lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY01516 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TOUHARI PASCAL AVOCAT - AFFAIRES ET DROITS PUBLICS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme B A et l'Union départementale des associations familiales Meurthe-et-Moselle (UDAF 54), représentées par Me Magnier-Morignat, ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Dijon d'ordonner une expertise médicale, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de déterminer les conséquences de la chute dont Mme A a été victime le 3 octobre 2022, en raison de la présence d'un trou non sécurisé sur un trottoir à Cosne-Cours-sur-Loire.
Par une ordonnance n° 2400502 du 28 mars 2024 le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, Mme A et l'UDAF 54, représentées par Me Magnier-Morignat, demandent au juge des référés de la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2400502 du 28 mars 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Dijon ;
2°) d'ordonner l'expertise demandée.
Elles soutiennent que :
- Mme A s'est tordu la cheville et a chuté le 3 octobre 2022 en raison de la présence d'un trou non sécurisé sur le trottoir de la rue de Veauges à Cosne-Cours-sur-Loire ;
- elle a souffert d'une fracture non déplacée de la malléole externe droite justifiant 45 jours de soins et une incapacité temporaire totale de 21 jours, si elle ne présente pas de complications ;
- elle n'est pas consolidée et ne peut pas chiffrer son préjudice ;
- elle n'a jamais pu reconduire ;
- le juge des référés du tribunal administratif de Dijon n'a pas pris en compte le fait qu'elle est bénéficiaire d'une allocation adulte handicapé ;
- la commune a effectué une déclaration à son assurance ce qui sous-entend qu'elle reconnaît sa responsabilité ;
- le trou, dont la dangerosité est attestée, n'était ni signalé, ni balisé et il a été rebouché au ciment après la chute de Mme A ;
- elle est fondée à demander la réalisation d'une expertise pour l'évaluation de ses préjudices.
Par un mémoire en défense, non communiqué, enregistré le 4 juillet 2024, la commune de Cosne-Cours-sur-Loire, représentée par la SELARL Affaires et droits publics, agissant par Me Touhari, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la commune ne conteste nullement le fait que sa responsabilité pourrait légitimement être engagée, mais qu'il n'apparait pas que l'expertise demandée soit le seul moyen d'établir les faits et qu'elle présente un intérêt pour un éventuel contentieux.
Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2024 ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Par décision du 1er septembre 2023, le président de la cour a désigné M. François Pourny, président de chambre, comme juge des référés.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, née le 10 juillet 1969, expose avoir été victime d'une chute le 3 octobre 2022 en raison de la présence d'un trou sur un trottoir de la rue de Veaugues à Cosne-Cours-sur-Loire. Avec l'UDAF 54, en charge de sa curatelle, elle a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Dijon d'ordonner une expertise médicale en vue d'évaluer les préjudices qu'elle a subis à la suite de cette chute et le juge des référés de ce tribunal a rejeté sa demande, par une ordonnance n° 2400502 du 28 mars 2024, au motif que l'expertise demandée ne lui apparaissait pas utile dans la perspective d'un litige indemnitaire, le trou en question ne constituant pas un obstacle excédant ceux qu'un usager de la voie publique normalement attentif est susceptible de rencontrer, alors que la victime en connaissait l'existence et que l'accident a eu lieu à midi quinze. Mme A et l'UDAF 54 demandent à la cour d'annuler cette ordonnance et d'ordonner l'expertise demandée.
2. Selon le premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". Il ressort de ces dispositions que l'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal apprécié en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Il résulte de l'instruction et notamment des écritures présentées en défense par la commune de Cosne-Cours-sur-Loire, pour la première fois en appel, que le trou à l'origine de la chute de Mme A était d'une profondeur d'environ 8 centimètres et que la commune ne conteste pas que sa " responsabilité pourrait légitimement être engagée ", les faits étant établis, dès lors, c'est à tort que le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a retenu que le trou ne constituait pas un obstacle excédant ceux qu'un usager de la voie publique, normalement attentif, est susceptible de rencontrer pour refuser l'expertise demandée. Toutefois, l'intérêt de l'expertise demandée pour l'évaluation des préjudices temporaires et permanents de Mme A implique que la victime soit consolidée, faute de quoi l'expert ne pourra que fournir des éléments concernant l'évaluation des préjudices temporaires et une ou plusieurs nouvelles expertises seront nécessaires en vue de l'évaluation des préjudices permanents lorsque la victime sera consolidée. Dès lors, Mme A soutenant en page 2 de ses écritures d'appel qu'elle n'est pas consolidée et l'ampleur de ses seuls préjudices temporaires ne justifiant pas une expertise immédiate, il apparait encore prématuré d'ordonner l'expertise demandée, qui pourra, le cas échéant, être ordonnée par les juges du fond, dans le cadre d'un éventuel litige indemnitaire, si ces juges retiennent la responsabilité, totale ou partielle, de la commune.
4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A et l'UDAF 54 ne sont pas fondées à se plaindre de ce que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a rejeté leur demande.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A et de l'UDAF 54 est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à l'UDAF 54 et à la commune de Cosne-Cours-sur-Loire.
Fait à Lyon, le 22 juillet 2024.
Le président de la 6ème chambre,
Juge des référés
François Pourny
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026