vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA04279 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIRALIAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D B a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 28 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour de trente-six mois.
Par un jugement n° 2208796 du 12 septembre 2022, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 septembre 2022 et 10 octobre 2022, M. B, représenté par Me Rachel Piralian, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 12 septembre 2022 du Tribunal administratif de Montreuil ;
2°) d'annuler les décisions contestées devant ce tribunal ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'illégalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des circonstances humanitaires au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la Cour administrative d'appel de Paris a désigné Mme Topin, président assesseur à la 2ème chambre, à l'effet d'exercer les pouvoirs prévus aux 1° à 7° et au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Par un arrêté du 28 mai 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé M. B, ressortissant algérien né le 21 avril 1985, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour de trente-six mois. M. B relève appel du jugement du 12 septembre 2022 par lequel le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande dirigée contre ces décisions.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
3. En premier lieu, M. B reprend en appel les moyens invoqués en première instance tirés de ce que la décision d'obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente et est insuffisamment motivée. Par un jugement précisément motivé, le tribunal a écarté l'argumentation développée par M. B à l'appui de chacun de ces moyens. Il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par le premier juge, d'écarter les moyens ainsi renouvelés devant la Cour par le requérant, qui ne présente aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à l'argumentation qu'il avait développée devant le tribunal.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.
5. En dernier lieu, si M. B justifie être entré en France en 2007 sous couvert d'un visa de court séjour, il n'établit pas par les pièces produites la continuité de sa résidence en France depuis pour les années 2007 à 2011 et pour les années 2018 à 2021. Il est constant qu'il a été condamné le 10 février 2017 à un an et six mois d'emprisonnement avec sursis par la chambre des appels correctionnels de Paris pour des faits de vols aggravés par deux circonstances, vol en réunion et escroquerie commis entre le mois d'octobre 2015 et le mois d'août 2015, et le requérant ne conteste pas les mentions de l'arrêté contesté selon lesquelles il est également connu au fichier automatisé des empreintes digitales en particulier pour des faits de proxénétisme aggravé. S'il fait valoir l'ancienneté des faits pour lesquels il a été condamné, il ne justifie d'aucune insertion forte dans la société française en ne produisant, au titre de son activité professionnelle qu'il soutient exercer depuis 2018, que trois bulletins de salaires de mars à avril 2022 et une attestation de bénévolat datée du 26 mars 2020. Si ses parents et ses frères en France sont de nationalité française ou résident régulièrement sur le territoire français, il est célibataire, sans charges de famille et a résidé dans son pays d'origine au moins jusqu'à l'âge de 21 ans. Il ne démontre pas, par ailleurs, que son père aurait besoin d'une tierce-assistance qu'il serait seul en mesure de lui apporter. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard des buts qu'elle poursuit et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle doit être écarté.
Sur la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-0841 du 1er avril 2022, régulièrement publié au bulletin des informations administratives du département de la Seine-Saint-Denis du 1er avril 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. A C pour signer, notamment, les décisions fixant le délai de départ en cas d'absence ou d'empêchement du chef du bureau de l'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
7. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () " Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
9. Si M. B justifie être entré régulièrement sur le territoire français en 2006 et à supposer même qu'il ne représente plus une menace pour l'ordre public et qu'il bénéfice de garanties de représentation, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur la circonstance que l'intéressé s'est soustrait aux précédentes obligations de quitter le territoire français des 25 juillet 2018 et 20 octobre 2020. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste dont serait entachée la décision attaquée doivent être écartés.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire :
10. M. A C bénéficiait, par l'arrêté du 1er avril 2022 mentionné au point 6., d'une délégation de signature pour signer l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait.
11. Il y a lieu, par adoption du motif retenu à bon droit par le premier juge, d'écarter le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée.
12. Pour les motifs exposés au point 5., l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B ne peut qu'être regardée comme manifestement dépourvue de fondement. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation du jugement et de l'arrêté contestés doivent, en application de l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative, être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.
Copie en sera adressée au préfet de de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 6 janvier 2023.
Le président assesseur de la 2ème chambre
de la Cour administrative d'appel de Paris,
Emmanuelle TOPIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026