mardi 6 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA02941 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | YOUNESS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C A veuve B a demandé au tribunal administratif de Paris, d'une part, d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2022 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'expiration de ce délai, d'autre part, d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre infiniment subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2206009/6-1 du 27 mai 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022, Mme A veuve B, représentée par le cabinet d'avocats Youness et associé, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Paris a désigné M. d'Haëm, président assesseur à la 4ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats " ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A veuve B, ressortissante camerounaise née le 7 décembre 1958, qui s'est vue délivrer un titre de séjour pour raison de santé à compter du mois de juillet 2013, régulièrement renouvelé depuis lors, a demandé, le 6 août 2021, le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 20 janvier 2022, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'expiration de ce délai. Mme A veuve B fait appel du jugement du 27 mai 2022 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, la décision en litige, qui mentionne l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reproduit l'avis rendu le 12 octobre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), lequel a estimé notamment que Mme A veuve B peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié au Cameroun, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans ce pays. Elle fait également état de ce qu'" après un examen approfondi de sa situation, il ressort que Mme A veuve B ne remplit plus les conditions prévues par cet article L. 425-9 ". Par ailleurs, au titre d'une admission exceptionnelle au séjour, cette décision indique que si l'intéressée déclare être entrée en France en 2011, elle ne justifie toutefois pas d'une ancienneté de résidence en France depuis plus de dix ans et que, de ce fait, la commission du titre de séjour n'a pas à être saisie pour avis. Enfin, elle mentionne que Mme A veuve B, qui est veuve et sans charge de famille en France, n'atteste pas être démunie d'attaches familiales à l'étranger où résident trois de ses cinq ans enfants majeurs, et que la présence en France de ses deux autres enfants ne lui confère aucun droit au séjour au regard de la législation en vigueur, de sorte qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, cette décision, qui comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent, est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'une erreur de fait, n'est pas assortie des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième lieu, si Mme A veuve B, qui fait état de différentes pathologies dont elle souffre, notamment une hépatite B et une dépression, ne conteste pas sérieusement en appel, comme en première instance ainsi que l'a relevé le tribunal administratif, le motif retenu par le préfet pour lui refuser le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade, à savoir qu'elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié au Cameroun. En particulier, le certificat médical établi le 13 avril 2022 par un praticien hospitalier, s'il mentionne les différentes pathologies de l'intéressée ainsi que les traitements médicamenteux actuels dont elle bénéficie et s'il indique que l'intéressée " ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement et d'un suivi approprié, vu l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, le Cameroun ", ne comporte, en revanche, aucune précision sur ce point, ni, de surcroît, sur la nature, l'étiologie, la gravité et l'évolution de ses différentes pathologies ou le ou les traitements qui seraient indisponibles au Cameroun. Par ailleurs, si Mme A veuve B fait état de l'environnement familial et du suivi médical dont elle bénéficie en France, à raison notamment de la présence de deux de ses enfants, de nationalité française, avec lesquels, au demeurant, elle ne vit pas, et allègue en appel que ses trois autres enfants qui résident au Cameroun, n'auraient pas la capacité financière pour lui venir en aide, alors qu'elle a fait valoir, en première instance, que ceux-ci résidaient au Canada, elle n'établit, ni n'allègue sérieusement qu'elle serait dépourvue de toute attache au Cameroun, ni qu'elle y serait privée de tout accompagnement ou aide pour les traitements et le suivi médical dont elle a besoin. Dans ces conditions et en l'absence de tout autre élément précis et objectif de nature à démontrer l'existence de circonstances faisant obstacle à ce que Mme A veuve B bénéficie effectivement d'une prise en charge médicale appropriée à ses pathologies au Cameroun, le préfet de police, en se fondant sur l'avis émis le 12 octobre 2021 par le collège de médecins de l'OFII et en refusant de renouveler son titre de séjour pour raison de santé, n'a commis aucune erreur d'appréciation de la situation de l'intéressée au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Enfin, Mme A veuve B, qui se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2011 ainsi que de son état de santé, fait valoir également que ses deux fils, de nationalité française, lui fournissent une aide financière et morale, notamment pour le paiement de son loyer et pour subvenir à ses besoins. Elle fait valoir également qu'elle a noué en France des liens et a acquis une expérience professionnelle dans le domaine de la garde d'enfants. Toutefois, ainsi que l'a relevé le tribunal administratif, la requérante ne justifie pas de l'ancienneté alléguée de son séjour depuis 2011, mais depuis 2013. De plus, ainsi qu'il a été dit au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de la requérante justifierait son admission au séjour ou qu'elle ne pourrait pas effectivement bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée à ses pathologies dans son pays d'origine. En outre, elle ne justifie d'aucune insertion professionnelle stable et ancienne en France. Par ailleurs, Mme A veuve B n'établit ni n'allègue sérieusement qu'elle serait dépourvue de toute attache au Cameroun, ni qu'elle serait dans l'incapacité de s'y réinsérer ou qu'elle y serait privée de tout accompagnement ou aide pour le suivi dont elle a besoin. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle de l'intéressée, à le supposer soulevé, doit être également écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A veuve B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A veuve B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A veuve B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 4 septembre 2022.
Le président assesseur de la 4ème chambre,
R. d'Haëm
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026