LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA02747

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA02747

jeudi 13 février 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA02747
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge partielle, à hauteur de la somme de 58 300 euros, de la cotisation d'impôt sur le revenu qu'il a acquittée au titre de l'année 2017.

Par un jugement n° 2104292 du 11 mai 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 22 juin 2023 et le 6 mai 2024, M. A, représenté par Me Allais, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge partielle, à hauteur de la somme de 58 300 euros, de la cotisation d'impôt sur le revenu qu'il a acquittée au titre de l'année 2017 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'indemnité transactionnelle versée par son employeur a visé à l'indemniser du préjudice résultat d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse et qu'elle n'est donc pas imposable dès lors qu'elle entre dans le champ de l'exonération prévue au 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts.

Par un mémoire enregistré le 2 avril 2024, le ministre de ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête d'appel présentée par M. A est irrecevable, dès lors qu'elle se borne à reproduire intégralement et exclusivement le mémoire introductif de première instance ;

- l'indemnité transactionnelle versée en 2017 pour 346 651 euros a été exonérée à hauteur de 235 368 euros, par application du 3° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts, de sorte que le montant de l'indemnité transactionnelle non exonéré n'est que de 111 283 euros ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 janvier 2025 :

- le rapport de M. Dubois ;

- et les conclusions de Mme de Phily, rapporteure publique ;

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui occupait depuis le mois d'avril 2013 le poste de directeur de l'expansion pour la France au sein de la société Carrefour, a fait l'objet d'un licenciement par une lettre du 30 novembre 2017. Au terme d'un protocole transactionnel signé par les parties le 27 décembre 2017, son employeur s'est engagé à lui verser une somme de 446 651 euros dans le cadre de la rupture de son contrat de travail, dont la somme de 346 651 euros au jour de la signature du protocole et la somme de 100 000 euros entre le 15 et le 26 janvier 2018. Par une réclamation du 9 décembre 2020, M. A a contesté l'imposition de l'indemnité qui lui a été versée au cours de l'année 2017, au motif que son licenciement n'était pas fondé sur une cause réelle et sérieuse. Par une décision du 8 janvier 2021, l'administration fiscale a expressément rejeté cette réclamation. M. A relève appel du jugement n° 2104292 du 11 mai 2023 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande de décharge de cette imposition.

2. Aux termes du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts dans sa rédaction applicable au litige : " 1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. / Ne constituent pas une rémunération imposable : / 1° Les indemnités mentionnées aux articles L. 1235-1, L. 1235-2, L. 1235-3, L. 1235-3-1 et L. 1235-11 à L. 1235-13 du code du travail () ". L'article L. 1235-3 du code du travail dispose que : " Si le licenciement d'un salarié survient pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l'entreprise, avec maintien de ses avantages acquis. / Si l'une ou l'autre des parties refuse cette réintégration, le juge octroie au salarié une indemnité à la charge de l'employeur, dont le montant est compris entre les montants minimaux et maximaux fixés dans le tableau ci-dessous () ".

3. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des indemnités limitativement énumérées par ce texte, toute indemnité perçue à l'occasion de la rupture d'un contrat de travail revêt un caractère imposable.

4. D'autre part, pour déterminer si une indemnité versée en exécution d'une transaction conclue à l'occasion de la rupture d'un contrat de travail est imposable, il appartient à l'administration et, lorsqu'il est saisi, au juge de l'impôt de rechercher la qualification à donner aux sommes qui font l'objet de la transaction. Ces dernières ne sont susceptibles d'être regardées comme des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse mentionnées à l'article L. 1235-3 du code du travail que s'il résulte de l'instruction que la rupture des relations de travail est assimilable à un tel licenciement. Dans ce cas, les indemnités, accordées au titre d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, sont exonérées d'imposition. La détermination par le juge de la nature des indemnités se fait au vu de l'instruction.

