mardi 25 juillet 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA00620 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a informée de son inscription dans le système d'information Schengen.
Par un jugement n° 2216882 du 26 janvier 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2023, Mme B, représentée par Me Arrom, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a informée de son inscription dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendue ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi ;
- elle est entachée d'erreur de fait et méconnait les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une motivation insuffisante et d'un défaut d'examen approfondi quant à la situation dans le pays de renvoi ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Mme B n'a pas été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 20 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme B, ressortissante tunisienne, demande à la cour d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligée à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a informée de son inscription dans le système d'information Schengen.
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui fait état d'éléments de fait propres à la situation de Mme B, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de l'intéressée. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.
4. Les décisions attaquées énoncent les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et sont, par suite, suffisamment motivées.
5. Si la requérante soutient que l'arrêté contesté aurait été pris en méconnaissance de son droit d'être entendue, il ressort cependant des procès-verbaux produits qu'elle a été entendue avant l'édiction de la mesure d'éloignement litigieuse et qu'elle a pu, à cette occasion, faire état de sa situation personnelle. Le moyen doit par suite être écarté.
6. Il ressort des pièces du dossier que la requérante ne justifie pas d'une présence ancienne en France, ne faisant valoir y résider que depuis 2019. Si elle déclare que toute sa famille réside en France, elle n'en justifie pas. Si elle établit être mère d'un enfant né en France en 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existe un obstacle à la reconstitution de la cellule familiale dans son pays d'origine avec le père de son enfant, un compatriote avec lequel elle indique être mariée, également en situation irrégulière. En outre, la requérante ne justifie d'aucune intégration professionnelle particulière. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
7. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de la requérante.
8. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, est entrée irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas demandé son admission au séjour. Il ressort également des pièces du dossier et n'est pas contesté que Mme B s'est soustraite à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement en date du 21 juin 2020. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que la requérante, dont les documents qu'elle produit font état d'adresses ayant varié à plusieurs reprises depuis 2020, et alors qu'aucun bail n'est versé, justifierait d'une résidence effective et stable en France. Elle se trouve ainsi dans le cas où, en application des 1°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français sans délai. Si le préfet s'est également fondé sur la circonstance que la requérante présente une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier qu'il aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls motifs ci-dessus tirés du risque de soustraction de la requérante à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet.
9. La requérante se borne à faire valoir qu'elle ne constitue pas une menace à l'ordre public et à alléguer qu'elle présente de nombreuses garanties de représentation. Elle entre toutefois, ainsi qu'il a été dit, dans les prévisions de l'article L. 612-3, en ce qu'elle risque de se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet. Elle n'est ainsi pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points précédents, la décision fixant le pays de renvoi n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de la requérante.
11. Le préfet a refusé d'accorder à la requérante un délai de départ volontaire et elle se trouve donc dans le cas où, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. La requérante ne justifie pas d'une circonstance humanitaire faisant obstacle à ce qu'une telle mesure soit prise à son encontre. Il ressort des pièces du dossier que la requérante se déclare mariée à un ressortissant tunisien en situation irrégulière, qu'elle s'est soustraite à une précédente mesure d'éloignement en date du 21 juin 2020, et qu'elle ne justifie d'aucune intégration particulière en France. Dans ces conditions, alors même qu'elle fait valoir ne pas constituer une menace à l'ordre public, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 25 juillet 2023.
Le président,
T. CELERIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23PA00620
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026