mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA03447 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 A lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français pendant une durée de trente jours et a fixé le pays de destination.
A un jugement no 2206955/6-2 du 21 juin 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
A une requête enregistrée le 25 juillet 2022, M. C, représenté A Me Morel, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement no 2206955/6-2 du 21 juin 2022 du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 du préfet de police ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros A jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours suivant cette notification et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier dès lors qu'il a ajouté des motifs supplémentaires à ceux retenus A l'administration ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen sérieux et complet de son dossier ;
- elle méconnaissent les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent, en outre, A ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C, ressortissant tunisien né en août 1985, est entré en France en mars 2018 selon ses déclarations. Le 16 août 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. A un arrêté du 21 février 2022, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français pendant une durée de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C fait appel du jugement du 21 juin 2022 A lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. M. C soutient que le jugement est irrégulier dès lors que les premiers juges auraient ajouté des motifs supplémentaires à ceux de la décision préfectorale sans avoir été saisis A le préfet d'une demande de substitution de motifs et sans en avoir informé préalablement les parties. Toutefois, en relevant notamment le caractère récent du séjour et de l'emploi de M. C ainsi que des manquements à certaines de ses obligations, les premiers juges ont vérifié, saisis d'un moyen en ce sens, que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé en refusant son admission exceptionnelle au séjour, sans ajouter de nouveaux motifs à la décision du préfet. A ailleurs, si le requérant soutient que le jugement est entaché d'une erreur de fait s'agissant du respect de ses obligations fiscales, de la reconnaissance de son permis de conduire et de son insertion professionnelle ainsi que d'une erreur de droit, ces moyens qui se rattachent également au bien-fondé de la décision juridictionnelle sont sans incidence sur la régularité du jugement.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
4. En premier lieu, M. C reprend en appel, sans apporter d'éléments nouveaux permettant à la Cour de remettre en cause l'appréciation du tribunal administratif, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de sa situation personnelle. Il y a lieu d'écarter ces moyens A adoption des motifs retenus à bon droit A les premiers juges au point 4 de leur jugement.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". En outre, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. M. C se prévaut de ses qualifications et de son engagement professionnel pour l'emploi de chauffeur livreur qu'il occupe depuis mai 2019 en contrat à durée indéterminée et qui connaîtrait des difficultés de recrutement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'expérience professionnelle de l'intéressé se limitait à moins de trois ans à la date de la décision contestée et qu'il ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit A le préfet et le tribunal, d'un permis de conduire lui permettant de circuler sur le territoire français. Il ressort A ailleurs des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire, sans enfant et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de trente-trois ans. Ainsi, compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, le requérant n'établit pas l'existence de considérations humanitaires ou d'un motif exceptionnel justifiant son admission au séjour, que ce soit au titre du travail, dans le cadre de l'exercice A le préfet de son pouvoir discrétionnaire de régularisation dès lors que les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour ne sont pas applicables en ce domaine au ressortissants tunisiens, ainsi que l'a jugé le tribunal, lequel a procédé à une substitution de base légale, ou au titre de la vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, le préfet de police n'a pas non plus porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté a été pris. A suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et des stipulations précitées ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. C est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante, prenne en charge, sur le fondement de l'article 761-1 du code de justice administrative, les frais de procédure exposés.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 28 septembre 2022.
Le président de la 1ère chambre,
J. LAPOUZADE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026