5. Il résulte du courrier de convocation à l'entretien préalable qui a été adressé le 30 novembre 2017 à M. A par son employeur que lui étaient reprochés, dans le cadre d'un changement de gouvernance intervenu en juillet 2017 ayant donné lieu à de nouvelles orientations stratégiques que M. A était, " compte tenu de [ses] fonctions de Directeur Expansion pour la France ", tenu de mettre en œuvre, une " absence de toute adhésion de [sa] part à cette nouvelle stratégie, pourtant indispensable au groupe Carrefour ", et des " réticences quant aux orientations stratégiques envisagées par le Groupe ", prenant la forme de " réserves et de [] doutes sur la pertinence des projets ayant traits aux applications pratiques des décisions prises par le Comité Exécutif ". Le courrier évoque encore des " désaccords récurrents " avec le comité exécutif jugés incompatibles avec les fonctions occupées par M. A. Ces désaccords résultent, selon le courrier, de " divergences d'opinions profondes et récurrentes sur ces politiques et pratiques, ainsi [que d'une] absence d'adhésion persistante aux choix de la Direction Générale sur les projets en cours " et se sont traduits par une " opposition systématique aux décisions stratégiques devant être mises en œuvre ". Le protocole transactionnel signé par les parties le 27 décembre 2017 mentionne dans la partie " Rappel des faits et historique des relations contractuelles ", exposée préalablement aux positions et concessions respectives des parties, que M. A a refusé " d'adhérer aux nouvelles orientations stratégiques définies par le groupe " et qu'" il a exprimé auprès de sa hiérarchie des divergences sur des projets de développement, auxquelles, en dépit de plusieurs discussions intervenues, il n'a pas été possible de mettre un terme ". Le protocole poursuit en rappelant que, " compte tenu du poste stratégique occupé par Monsieur A et de la persistance de son opposition, le plaçant dans l'incapacité de relayer efficacement des décisions prises auprès de ses équipes, la Société a été contrainte de le convoquer () à un entretien préalable à un éventuel licenciement ".

6. M. A fait toutefois valoir que le licenciement dont il a fait l'objet est intervenu sans cause réelle et sérieuse, ainsi qu'il l'a exposé dans la position rappelée dans le protocole transactionnel. Il soutient à cet égard que son licenciement n'a été que la conséquence de l'arrivée d'un nouveau directeur général le 18 juillet 2017 et d'une volonté de la part de la nouvelle équipe dirigeante de procéder à une épuration des cadres dirigeants jugés trop proches de l'ancienne, indépendamment de toute faute professionnelle. Il affirme encore qu'il ne peut lui-être reproché d'avoir critiqué la nouvelle stratégie arrêtée pour le groupe dès lors qu'il n'en aurait eu connaissance que par voie de presse en janvier 2018, soit postérieurement à la procédure de licenciement mise en œuvre. Il soutient également avoir été dispensé d'activité dès la convocation à l'entretien préalable dont il a fait l'objet en octobre 2017. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, au regard de ces seules affirmations étayées uniquement par la production d'articles de presse économique commentant l'arrivée du nouveau directeur général et certains licenciements de cadres dirigeants du groupe Carrefour, et en l'absence d'autres éléments tels que notamment des témoignages, que le licenciement dont M. A a fait l'objet serait dépourvu de cause réelle et sérieuse. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que l'indemnité qui lui a été octroyée par son employeur aurait eu pour objet de l'indemniser du préjudice causé par l'absence de caractère réel et sérieux de son licenciement et qu'elle entrerait ainsi dans le champ d'application des dispositions du 1° de l'article 80 duodecies du code général des impôts.

7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense à la requête d'appel de M. A, que celui-ci n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressé à la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Barthez, président de chambre,

- Mme Milon, présidente assesseure,

- M. Dubois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 février 2025.

Le rapporteur,

J. DUBOIS

Le président de chambre,

A. BARTHEZ

La greffière,

E. VERGNOL

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions