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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY01916

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY01916

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY01916
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation4ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSELARL BERTHIAUD ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

La société Axa France IARD, subrogée dans les droits du centre hospitalier d’Ardèche Nord, a demandé au tribunal administratif de Lyon :

1°) de condamner in solidum les sociétés Soho Atlas In Fine et Adifis Ingénierie à lui verser la somme de 879 692,27 euros, assortie des intérêts eux-mêmes capitalisés, en réparation des conséquences dommageables de l’incendie qui a affecté le centre hospitalier d’Ardèche Nord ;
2°) de mettre in solidum à leur charge la somme de 7 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par jugement n° 2200487 du 2 mai 2024, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 4 juillet 2024, le 28 mai 2025 et le 16 juin 2025 (non communiqué), la société Axa France IARD, représentée par Me Berthiaud (SELARL Berthiaud et associés), demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) de condamner la société Soho Atlas In Fine, venant aux droits de la société In Fine Architectes, à lui verser la somme de 879 692,27 euros, sur le fondement de sa responsabilité contractuelle, augmentée des intérêts, eux-mêmes capitalisés, à compter du 28 mai 2018 ;

3°) de mettre à la charge de la société Soho Atlas In Fine la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.

Elle soutient que :
– son appel n’est pas tardif ;
– sa subrogation dans les droits du centre hospitalier est justifiée ;
– le décompte général du marché ne saurait mettre fin à son action subrogatoire, le paiement n’étant au demeurant pas démontré ;
– elle doit être regardée comme ayant demandé, dès la première instance, la condamnation individuelle de la société Soho Atlas In Fine Architecte, en sollicitant la condamnation in solidum de celle-ci et de son sous-traitant, la société Adifis Ingenierie ;
– la société Soho Atlas In Fine Architecte doit répondre, en sa qualité de locateur d’ouvrage, des fautes de son sous-traitant, envers le maître d’ouvrage ;
– ce sous-traitant a commis une faute en s’abstenant, dans le cadre de sa mission « direction de l’exécution des travaux » (DET), de solliciter la production d’un « permis de feu » (PPSPS) par la société Bel Etanchéité et de s’assurer de sa teneur, en méconnaissance des articles 1.1.4 et 5.9 du CCAP de son marché et de l’article 55 du plan général de coordination sécurité et protection de la santé (PGCSPS) ;
– ce sous-traitant a commis une faute, en s’abstenant d’exiger l’évacuation des déchets auprès de la société SAPEC, conformément au CCTP du marché de cette dernière et à l’article 38 du PGCSPS, et de s’en assurer avant le commencement des travaux d’étanchéité, ainsi qu’il était tenu de le faire en exécution de ses missions DET et OPC ;
– sa dette n’est pas prescrite, le rapport d’expertise ayant été déposé le 5 janvier 2018, en application des articles 2241 et 2239 du code civil ;
– elle est subrogée dans les droits du centre hospitalier, en vertu de l’article 1.5. du CCTP du contrat d’assurance souscrit par celui-ci, à hauteur de 879 692,27 euros, sur les 1 193 890,70 euros qu’elle lui a versés, après déduction d’une prime de vétusté et d’une indemnité obtenue auprès de l’assureur de la société SAPEC.

Par cinq mémoires enregistrés le 11 septembre 2024, le 6 novembre 2024, le 25 février 2025, le 28 mai 2025 (non communiqué) et le 16 juin 2025, la société Soho Atlas In Fine, représentée par Me Tournaire (SELARL Tournaire et Roussel), demande à la cour :

1°) de rejeter la requête ainsi que l’ensemble des conclusions présentées à son encontre ;

2°) subsidiairement, de condamner in solidum les sociétés Adifis Ingenierie, APAVE Sudeurope et Berthelot, en tant que liquidateur de la société SAPEC Entreprise Nouvelle, à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;

3°) de mettre à la charge de la société Axa France IARD la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.

