mercredi 23 juillet 2025
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY03259 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | ARBOR TOURNOUD PIGNIER WOLF |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La SARL Help'Car a demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2014 et 2015, et des intérêts de retard correspondants.
Par un jugement n° 2200214 du 18 octobre 2024, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande et l'a condamnée au paiement d'une amende de 1 000 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 novembre 2024, 19 et 24 mars 2025, la SARL Help'Car, représentée par Me Tournoud, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la décharge de ces impositions, intérêts de retard et de l'amende ;
3°) de condamner l'Etat aux dépens, et de mettre à sa charge une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, faute pour l'administration de justifier qu'elle a reçu l'avis de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires ;
- l'administration fiscale ne lui a pas indiqué les bases d'imposition retenues par la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, ni celles qu'elle même retenait.
Par des mémoires, enregistrés les 17 et 20 mars 2025, et 1er avril 2025 (non communiqué), la ministre chargée des comptes publics conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 mars 2025, la clôture d'instruction, initialement fixée au 19 mars 2025, a été reportée au 3 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Porée, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Laval, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Help'Car, qui avait pour activité la vente de véhicules d'occasion aux particuliers et professionnels, a fait l'objet, en 2016 et 2017, d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 à l'issue de laquelle l'administration a notamment remis en cause des provisions pour litiges clients et pour dépréciation du stock de véhicules. En conséquence de ces rectifications opérées en application de la procédure contradictoire, la SARL Help'Car a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos les 31 décembre 2014 et 2015, assorties d'intérêts de retard. Par un jugement du 18 octobre 2024, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande de décharge de ces impositions et intérêts de retard et l'a condamnée au paiement d'une amende de 1 000 euros pour recours abusif. La SARL Help'Car relève appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté sa demande de décharge de ces impositions et pénalités.
2. Aux termes de l'article 1651 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " Il est institué, dans le ressort de chaque tribunal administratif, une commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. Elle est présidée par le président du tribunal administratif, par un membre de ce tribunal désigné par lui ou par un membre de la cour administrative d'appel désigné, à la demande du président du tribunal, par le président de la cour. Elle comprend en outre trois représentants des contribuables et deux représentants de l'administration ayant au moins le grade d'inspecteur divisionnaire () ". Aux termes de l'article R. 59-1 du livre des procédures fiscales : " () L'administration notifie l'avis de la commission () au contribuable et l'informe en même temps du chiffre qu'elle se propose de retenir comme base d'imposition () ". Aux termes de l'article R. 60-3 du même livre, dans sa rédaction alors applicable : " L'avis ou la décision de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () doit être motivé. Il est notifié au contribuable par l'administration des impôts. ".
3. En premier lieu, l'article R. 60-3 du livre des procédures fiscales, dont il résulte que l'administration ne peut mettre régulièrement en recouvrement une imposition sur laquelle un avis a été émis par la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires sans qu'au préalable, cet avis ait effectivement été notifié par ses soins au contribuable, est applicable dans tous les cas dans lesquels la loi a prévu la saisine de la commission.
4. Il résulte de l'instruction que la SARL Help'Car a reçu le 7 février 2018 un pli recommandé de l'administration fiscale dont l'accusé de réception portait la mention " 2230 ". Si elle allègue que ce pli ne contenait que le courrier modèle 2230-SD l'informant des suites données à l'avis émis le 10 janvier 2018 par la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires indiquant que l'administration retenait les bases ou droits conformément à l'avis de la commission, à l'exclusion de l'avis lui-même, il résulte de l'instruction que le courrier modèle 2230-SD indiquait que l'avis de la commission était joint à cet envoi. Dans ces conditions, la mention de ce courrier selon laquelle " la présente lettre comporte une feuille, y compris celle-ci ", ne pouvait créer aucun doute sur le fait que le pli recommandé devait contenir l'avis de la commission. Ainsi, le courrier notifié à la SARL Help'Car l'a mise en mesure d'effectuer, le cas échéant, des diligences en vue de se faire communiquer l'avis de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires si celui-ci faisait défaut. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant régulièrement notifié l'avis de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du 10 janvier 2018 à la SARL Help'Car le 7 février 2018, conformément aux exigences de l'article R. 60-3 du livre des procédures fiscales.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 59-1 du livre des procédures fiscales, lorsque, à la suite d'un redressement ayant donné lieu au maintien d'un désaccord entre l'administration et le contribuable, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a été saisie, l'administration notifie l'avis de la commission au contribuable et l'informe en même temps du chiffre qu'elle se propose de retenir comme base d'imposition.
6. Dans l'avis du 10 janvier 2018, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a estimé, en premier lieu, qu'il y avait lieu de valoriser les provisions pour risques et charges relatives à quatre litiges sur la base de la marge lors de la revente du véhicule en ajoutant 3 % par an à la valeur d'achat du véhicule, en deuxième lieu, qu'il y avait lieu de confirmer la position de l'administration relative à la provision admise en déduction au titre du litige avec le client Promeneur pour un total de 4 500 euros, et en troisième lieu enfin, que la marge négative annuelle était égale à 3,01 % de la valeur des véhicules stockés au titre de la provision pour dépréciation du stock de véhicules en excluant les frais de remise en état des véhicules déduits en tant que charges lorsqu'ils étaient engagés par la société requérante. Si, dans le courrier modèle 2230-SD notifié à la SARL Help'Car le 7 février 2018, l'administration a indiqué les bases d'imposition soumises à la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, sans indiquer les nouvelles bases d'imposition retenues après avis de la commission, elle a toutefois indiqué qu'elle suivrait l'avis de la commission et qu'elle manquait, à ce stade, d'éléments pour la détermination des nouvelles bases. Il est constant qu'elle a adressé à la SARL Help'Car un courrier modèle 751 du 6 février 2018, auquel fait référence le courrier modèle 2230-SD, indiquant à la société qu'afin de pouvoir suivre l'avis du 10 janvier 2018, il lui était demandé de communiquer, pour chaque véhicule concerné par les litiges clients Poncon, Saint-Cyr et Viallard, les caractéristiques et immatriculations, les dates d'achat et de revente, les prix d'acquisition et de vente, la marge dégagée par ces ventes et la détermination de la dépréciation de 3 % applicable entre les dates d'acquisition et de clôture de l'exercice de dotation de la provision. La SARL Help'Car ne conteste pas qu'elle n'a pas donné suite au courrier modèle 751, ni qu'elle a été rendue destinataire de courriers de l'administration des 29 mars et 16 avril 2018, lui indiquant qu'en l'absence de réponse de sa part, l'administration n'était pas en mesure de suivre l'avis de la commission, que les bases d'imposition étaient celles notifiées préalablement à la saisine de ladite commission et donnant les conséquences financières définitives. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 59-1 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la SARL Help'Car n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et celles en tout état de cause relatives aux dépens, doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la SARL Help'Car est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Help'Car et à la ministre chargée des comptes publics.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pruvost, président de chambre,
M. Haïli, président-assesseur,
M. Porée, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 juillet 2025.
Le rapporteur,
A. Porée
Le président,
D. Pruvost
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre chargée des comptes publics, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026