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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA01100

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA01100

mercredi 19 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA01100
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBOUDJELLAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B C épouse D a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 26 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.

Par un jugement n°2105569 du 4 février 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2022, Mme B C épouse D, représentée par Me Boudjellal, demande à la Cour :

2°) d'annuler ce jugement ;

3°) d'annuler cet arrêté ;

4°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la régularité du jugement :

-les premiers juges ont commis une erreur de fait et n'ont pas répondu au moyen tiré de l'intérêt supérieur de l'enfant ;

Sur le bien-fondé :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- il est illégal en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il viole les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme B C épouse D, ressortissante tunisienne née le 10 novembre 1986, est entrée en France le 5 mars 2015, selon ses déclarations. Elle a sollicité son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 26 avril 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Mme C relève appel du jugement du 4 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Si Mme B C épouse D soutient que les premiers juges ont commis une erreur de fait dans l'analyse de sa situation personnelle et familiale, cette critique, qui porte sur le bien-fondé de l'appréciation portée par les premiers juges, demeure sans incidence sur la régularité du jugement attaqué. En tout état de cause, il ressort des termes du jugement de première instance que le tribunal ne s'est pas mépris sur le fondement de la demande de titre de séjour. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu en appel, les premiers juges ont répondu, au point 7 de leur jugement, au moyen tiré de l'intérêt supérieur de l'enfant.

Sur le bien-fondé du jugement :

4. Mme C épouse D reprend en appel ses moyens de première instance tirés de l'insuffisance de motivation, de l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet, de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation. Elle ne développe toutefois au soutien de ces moyens aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme C épouse D est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles portant sur les frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de Mme C épouse D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse D.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 19 avril 2023.

La présidente de la 4ème chambre,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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