Elle expose que :
– la requête d’appel est tardive et par suite irrecevable ;
– les conclusions de l’appelante tendant à sa condamnation individuelle, indépendamment de son sous-traitant, sont nouvelles en appel et par suite irrecevables ;
– subsidiairement, la dette évoquée, ou du moins une partie des sommes versées, étaient prescrites à la date de l’introduction de sa requête, le 21 janvier 2022 ;
– l’appelante ne justifie pas être subrogée dans les droits du centre hospitalier, à défaut de produire un contrat d’assurance permettant de connaître l’étendue des risques couverts ;
– sa responsabilité contractuelle ne peut plus être recherchée, compte tenu du solde du décompte général définitif intervenu le 25 janvier 2019 ;
– aucune faute à l’origine de l’incendie et des désordres en litige ne lui est imputable ;
– les sociétés APAVE, APEC et ADIFIS Ingenierie devront être condamnées in solidum à la garantir en cas de condamnation prononcée à son encontre ;
– la société APAVE a commis une faute en s’abstenant de solliciter un plan particulier de sécurité et de protection de la santé auprès de la société Bel Etanchéité, d’en contrôler le contenu et d’attirer son attention sur ce point en cas de défaillance ;
– la société SAPEC, ainsi que son assureur, la société Axa France IARD, et son liquidateur judiciaire, la société Berthelot, doivent répondre des fautes de son sous-traitant, qui sont à l’origine de l’incendie ;
– la société ADIFIS Ingenierie, au demeurant tenue à une obligation de résultat, a en outre commis une faute dans l’exécution de la mission DET qui lui était sous-traitée, à défaut d’avoir constaté l’absence d’agrément de la société Bel Etanchéité et son défaut de permis feu ;
– le montant de l’indemnité sollicitée devra nécessairement être réduit, à hauteur maximale de 541 311,39 euros outre déduction des sommes prescrites, à défaut pour l’appelante de justifier le montant des indemnités déjà versées par la SMABTP au titre de l’assurance TRC et de justifier être tenue de prendre en charge les pertes de marge et frais supplémentaires retenus par l’expert ;
– l’appelante est à l’origine de son préjudice, en étant également l’assureur du titulaire du lot étanchéité contre lequel elle ne peut donc exercer de recours et en ne démontrant pas la limitation de garantie invoquée ;
– les appels en garantie formés à son encontre ne sont pas fondés.

Par trois mémoires enregistrés le 16 octobre 2024, le 2 avril 2025 et le 21 mai 2025, la société Adifis Ingenierie, représentée par Me Canton, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de rejeter la requête ainsi que l’ensemble des conclusions présentées à son encontre ;

2°) subsidiairement, de condamner la société Soho Atlas In Fine et la SMABTP, ou, in solidum, les sociétés APAVE et Berthelot, en qualité de liquidateur judiciaire de la société SAPEC Entreprise Nouvelle, à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) de mettre à la charge des sociétés Axa France IARD, SMABTP, Soho Atlas In Fine et APAVE la somme de 8 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.

Elle expose que :
– la requête d’appel est tardive et par suite irrecevable ;
– le juge administratif n’est pas compétent pour statuer sur la demande présentée à son encontre par la société Soho Atlas In Fine, compte tenu du contrat de droit privé qui les lie ;
– la dette évoquée, ou du moins une partie des sommes versées, étaient prescrites à la date de l’introduction de sa requête, le 21 janvier 2022 ;
– l’appelante ne justifie pas être subrogée dans les droits du centre hospitalier, à défaut de produire un contrat d’assurance permettant de connaître l’étendue des risques couverts ;
– seule la société Bel Etanchéité est responsable de l’incendie et des désordres en litige, ainsi que la société SAPEC, en raison d’un défaut de surveillance de son sous-traitant ;
– aucune faute n’est imputable à la maîtrise d’œuvre ;
– la société Soho Atlas In Fine devra être condamnée à la garantir en cas de condamnation prononcée à son encontre, dès lors qu’elle ne lui a pas sous-traité la totalité des missions DET et OPC en conservant une partie des honoraires ;
– les désordres devaient être couverts par la SMABTP dans le cadre de l’assurance TRC souscrite par le centre hospitalier, sans que l’appelante ne démontre avoir été tenue de les prendre en charge ; la SMABTP, qui ne peut lui opposer l’indemnité acceptée par le centre hospitalier, devra donc être condamnée à la garantir en cas de condamnation prononcée à son encontre, en application de l’article L. 124-3 du code des assurances.

Par un mémoire enregistré le 27 janvier 2025, la société APAVE Infrastructure et Construction France, venant aux droits de la société APAVE Sudeurope et représentée par Me Maurice (SELARL Riva et associés), demande à la cour :

1°) de rejeter les conclusions présentées à son encontre ;

2°) subsidiairement, de condamner in solidum les sociétés Soho Atlas In Fine, Adifis Ingenierie et Berthelot, en tant que liquidateur de la société SAPEC Entreprise Nouvelle, à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;

3°) de mettre à la charge de la société Soho Atlas In Fine et de tout autre succombant la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.

Elle expose que :
– aucune faute ne lui est imputable, dès lors notamment qu’elle n’avait pas connaissance du sous-traitant de la société SAPEC et qu’elle n’était pas tenue de contrôler les permis de feu ;
– les sociétés Soho Atlas In Fine et Adifis Ingenierie et Berthelot, en qualité de liquidateur de la société SAPEC, devront être condamnées in solidum à la garantir en cas de condamnation prononcée à son encontre, ceux-ci ayant commis une faute en s’abstenant de l’avertir de l’intervention de la société Bel Etanchéité et de s’opposer à cette intervention.

