jeudi 19 juin 2025
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY02834 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler, d'une part, la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, d'autre part, celle par laquelle il a refusé de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour.
Par jugement n° 2206791-2207016 du 24 septembre 2024, le tribunal a annulé ces décisions et rejeté les conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Procédure devant la cour
I/ Par requête enregistrée le 3 octobre 2024 sous le n° 24LY02834, M. B, représenté par Me Paquet, demande à la cour d'annuler le jugement en ce qu'il rejette ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de l'instance n° 2207016 ;
Il soutient que :
- le jugement est insuffisamment motivé ;
- les circonstances de l'espèce ne justifiaient pas un rejet de sa demande.
II/ Par requête enregistrée le 3 octobre 2024 sous le n° 24LY02835, M. B, représenté par Me Paquet, demande à la cour d'annuler le jugement en ce qu'il rejette ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de l'instance n° 2206791 ;
Il soutient que :
- le jugement est insuffisamment motivé ;
- les circonstances de l'espèce ne justifiaient pas un rejet de sa demande.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative ;
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 28 mai 2025.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Savouré,
- et les conclusions de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement du 24 septembre 2024, le tribunal administratif de Lyon, après avoir joint les demandes de M. B, a annulé la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et celle par laquelle un agent de la préfecture a refusé de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Par les requêtes présentées sous le n° 24LY02834 et le n° 24LY02835, M. B interjette appel de ce jugement en tant qu'il rejette en son article 4, ses demandes présentées respectivement dans chacune de ces instances tendant à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de joindre ces requêtes pour qu'il y soit statué par un seul et même arrêt.
2. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne () la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
3. Il ressort du jugement attaqué qui est suffisamment motivé, que l'Etat avait, en première instance, la qualité de partie perdante. Par ailleurs, les décisions litigieuses ont été annulées sur le fondement de moyens soulevés par l'avocate de M. B. Si, au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le tribunal a pu sans méconnaitre les dispositions précitées refuser d'octroyer une somme au titre de l'instance n° 2206791, il y avait lieu en revanche de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'instance n° 2207016.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'article 4 du jugement attaqué, le tribunal a rejeté sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de l'instance n° 2207016 et à demander qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de l'Etat à ce titre. Il n'est en revanche pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le même article, il a rejeté ses conclusions tendant aux mêmes fins dans l'instance n° 2206791.
5. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés en appel.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête n° 24LY02835 de M. B est rejetée.
Article 2 : L'article 4 du jugement du tribunal administratif de Lyon du 24 septembre 2024 est annulé en ce qu'il a rejeté la demande présentée par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 2207016.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de la première instance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n° 24LY02834 est rejeté.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Arbarétaz, président de chambre,
- Mme Evrard, présidente-assesseure,
- M. Savouré, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2025.
Le rapporteur,
B. Savouré
Le président,
Ph. Arbarétaz
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2-24LY02835
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026