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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA01800

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA01800

jeudi 29 juin 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA01800
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantNDIAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A B a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 25 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans.

Par un jugement n° 2110449 du 24 mars 2023, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 28 avril 2023, et des pièces, enregistrées le 16 juin 2023, M. A B, représenté par Me Ndiaye demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2110449 du 24 mars 2023 rendu par le tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder sans délai à l'effacement du signalement aux fins de non-admission au système d'information Schengen dont il fait l'objet ;

4°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le jugement n'est pas suffisamment motivé ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour un délai de deux ans méconnaît les dispositions de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A B, ressortissant égyptien, né le 18 août 1978 a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 25 juin 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans. M. A B interjette appel du jugement du 24 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

En ce qui concerne la régularité du jugement :

3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Il ressort des pièces du dossier que les premiers juges, qui ne sont pas tenus de répondre à tous les arguments avancés par les parties, ont répondu, avec une motivation suffisante et qui n'est pas stéréotypée, à l'ensemble des moyens soulevés par le requérant. Si M. A B critique la teneur de la réponse apportée à ce moyen, une telle contestation relève du bien-fondé du jugement et non de sa régularité.

En ce qui concerne le bienfondé du jugement :

4. En premier lieu, les juges de première instance ont relevé que l'arrêté attaqué visait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indiquait avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé. En se bornant à reprendre son argumentation de première instance sans apporter de nouveaux éléments pertinents, M. A B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus au point 3 du jugement

5. En deuxième lieu, M. A B soutient que la décision de refus de délivrance du titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour. En se bornant à alléguer qu'il séjourne sur le territoire national depuis plus de dix ans sans produire de pièces justificatives supplémentaires devant la Cour, le requérant ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges, lesquels ont considéré que les pièces produites pour justifier de sa présence depuis plus de dix ans en France sont insuffisamment nombreuses, variées et probantes. En particulier, les justificatifs sont insuffisants pour justifier sa résidence habituelle en France sur la période de juin 2016 à décembre 2017, pour lesquelles sont seulement produits un avis d'impôt sur le revenu de l'année 2017 établi le 6 décembre 2019 ainsi qu'une attestation d'abonnement à un service de transport en commun datée du 3 juillet 2019. Dans ces conditions, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus au point 5 du jugement.

6. En troisième lieu, les premiers juges ont relevé que le requérant, célibataire et sans charges de famille, ne justifie pas d'une insertion professionnelle suffisamment stable et ancienne. Par ailleurs, M. A B n'établit, ni même n'allègue, être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il y a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans. En reprenant son argumentation de première instance sans apporter de nouveaux éléments de droit ou de fait, le requérant ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges au point 7 de leur jugement. Par conséquent, ce moyen doit être écarté.

7. En quatrième lieu, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doit, en conséquence, être écarté.

8. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a déjà fait l'objet de deux précédentes obligations de quitter le territoire français en 2014 et 2018 qu'il n'a pas exécutées et qu'il ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit au point 6, de l'existence de liens stables et anciens sur le territoire. La seule circonstance qu'il ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, alors même que le préfet ne s'est pas fondé sur ce critère pour édicter la mesure litigieuse, reste sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 24 mars 2023 et de l'arrêté du 25 juin 2021 est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 29 juin 2023

Le président de la 9ème chambre,

S. CARRERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 0

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