Par deux mémoires enregistrés le 6 mai 2025 et le 1er juillet 2025 (non communiqué), la SMABTP, représentée par Me Piras (SELARL PVBF), demande à la cour :

1°) de rejeter les demandes formées à son encontre ;

2°) subsidiairement, de condamner les sociétés Soho Atlas In Fine, Adifis Ingenierie et APAVE, à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;

3°) de déclarer l’arrêt opposable à la société Berthelot, en tant que liquidateur de la société SAPEC Entreprise Nouvelle ;

4°) de mettre à la charge de la société Adifis Ingenierie ou de tout autre succombant la somme de 5 000 euros, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Elle expose que :
– la dette évoquée était prescrite à la date de l’introduction de la requête, le 21 janvier 2022, en application de l’article 2224 du code civil ;
– les demandes formées à son encontre sont irrecevables, dès lors qu’aucune action ne peut être engagée à son encontre à raison de ce sinistre, compte tenu de l’acceptation de sa proposition d’indemnisation par le centre hospitalier qui la libère de toute obligation ;
– subsidiairement, les dommages en cause ne relevaient pas du contrat d’assurance TRC souscrit par le centre hospitalier ;
– les sociétés Soho Atlas In Fine, Adifis Ingenierie et APAVE devront être condamnées à la garantir en cas de condamnation prononcée à son encontre, l’expertise concluant à leur responsabilité.

Par ordonnance du 17 juin 2025, la clôture de l’instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
– le code civil ;
– l’arrêté du 16 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles ;
– le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience ;

Après avoir entendu au cours de l’audience publique :
– le rapport de Mme Corvellec ;
– les conclusions de Mme A... ;
– les observations de Me Spegels, pour la société Axa France IARD, celles de Me Tournaire, pour la société la Soho Atlas In Fine, celles de Me Canton pour la société Adifis Ingenierie et celles de Me Maurice pour la société APAVE Infrastructure et Construction France.


Considérant ce qui suit :

A compter du mois de mai 2014, le centre hospitalier d’Ardèche Nord (ci-après CHAN), lequel avait souscrit une assurance « dommages entreprise » auprès de la société Axa France IARD le 8 janvier 2013, a entrepris des travaux de restructuration de ses blocs opératoires et services des urgences à Annonay, pour lesquels elle a en outre souscrit une garantie des dommages en cours de travaux dite « tous risques chantier » (TRC) auprès de la SMABTP. La maîtrise d’œuvre de ces travaux a été confiée, par acte d’engagement du 21 novembre 2011, à un groupement comprenant la société d’architecture In Fine, depuis devenue Soho Atlas In Fine, laquelle a sous-traité une partie de ses missions à la société Adifis Ingenierie. Le lot n° 3 « étanchéité » a été attribué à la société SAPEC Entreprise Nouvelle, laquelle a eu recours à la société Bel Etanchéité comme sous-traitant. La coordination de la sécurité et de la protection de la santé a été confiée à la société APAVE Sudeurope, depuis devenue APAVE Infrastructure et Construction France (ci-après APAVE). Le 7 juillet 2016, un incendie est survenu au niveau de la toiture-terrasse du centre hospitalier, alors que la société Bel Etanchéité intervenait sur le chantier à l’aide d’un chalumeau. L’expert désigné par le tribunal de grande instance de Lyon, à la demande du centre hospitalier et de la société Axa France IARD, a déposé son rapport le 5 janvier 2018. La société Axa France IARD, se prévalant de sa qualité de subrogé dans les droits de son assuré, a demandé au tribunal administratif de Lyon de condamner in solidum la société Soho Atlas In Fine et la société Adifis Ingenierie à lui verser la somme de 879 692,27 euros, en réparation des dommages causés par cet incendie. Le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande par jugement du 2 mai 2024. Elle en relève appel en ce qu’il rejette ses conclusions tendant à la condamnation de la société Soho Atlas In Fine.

Sur le fond du litige :

Pour rejeter la demande présentée par la société Axa France IARD, les premiers juges ont, d’une part, retenu que, les conditions n’étaient pas réunies pour engager la responsabilité quasi-délictuelle de la société Afidis Ingénierie et d’autre part, que cette demande, qui tendait uniquement à la condamnation in solidum des sociétés Soho Atlas In Fine et Adifis Ingénierie, ne pouvait être regardée comme une demande tendant également à la condamnation de la seule société Soho Atlas In Fine dans le cas où une condamnation in solidum ne pourrait être prononcée.

