vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA03682 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ARCANE JURIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge de la cotisation primitive à l'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2014.
Par une ordonnance du 1er juillet 2019 du président de la 7ème chambre du tribunal administratif de Grenoble, la demande de M. et Mme B a été transmise au tribunal administratif de Montreuil.
Par un jugement n° 1907191 du 14 juin 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 5 août 2022, M. et Mme B, représentés par la SAS Arcane Juris, en la personne de Me Mourot, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1907191 du 14 juin 2022 du tribunal administratif de Montreuil ;
2°) de prononcer la décharge des impositions contestées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'ils ont inclus, par erreur, dans la case 1AJ de leur déclaration, les revenus perçus dans le cadre de la prospection commerciale effectuée à l'étranger, alors que ces revenus bénéficient d'un dispositif d'exonération en application des dispositions de l'article 81 A du code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. et Mme B n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vrignon-Villalba,
- les conclusions de Mme Lescaut, rapporteure publique,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B, qui ont transféré leur domicile fiscal à Singapour à compter du 31 août 2014, ont déclaré, le 7 juin 2015, au titre de l'année 2014, des salaires d'un montant total de 536 379 euros, des revenus exonérés retenus pour le calcul du taux effectif d'un montant de 224 223 euros, ainsi que des revenus étrangers imposables en France ouvrant droit à un crédit d'impôt, d'un montant de 233 375 euros. L'imposition correspondante a été mise en recouvrement le 31 juillet 2015, pour un montant total de 100 293 euros. Le 14 septembre 2015, M. et Mme B ont effectué une déclaration corrective portant rectification du montant des salaires imposables en France, soit 78 781 euros au lieu de 536 379 euros. Leur demande de réduction de l'imposition litigieuse a fait l'objet d'une décision de rejet le 19 mars 2019, notifiée le 22 mars 2019. M. et Mme B relèvent appel du jugement du 14 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté leur demande tendant à la réduction des impositions mises à leur charge au titre de l'année 2014, à concurrence de 99 839 euros.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 81 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au présent litige : " I. - Les personnes domiciliées en France au sens de l'article 4 B qui exercent une activité salariée et sont envoyées par un employeur dans un Etat autre que la France et que celui du lieu d'établissement de cet employeur peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu à raison des salaires perçus en rémunération de l'activité exercée dans l'Etat où elles sont envoyées. / L'employeur doit être établi en France ou dans un autre Etat membre de l'Union européenne, ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. / L'exonération d'impôt sur le revenu mentionnée au premier alinéa est accordée si les personnes justifient remplir l'une des conditions suivantes : () 2° Avoir exercé l'activité salariée dans les conditions mentionnées aux premier et deuxième alinéas : () - soit pendant une durée supérieure à cent vingt jours au cours d'une période de douze mois consécutifs lorsqu'elle se rapporte à des activités de prospection commerciale. / Les dispositions du 2° ne s'appliquent ni aux travailleurs frontaliers ni aux agents de la fonction publique. () ".
3. Pour l'application des dispositions de l'article 81 A du code général des impôts, la durée totale d'activité à l'étranger comprend notamment les congés payés et les congés de récupération auxquels donne droit la réalisation de la mission confiée au salarié par son employeur, quel que soit le lieu dans lequel ces congés sont effectivement pris.
4. Il résulte des mentions de l'attestation de la société F5 Network datée du 14 août 2014, selon laquelle M. B a exercé une activité de prospection commerciale à l'étranger sur une durée de 108 jours entre le 12 janvier et le 31 août 2014, et des stipulations de son contrat de travail, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que M. B, qui était vice-président régional des ventes de cette société au cours de l'année en litige, a exercé des missions de prospection commerciale à l'étranger au sens du 2° du I de l'article 81 A du code général des impôts.
5. M. et Mme B soutiennent que la durée des activités de M. B à l'étranger en 2014 était supérieure à 120 jours. Ils font valoir qu'aux 108 jours de travail effectifs repris dans l'attestation précitée du 14 août 2014, dont l'administration ne conteste pas qu'ils ont bien été consacrées aux activités de prospection commerciale de M. B en-dehors de la France, il convient d'ajouter les 15 jours de congés acquis durant la période correspondante. Toutefois, seuls les jours de congés acquis pendant le séjour à l'étranger et les jours de récupération auxquels, le cas échéant, donne droit la réalisation des missions, peuvent être pris en compte pour le calcul de la durée totale d'activité à l'étranger. Or, d'une part, les 15 jours de congés dont les appelants soutiennent qu'ils ont été acquis par M. B sur la période allant du 12 janvier au 27 août 2014, dont ils indiquent qu'elle comporte 195 jours ouvrables, l'ont été en partie seulement au titre des jours passés à l'étranger par l'intéressé dans le cadre de ses missions de prospection. Les droits au congés acquis par ailleurs au titre du travail effectué par M. B en France, à son domicile, ne peuvent pas être pris en compte, alors même qu'ainsi qu'il le fait valoir, l'intéressé se serait consacré en France essentiellement à la préparation de ses missions de prospections à l'étranger. La seule attestation établie le 14 août 2014, au demeurant non signée, qui n'indique pas les jours de congés acquis au titre des jours passés à l'étranger, ne permet pas d'établir les jours de congés pouvant être pris en compte ni, en conséquence, qu'en incluant ces jours de congés dans le calcul de la durée totale d'activité à l'étranger, le seuil précité de 120 jours était atteint. D'autre part, M. et Mme B n'établissent pas ni même n'allèguent que les missions à l'étranger ont ouvert droit à M. B à des congés de récupération qui viendraient s'ajouter aux jours de congés y afférents. Ainsi, ils ne peuvent pas être regardés comme apportant la preuve qui leur incombe, en application de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, dès lors qu'ils demandent la réduction d'une imposition établie conformément à leurs déclarations, de ce qu'ils entraient dans les prévisions de l'article 81 A du code général des impôts.
6. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir que la somme de 233 375 euros qu'ils ont déclarée comme " revenus étrangers imposables en France ouvrant droit à un crédit d'impôt ", correspond à des revenus d'actionnariat salarié qui ne peuvent pas figurer à la rubrique 1 AJ " revenus d'activité connus ", sans apporter plus de précisions ni justification à l'appui de leurs allégations, M. et Mme B n'apportent pas la preuve, qui leur incombe, du caractère exagéré de l'imposition litigieuse.
7. En dernier lieu, M. et Mme B ne peuvent pas utilement se prévaloir des énonciations du paragraphe 360 de la doctrine référencée BOI-RSA-GEO-10-20 du 29 janvier 2018, qui sont postérieures à la période en litige et qui, en tout état de cause, ne comportent pas une interprétation de la loi différente de celle dont il est fait application dans le présent arrêt.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté leur demande. Par suite, leurs conclusions aux fins d'annulation et de décharge, ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées sur le fondement des dispositions des l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Vinot, présidente de chambre,
- Mme Vrignon-Villalba, présidente assesseure,
- M. Dubois, premier conseiller.
Rendu public par mise à dispositions au greffe, le 10 novembre 2023.
La rapporteure,
C. VRIGNON-VILLALBALa présidente,
H. VINOT
La greffière,
A. MAIGNAN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026