un délai de deux mois.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de son article R. 921-2 : " La demande d'exécution d'un jugement frappé d'appel, même partiellement, est adressée à la juridiction d'appel () ". Il résulte de ces dispositions que seule l'inexécution d'une décision rendue par une juridiction est susceptible de justifier que des mesures d'exécution soient ordonnées sur leur fondement.
3. D'autre part, lorsqu'une décision créatrice de droits est retirée et que ce retrait est annulé, la décision initiale est rétablie à compter de la date de lecture de la décision juridictionnelle prononçant cette annulation.
4. Par le jugement dont M. D et l'association Le Geai des Bois demandent à la cour d'assurer l'exécution, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé les délibérations du conseil municipal d'Auzelles du 11 octobre 2018 procédant au retrait de quatre délibérations du 11 septembre 2018. L'annulation ainsi prononcée a eu pour seul effet de rétablir ces quatre délibérations dans l'ordonnancement juridique. La chose jugée ne portant pas sur la répartition des sommes retirées des ventes des coupes de bois entre affouagistes, une telle mesure ne relève pas de l'exécution de ce jugement. Par suite, M. D et l'association Le Geai des Bois, qui ne peuvent solliciter l'exécution des délibérations du 11 septembre 2018 par le biais de la procédure d'exécution prévue par l'article L. 911-4 du code de justice administrative, ne sont pas fondés à soutenir que ledit jugement n'aurait pas été exécuté.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Auzelles, que la demande présentée par M. D et par l'association Le Geai des Bois doit être rejetée.
DÉCIDE :
Article 1er : La demande de M. D et de l'association Le Geai des Bois est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. E D, à l'association Le Geai des Bois et à la commune d'Auzelles.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, où siégeaient :
M. Philippe Arbarétaz, président de chambre,
Mme Aline Evrard, présidente-assesseure,
Mme Sophie Corvellec, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.
La rapporteure,
S. CorvellecLe président,
Ph. Arbarétaz
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026