Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
1°) Sous le n° 2403486, Mme B... C... épouse D... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler les décisions de la préfète du Rhône du 2 avril 2024 l’obligeant à quitter le territoire français et fixant à trente jours le délai de départ volontaire.
Par un jugement n° 2403486 du 8 juillet 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
2°) Sous le n° 2403485, M. A... D... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler les décisions de la préfète du Rhône du 2 avril 2024 l’obligeant à quitter le territoire français et fixant à trente jours le délai de départ volontaire.
Par un jugement n° 2403485 du 8 juillet 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
I- Par une requête sommaire enregistrée le 21 novembre 2024 sous le n° 24LY03237, ensemble un mémoire ampliatif enregistré le 9 décembre 2024, Mme D..., représentée par Me Deme, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler le jugement n° 2403486 du 8 juillet 2024 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon ;
2°) d’annuler les décisions de la préfète du Rhône du 2 avril 2024 l’obligeant à quitter le territoire français et fixant à trente jours le délai de départ volontaire ;
3°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation et de lui remettre, sans délai, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 600 euros, sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
II- Par une requête sommaire enregistrée le 21 novembre 2024 sous le n° 24LY03240, ensemble un mémoire ampliatif enregistré le 9 décembre 2024, M. D..., représenté par Me Deme, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler le jugement n° 2403485 du 8 juillet 2024 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon ;
2°) d’annuler les décisions de la préfète du Rhône du 2 avril 2024 l’obligeant à quitter le territoire français et fixant à trente jours le délai de départ volontaire ;
3°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation et de lui remettre, sans délai, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 600 euros, sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme D... ont été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par deux décisions du 9 octobre 2024.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
– le code de justice administrative ;
Vu la décision du 1er septembre 2025 par laquelle le président de la cour a désigné M. Stillmunkes, président-assesseur, pour statuer dans le cadre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris son dernier alinéa ;
Considérant ce qui suit :
Les deux requêtes susvisées présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une même ordonnance.
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
D’une part, aux termes de l’article R. 776-9 du code de justice administrative, relatif au contentieux des obligations de quitter le territoire français et alors applicable, repris à l’article R. 922-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le délai d’appel est d’un mois. Il court à compter du jour où le jugement a été notifié à la partie intéressée. Cette notification mentionne la possibilité de faire appel et le délai dans lequel cette voie de recours peut être exercée ».
D’autre part, aux termes de l’article 44 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « I. - En matière civile, lorsqu’une demande d’aide juridictionnelle (…) est déposée ou adressée au bureau d’aide juridictionnelle (…) avant l’expiration du délai imparti pour le dépôt du pourvoi, de la demande de réexamen ou des mémoires, ce délai est interrompu. Un nouveau délai de recours court à compter de la notification de la décision du bureau d’aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, de la date à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / (…) / II. - Les délais de recours sont interrompus dans les conditions prévues au I lorsque l’aide juridictionnelle est sollicitée à l’occasion d’une instance devant (…) une cour administrative d’appel (…) ».
Il ressort des pièces du dossier de première instance que les jugements attaqués ont été notifiés à M. et Mme D... le 11 juillet 2024, par lettres recommandées avec avis de réception mentionnant notamment le délai d’appel d’un mois. Les requérants ont chacun présenté une demande d’aide juridictionnelle le 18 juillet 2024, interrompant ainsi le cours de ce délai. Par décisions du 9 octobre 2024, le bureau d’aide juridictionnelle leur a accordé l’aide juridictionnelle partielle et a désigné l’avocat chargé de les assister. Le délai d’appel d’un mois, interrompu par la demande d’aide juridictionnelle, a recommencé à courir le 18 octobre 2024, date de distribution aux intéressés des plis recommandés comportant les décisions du bureau d’aide juridictionnelle, comme en attestent les tampons apposés sur les avis de réception par les services postaux ainsi que les indications de suivi du courrier consultables en libre accès sur internet. Il s’ensuit que les requêtes d’appel, transmises par l’application Télérecours, qui n’ont été enregistrées que le jeudi 21 novembre 2024, sont tardives et doivent être rejetées comme manifestement irrecevables, en application du 4° précité de l’article R. 222‑1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme D... est rejetée.
Article 2 : La requête de M. D... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... épouse D..., à M. A... D... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 20 octobre 2025.
Le président assesseur de la 6ème chambre,
H. Stillmunkes
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,