LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA01612

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA01612

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA01612
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantCABINET BARETY AVOCATS;CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A et la mutuelle confédérale d'assurances des buralistes de France (MUDETAF) ont demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à verser à la MUDETAF la somme totale de 111 994,57 euros avec intérêts au taux légal à compter du 27 janvier 2020 et capitalisation des intérêts le 27 janvier 2021, en réparation des dommages occasionnés au bureau de tabac exploité par M. A sous l'enseigne " Flor de Cuba ", en marge de la manifestation des " gilets jaunes " du 1er décembre 2018.

Par un jugement n° 2019208 du 28 février 2023, le tribunal administratif de Paris a condamné l'Etat à verser à la MUDETAF la somme de 111 994,57 euros.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 18 avril 2023, le préfet de police demande à la Cour d'annuler le jugement du tribunal administratif de Paris et de rejeter la demande de M. A et de la MUDETAF.

Il soutient que les dommages subis par le commerce de M. A résultent de violences commises par un groupe constitué et organisé à seule fin de les commettre.

Par un mémoire enregistré le 10 juillet 2023, M. A et la MUDETAF, représentés par Me Barety, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros à verser à la MUDETAF sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête du préfet de police est irrecevable car insuffisamment motivée ;

- les dommages dont ils ont demandé l'indemnisation ont été commis en marge d'une manifestation de " gilets jaunes ", le 1er décembre 2018, dans le secteur des Champs-Elysées, et la responsabilité de l'Etat est dès lors engagée sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Saint-Macary,

- les conclusions de Mme Lipsos, rapporteure publique,

- et les observations de M. C, représentant du préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. M. A exploite un bureau de tabac sous l'enseigne commerciale " Flor de Cuba " situé 1 avenue Raymond Poincaré dans le 16ème arrondissement de Paris, qui a fait l'objet de dégradations et de vols le 1er décembre 2018. Lui et son assureur, la MUDETAF, subrogée dans ses droits à hauteur de 111 994,57 euros, ont demandé au tribunal de condamner l'Etat à indemniser à ce titre la MUDETAF. Le préfet de police relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Paris a condamné l'Etat à verser la somme de 111 994,57 euros à la MUDETAF.

2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens () ".

3. D'une part, il résulte de l'instruction que le 1er décembre 2018, entre 17h30 et 18h00, le rideau de fer et la vitrine protégeant le bureau de tabac exploité par M. A, situé au 1 avenue Raymond Poincaré, ont été dégradés, le mobilier détruit et les articles dévalisés, alors qu'avait lieu, le même jour, une manifestation de " gilets jaunes " dans le secteur des Champs-Elysées. Il ressort du procès-verbal d'ambiance du commandant du dispositif opérationnel prévu pour cette manifestation que celle-ci a donné lieu à la formation de très nombreux groupes dans plusieurs rues du secteur mais aussi dans des endroits plus éloignés comme la place de la Concorde, les Tuileries ou la place Victor Hugo, que les manifestants se sont montrés de plus en plus violents et qu'ils ont commis de nombreuses dégradations. Il ressort de ce même procès-verbal d'ambiance qu'à 17h43, de nouvelles barricades ont été montées à l'angle de l'avenue Kléber et de la rue Boissière, et qu'à 17h45, une banque a été attaquée à l'angle de l'avenue Kléber et de la rue Saint-Didier, ces incidents se succédant dans la direction du bureau de tabac de M. A. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la circonstance que le commerce de M. A est situé à une vingtaine de minutes à pied de la place de l'Etoile ne permet pas, dans les circonstances de l'espèce, d'établir que les dommages subis par le commerce " Flor de Cuba " auraient été le fait de groupes isolés constitués et organisés dans le seul but de commettre des délits. Il en va de même de la circonstance que des outils ont dû être utilisés pour détruire le rideau en fer du commerce de M. A et que des compétences en électronique étaient nécessaires pour dérober l'enregistreur vidéo, alors notamment qu'il ressort du procès-verbal d'ambiance que les manifestants s'étaient rendus sur un chantier plus tôt dans la journée. Dans ces conditions, et compte tenu de leur concomitance géographique et temporelle avec un rassemblement de " gilets jaunes ", ces dommages doivent être regardés comme ayant été causés dans le cadre de celui-ci ou dans son prolongement immédiat, et sont de nature à engager la responsabilité de l'Etat sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.

4. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que la somme de 111 994,57 euros fixée par l'expert de la MUDETAF pour évaluer le préjudice subi par M. A, qui inclut le coût des destructions et des vols ainsi que la perte d'exploitation subie en raison de la fermeture du commerce liée à ces dégradations jusqu'au 20 janvier 2019, et qui n'est d'ailleurs pas contestée par le préfet de police, serait erronée.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que le préfet de police n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal a condamné l'Etat à verser à la MUDETAF la somme de

111 994,57 euros.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la MUDETAF sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête du préfet de police est rejetée.

Article 2 : L'Etat versera à la MUDETAF une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur, à la MUDETAF et à

M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bruston, présidente,

M. Mantz, premier conseiller,

Mme Saint-Macary, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La rapporteure,

M. SAINT-MACARY

La présidente,

S. BRUSTON

La greffière,

A. GASPARYAN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245

03/08/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

← Retour aux décisions