lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA03313 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C B a demandé au tribunal administratif de Montreuil, d'une part, d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, d'autre part, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, enfin, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2110953 du 21 juin 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 19 juillet 2022 et le 7 septembre 2022, M. B, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente, en l'absence de justification d'une délégation de signature à cet effet, régulièrement publiée ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifestation d'appréciation de sa situation personnelle ;
- dès lors que sa soustraction à une précédente mesure d'éloignement n'est pas établie, la décision portant interdiction de retour est entachée d'une erreur de droit ;
- en prenant cette décision, le préfet n'a pas tenu compte des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Paris a désigné M. d'Haëm, président assesseur à la 4ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats " ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant égyptien, né le 22 décembre 1980 et, selon ses déclarations, entré en France, en dernier lieu, en juillet 2014, a sollicité, le 2 décembre 2020, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 30 juin 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. B fait appel du jugement du 21 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, M. B reprend en appel, sans apporter d'arguments supplémentaires et pertinents par rapport à ceux qu'il a fait valoir devant le tribunal administratif, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif au point 2 du jugement attaqué.
4. En deuxième lieu et contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté attaqué portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent ces décisions, et est, par suite, suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, en se bornant à relever, dans l'arrêté attaqué, que M. B, engagé par la société " Baqi Bat " à compter du 1er avril 2019, avait produit 20 fiches de paie à l'appui de sa demande de titre de séjour présentée le 2 décembre 2020, soit les bulletins de salaire pour les mois d'avril 2019 à novembre 2020, et en estimant, au vu notamment de ces éléments, qu'il ne justifiait pas, à la date de l'arrêté contesté, " d'une insertion professionnelle d'une intensité et d'une qualité telles qu'il puisse prétendre à une admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié ", le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a entaché cet arrêté d'aucune erreur de fait.
6. En quatrième lieu, M. B se prévaut de la durée de son séjour en France depuis le mois de juillet 2014 ainsi que de son insertion professionnelle et fait valoir qu'il travaille auprès de la société " Baqi Bat ", en qualité de peintre, depuis le 1er avril 2019 et qu'il a désormais fixé le centre de ses intérêts dans ce pays, en ayant notamment noué des relations amicales et professionnelles. Toutefois, le requérant ne peut se prévaloir, à la date de la décision attaquée, soit le 30 juin 2021, que d'un séjour en France d'une durée d'un peu moins de sept ans, de surcroît dans des conditions irrégulières, qui ne saurait constituer, à lui seul, un motif d'admission exceptionnelle au séjour. En outre, s'il fait état d'une activité salariée, relativement récente, en qualité de peintre et du souhait de son employeur de l'embaucher de manière régulière, il ne justifie pas d'une qualification professionnelle particulière ou spécifique et ne saurait être regardé comme pouvant se prévaloir d'une insertion professionnelle stable et ancienne sur le territoire. Par ailleurs, l'intéressé n'apporte aucun élément précis sur les liens de toute nature, notamment d'ordre amical, qu'il aurait noués en France, ni sur ses conditions d'existence sur le territoire entre le mois de juillet 2014 et le mois de mars 2019. Par ailleurs, M. B, qui est célibataire et sans enfant, n'établit, ni n'allègue d'ailleurs, aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle à ce qu'il poursuive normalement sa vie privée et familiale à l'étranger et, en particulier, en Egypte où réside sa mère et où lui-même a vécu de nombreuses années. Enfin, l'intéressé n'établit, ni n'allègue davantage qu'il serait dans l'impossibilité de se réinsérer dans son pays d'origine. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ces trois mesures ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a commis aucune erreur manifeste dans son appréciation de la situation personnelle de l'intéressé.
7. En dernier lieu, aux termes de L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
8. D'une part, l'arrêté attaqué est fondé, notamment, sur la circonstance que M. B " s'est déjà soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement prononcée () le 29 février 2012, notifié le jour même, suite à son interpellation pour son maintien en situation irrégulière sur le territoire ". Si le requérant allègue qu'il ne s'est pas soustrait à l'exécution de cette mesure en étant reparti en Egypte, avant de revenir en France en juillet 2014, il ne fournit, à l'appui de cette assertion, aucune explication étayée, ni aucun commencement de preuve, ni ne démontre, d'ailleurs, qu'il serait revenu en France de manière régulière.
9. D'autre part, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué que le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'était pas tenu de préciser expressément que la présence de l'intéressé ne représentait pas une menace pour l'ordre public, a indiqué dans sa décision les éléments propres à la situation de M. B, notamment la durée de son séjour en France depuis le mois de juillet 2014, date déclarée de sa dernière entrée sur le territoire, la mesure d'éloignement dont il avait l'objet en 2012 et l'absence d'une insertion professionnelle et de liens personnels et familiaux anciens et stables dans ce pays ainsi que de toute circonstance faisant obstacle à son retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de l'article L. 612-10 précité doit être écarté.
10. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait commis une erreur d'appréciation en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans à l'encontre de M. B, qui a vécu de nombreuses années dans son pays d'origine, où réside sa mère, qui a séjourné irrégulièrement en France et qui ne justifie pas d'une intégration professionnelle, ni d'attaches privées ou familiales anciennes et stables dans ce pays.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 28 novembre 2022.
Le président assesseur de la 4ème chambre,
R. d'Haëm
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026