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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY02204

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY02204

lundi 20 octobre 2025

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY02204
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantSELARL AD JUSTITIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler les décisions du préfet de la Loire du 18 mars 2024 l’obligeant à quitter le territoire français, fixant à trente jours le délai de départ volontaire et désignant le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2403471 du 8 juillet 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, M. A..., représenté par la SELARL Ad justitiam agissant par Me Thinon, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon du 8 juillet 2024 ;

2°) d’annuler les décisions du préfet de la Loire du 18 mars 2024 l’obligeant à quitter le territoire français, fixant à trente jours le délai de départ volontaire et désignant le pays de renvoi.

Il soutient que :
S’agissant de l’obligation de quitter le territoire français :
– elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– elle est entachée d’erreur manifeste d'appréciation.
S’agissant de la fixation du pays de renvoi :
– elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par décision du 6 novembre 2024, le bureau d’aide juridictionnelle a rejeté la demande d’aide juridictionnelle présentée par M. A....


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
– le code de justice administrative.

Vu la décision du 1er septembre 2025 par laquelle le président de la cour a désigné M. Stillmunkes, président-assesseur, pour statuer dans le cadre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris son dernier alinéa ;


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application des 1° à 7° ».

M. A..., ressortissant guinéen né le 12 mai 1996, est entré irrégulièrement en France le 20 décembre 2022. Il a formé une demande d’asile, rejetée par ordonnance de la Cour nationale du droit d’asile le 1er décembre 2023. Sa demande de réexamen a été rejetée en procédure accélérée comme irrecevable par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 9 février 2024. Par arrêté du 18 mars 2024, le préfet de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement de l’article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de trente jours, et a désigné le pays de renvoi. M. A... fait appel du jugement par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l’annulation de ces décisions.

En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dirigé contre l’obligation de quitter le territoire français, doit être écarté par adoption des motifs de la première juge, que la cour fait siens, y compris au vu des attestations produites en appel qui sont de même teneur que celles produites en première instance. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. A... doit également être écarté.

En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dirigé contre la décision fixant le pays de renvoi, doit également être rejeté par adoption des motifs de la première juge. La Cour nationale du droit d’asile a au demeurant rejeté la demande de réexamen présentée par M. A... par ordonnance du 13 mai 2024.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée en toutes ses conclusions.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire.


Fait à Lyon, le 20 octobre 2025.

Le président assesseur de la 6ème chambre,




H. Stillmunkes


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,

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