vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA02459 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SEMAK |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d'annuler les décisions du 14 décembre 2021 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2117302 du 15 février 2022, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête le 27 mai 2022, M. C, représenté par Me Amélie Semak, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 15 février 2022 du Tribunal administratif de Montreuil ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
3°) d'ordonner l'effacement de ses informations sur le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est irrégulier dès lors qu'il est insuffisamment motivé et que le principe du contradictoire a été méconnu ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision de refus de délai de départ volontaire est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a visé l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet a visé l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 14 juin 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une décision du 27 avril 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Paris a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée le 21 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant gambien né le 1er janvier 1983 à Demba Kunda relève appel du jugement du 15 février 2022 par lequel le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du préfet des Hauts-de-Seine du 14 décembre 2021 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la régularité du jugement :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Il ressort des termes du jugement dont il est fait appel que le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Montreuil a répondu, aux points 5. et 6. du jugement, aux moyens invoqués par le requérant, tirés de ce que le refus de délai de départ volontaire aurait méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que l'illégalité du refus de délai de départ volontaire aurait entaché d'illégalité la décision d'interdiction de retour sur le territoire français. La circonstance que le rappel des faits exposés au point 1. de ce jugement fasse mention, de manière erronée, d'une demande de réexamen de sa demande d'asile, est à cet égard sans incidence sur la régularité de sa motivation.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. () ". M. C ne pouvait ignorer le jugement du Tribunal administratif de Montreuil n°1703786 du 7 juin 2017 rejetant sa demande d'annulation de l'obligation de quitter le territoire en date du 6 avril 2017 prononcée à son encontre par le préfet de la Seine-Saint-Denis, dont il n'allègue au demeurant pas qu'il ne lui aurait pas été régulièrement notifié. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que l'absence de communication de ce jugement du 7 juin 2017 auquel le jugement attaqué fait référence méconnaîtrait le principe du contradictoire de l'instruction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, la décision contestée vise notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de M. C et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle expose les motifs pour lesquels M. C est obligé de quitter le territoire français. Elle mentionne également qu'eu égard aux circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que M. C est marié religieusement, a deux enfants à charge et que sa famille réside dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans. Cette décision, qui comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est donc suffisamment motivé. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. C déclare être entré en France en 2014, qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans dans son pays d'origine, que son épouse avec laquelle il est marié religieusement et ses deux enfants résident en Gambie et qu'il ne justifie pas de l'intégration professionnelle qu'il allègue. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels l'arrêté attaqué a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai pour quitter le territoire :
7. En premier lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, l'illégalité de cette décision invoquée par voie d'exception à l'appui des conclusions dirigées contre le refus de délai de départ volontaire doit être écartée.
8. En second lieu, la seule circonstance que le préfet ait mentionné, dans les visas généraux de l'arrêté attaqué, l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne caractérise pas une erreur de droit dont serait entachée la décision litigieuse qui est expressément fondée sur l'article L. 612-3 5° de ce même code en raison du risque que M. C se soustrait, une nouvelle fois, à son obligation de quitter le territoire.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire :
9. En premier lieu, pour le même motif que celui exposé au point 7., le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
10. En second lieu, le visa de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la décision attaquée n'est pas de nature à entacher d'erreur de droit la décision interdisant à M. C le retour sur le territoire français, qui a été expressément prise sur le fondement de l'article L. 612-6 de ce même code, au motif qu'aucun délai de départ volontaire ne lui avait été accordé et que l'intéressé ne justifiait d'aucunes circonstances humanitaires s'opposant à l'édiction d'une telle interdiction de retour.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du préfet des Hauts-de-Seine en date du 14 décembre 2021 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Brotons, président de chambre,
- Mme Topin, président assesseur,
- M. Magnard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
E. BLe président,
I. BROTONS
Le greffier,
C. MONGIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026