Contrairement à ce qu’ont ainsi retenu les premiers juges, la circonstance que la demande de la société Axa France IARD tendait à la condamnation in solidum des sociétés Soho Atlas In Fine et Adifis Ingénierie ne faisait pas obstacle à la condamnation de l’une seulement de ces deux sociétés, si les conditions pour engager la responsabilité de l’autre n’étaient pas réunies.

Toutefois, il appartient à la cour administrative d’appel, saisie de l’ensemble du litige par l’effet dévolutif de l’appel, d’examiner les autres moyens soulevés par les parties, tant en première instance qu’en appel.

Il appartient au maître de l’ouvrage, lorsqu’il lui apparaît que la responsabilité de l’un des participants à l’opération de construction est susceptible d’être engagée à raison de fautes commises dans l’exécution du contrat conclu avec celui-ci, soit de surseoir à l’établissement du décompte jusqu’à ce que sa créance puisse y être intégrée, soit d’assortir le décompte de réserves. A défaut, si le maître d’ouvrage notifie le décompte général du marché, le caractère définitif de ce décompte fait obstacle à ce qu’il puisse obtenir l’indemnisation de son préjudice éventuel sur le fondement de la responsabilité contractuelle du constructeur, y compris lorsque ce préjudice résulte de désordres apparus postérieurement à l’établissement du décompte. Il lui est alors loisible, si les conditions en sont réunies, de rechercher la responsabilité du constructeur au titre de la garantie décennale et de la garantie de parfait achèvement lorsque celle-ci est prévue au contrat.

La société In fine, maître d’œuvre, a transmis au centre hospitalier, un document établi par ses soins intitulé « décompte périodique n° 42 / décompte général définitif », daté du 25 janvier 2019, détaillant les sommes restant à payer au titre du solde du marché de maîtrise d’œuvre et faisant apparaître un solde à son profit de 6 860,62 euros, par ailleurs repris dans la note d’honoraire n° 42 annexée à ce décompte. Il résulte de l’instruction, notamment de l’extrait de comptes produit par la société Soho Atlas In Fine, que le centre hospitalier a, contrairement à ce que prétend la société Axa France IARD, procédé au règlement de ce solde, sans y apporter de modifications, le 11 juin 2019. A cette date, compte tenu notamment du dépôt du rapport d’expertise le 5 janvier 2018, le centre hospitalier disposait de tous les éléments nécessaires pour apprécier la responsabilité de son maître d’œuvre à raison de l’incendie survenu le 7 juillet 2016. Dans ces circonstances, et indépendamment même du respect de la procédure prévue par l’article 2.3.2.2. du CCAP du marché, le centre hospitalier doit être regardé comme ayant, en procédant à ce paiement et en l’absence de tout élément contraire, arrêté, sans réserve, le montant du décompte, lequel a ainsi acquis un caractère définitif. Par suite, la société Atlas Soho In Fine est fondée à soutenir, pour la première fois en appel, que cette circonstance fait obstacle à ce que sa responsabilité contractuelle puisse être recherchée à raison de ce marché, tant par le centre hospitalier, que par la société Axa France IARD, laquelle, subrogée dans les droits du centre hospitalier, dispose des mêmes droits que celui-ci, dans les mêmes limites, et ne peut dès lors utilement se prévaloir ni d’un manque de diligence de son assuré, ni des conventions la liant aux assureurs des autres constructeurs et des contentieux l’opposant à ceux-ci.

Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner la recevabilité de la requête et la prescription de la créance invoquée en défense, que la société Axa France IARD n’est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la société Soho Atlas In Fine.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Soho Atlas In Fine, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la société Axa France IARD. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme de 2 000 euros à verser à la société Soho Atlas In Fine et de rejeter les conclusions présentées par les autres parties en application de ces mêmes dispositions.


DÉCIDE :


Article 1er : La requête de la société Axa France IARD est rejetée.

Article 2 : La société Axa France IARD versera une somme de 2 000 euros à la société Soho Atlas In Fine en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société Adifis Ingenierie, par la société APAVE Infrastructure et Construction France et par la SMABTP en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Axa France IARD, à la société Soho Atlas In Fine, à la société Adifis Ingenierie, à la société APAVE Infrastructure et Construction France, à la SELARL Berthelot, liquidateur judiciaire de la société SAPEC Entreprise Nouvelle, et à la SMABTP.


Délibéré après l’audience du 8 janvier 2026, où siégeaient :
Mme Vinet, présidente de la formation de jugement,
Mme Corvellec, première conseillère,
Mme Soubié, première conseillère.





Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2026.

La rapporteure,

S. Corvellec
La présidente,

C. Vinet

La greffière,

F. Bossoutrot



La République mande et ordonne au préfet de l’Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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