LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA02223

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA02223

mardi 24 décembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA02223
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantERNST & YOUNG, SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société anonyme (SA) Bpifrance a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer la restitution de la contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés qu'elle a acquittée au titre de l'année 2017, en sa qualité de société mère du groupe BPI, pour un montant de 24 460 874 euros.

Par un jugement n° 2007722 du 17 mars 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société Bpifrance.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 mai 2022, 9 novembre 2022 et 29 mars 2023, la SA Bpifrance, représentée par Me Guerineau, avocat, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2007722 du tribunal administratif de Montreuil en date du 17 mars 2022 ;

2°) de prononcer la restitution de la contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés qu'elle a acquittée au titre de l'année 2017, en sa qualité de société mère du groupe BPI, pour un montant de 24 460 874 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le chiffre d'affaires du groupe intégré auquel elle appartient, au sens et pour l'application des dispositions de l'article 1er de la loi du 1er décembre 2017 de finances rectificative pour 2017, est inférieur au seuil d'assujettissement à la contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés prévue par ces dispositions dès lors que les produits financiers et les produits exceptionnels, dont les plus-values de cession des immobilisations financières, en sont exclus par le plan comptable général.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 septembre 2022, 2 décembre 2022, 20 avril 2023 et 4 octobre 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la SA Bpifrance ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- la loi n° 2017-1640 du 1er décembre 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemaire,

- les conclusions de M. Sibilli, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Bpifrance, dont le capital est détenu par la caisse des dépôts et consignations et, indirectement, par l'Etat, est la société mère du groupe fiscalement intégré Bpifrance, composé notamment de la société Bpifrance Participations, dont elle détient la totalité du capital. Au titre de l'exercice clos en 2017, la SA Bpifrance a acquitté, en sa qualité de société mère de ce groupe, la contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés prévue par les dispositions de l'article 1er de la loi susvisée du 1er décembre 2017 de finances rectificative pour 2017, pour un montant de 24 460 874 euros. Elle relève régulièrement appel du jugement en date du 17 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à la restitution de cette somme.

2. Aux termes de l'article 1er de la loi susvisée du 1er décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 : " I. - Les redevables de l'impôt sur les sociétés prévu à l'article 205 du code général des impôts qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros sont assujettis à une contribution exceptionnelle égale à une fraction de cet impôt calculé sur leurs résultats imposables (). / () / III. - 1. Pour les redevables qui sont placés sous le régime prévu aux articles 223 A ou 223 A bis du code général des impôts, la contribution exceptionnelle et, le cas échéant, la contribution additionnelle sont dues par la société mère. () / 2. Le chiffre d'affaires mentionné aux I et II s'entend du chiffre d'affaires réalisé par le redevable au cours de l'exercice ou de la période d'imposition, ramené à douze mois le cas échéant, et, pour la société mère d'un groupe mentionné aux articles 223 A ou 223 A bis du code général des impôts, de la somme des chiffres d'affaires de chacune des sociétés membres de ce groupe. / () ".

3. Pour l'application de ces dispositions, le chiffre d'affaires s'entend du montant des recettes tirées de l'ensemble des opérations réalisées par le redevable dans le cadre de son activité professionnelle normale et courante, y compris, le cas échéant, eu égard à son modèle économique, les produits financiers et les plus-values de cession d'immobilisations financières.

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier de son rapport de gestion de l'année 2017, que la société Bpifrance Participations a pour activité l'acquisition et la cession de participations. Si elle finance le développement et la croissance de petites et moyennes entreprises et d'entreprises technologiques et industrielles et intervient pour créer un effet d'entraînement de l'investissement privé, elle réalise ses investissements " de façon sélective ", " en fonction du potentiel de création de valeur " des entreprises financées et elle opère " aux conditions de marché ", " selon les mêmes dispositions financières et juridiques que les

co-investisseurs ". Il résulte en outre du rapport de gestion qu'" elle accompagne sur le long terme les entreprises dans lesquelles elle investit, ce qui n'exclut pas une rotation du portefeuille d'actifs en synergie avec les co-investisseurs privés, dans un souci de bonne gestion des risques, de libération de marges de manœuvre pour financer de nouveaux investissements et de valorisation de son patrimoine ". Au titre de l'exercice clos en 2017, alors qu'elle détenait au moins 10 % du capital de soixante-deux sociétés, elle a ainsi cédé des participations et réalisé en conséquence des plus-values de cession d'immobilisations financières d'un montant total de 525 076 814 euros, ses produits exceptionnels sur opérations en capital s'étant élevés à 1 982 072 891 euros, soit 83,97 % du total de ses produits. A cet égard, il est constant qu'entre les exercices 2013 et 2017, ses produits exceptionnels sur opérations en capital s'élevaient à plus d'un milliard par exercice et représentaient plus de 65 % du total des produits. Les cessions de participations, qui permettent à la société Bpifrance Participations d'en acquérir de nouvelles, conformément à sa stratégie d'investissement, présentent ainsi un caractère habituel et correspondent à une part substantielle de ses produits. Dans ces conditions, elles doivent être regardées comme l'une des modalités courantes et normales de poursuite du profit, caractérisant son modèle économique. Les plus-values de cession d'immobilisations financières en résultant doivent dès lors être prises en compte pour la détermination du chiffre d'affaires du groupe fiscalement intégré dont elle est membre, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 1er de la loi susvisée du 1er décembre 2017 de finances rectificative pour 2017.

5. En second lieu, il résulte de l'instruction que la SA Bpifrance exerce une activité financière de détention de participations et a perçu, au titre de l'exercice clos en 2017, 376 293 779 euros de produits financiers et 435 128 euros de produits d'exploitation. Au titre du même exercice, la société Bpifrance Participations, qui exerce également une activité de détention de participations, ainsi qu'il a été dit au point 4, a perçu 373 556 216 euros de produits financiers et 67 815 euros de produits d'exploitation. La perception de produits financiers par les sociétés Bpifrance et Bpifrance Participations, qui résulte de la détention des participations, constitue l'une des modalités courantes et normales de poursuite du profit, caractérisant le modèle économique de ces sociétés. Les produits financiers qu'elles ont perçus au cours de l'exercice clos en 2017 doivent dès lors être pris en compte pour la détermination du chiffre d'affaires du groupe dont elles sont membres, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 1er de la loi susvisée du 1er décembre 2017 de finances rectificative pour 2017.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu'eu égard au montant des produits financiers perçus et des plus-values de cession d'immobilisations financières réalisées par les sociétés Bpifrance et Bpifrance Participations, la somme des chiffres d'affaires des sociétés membres du groupe fiscalement intégré Bpifrance de l'exercice clos en 2017 excède un milliard d'euros. La SA Bpifrance n'est ainsi pas fondée à soutenir qu'elle n'était pas assujettie à la contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés prévue par l'article 1er de la loi susvisée du 1er décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 et, par suite, que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à la restitution de la somme dont elle s'était acquittée à ce titre. Ses conclusions à fins d'annulation et de restitution doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SA Bpifrance est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société anonyme Bpifrance et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Copie en sera adressée pour information à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises.

Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Carrère, président,

- M. Lemaire, président assesseur,

- Mme Lorin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour le 24 décembre 2024.

Le rapporteur,

O. LEMAIRE

Le président,

S. CARRERE

La greffière,

E. LUCE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 22PA02223

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions