vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA02973 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL VAIANA TANG & SOPHIE DUBAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Le maire de la commune de Paea a demandé au tribunal administratif de la Polynésie française de déclarer Mme B A démissionnaire d'office de ses fonctions de conseillère municipale de la commune de Paea.
Par un jugement n° 2300172 du 9 juin 2023, le tribunal administratif de la Polynésie française a déclaré Mme A démissionnaire d'office de ses fonctions de conseillère municipale de la commune de Paea.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 juillet et 11 décembre 2023, Mme A, représentée par Me Lamourette, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Polynésie française et de rejeter la demande du maire de Paea ;
2°) de mettre à la charge du maire de la commune de Paea agissant au nom de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conditions prévues par l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales ne sont pas réunies dès lors qu'elle n'a pas été avertie des conséquences de son abstention et n'a pas fait preuve d'une abstention persistante puisqu'elle a présidé le bureau de vote pour le second tour des élections le 30 avril 2023 ;
- elle fait l'objet d'un traitement discriminatoire.
La commune de Paea a présenté des observations les 12 août 2023 et 16 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 ;
- le code électoral ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saint-Macary,
- les conclusions de Mme Lipsos, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est conseillère municipale de la commune de Paea. Le maire de cette commune, agissant au nom de l'Etat, a demandé au tribunal administratif de la Polynésie française de la déclarer démissionnaire sur le fondement de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales en raison de son refus de présider un bureau de vote le 16 avril 2023, à l'occasion du premier tour de l'élection des représentants à l'Assemblée de la Polynésie française. Mme A relève appel du jugement par lequel le tribunal l'a déclarée démissionnaire d'office de son mandat de conseillère municipale de la commune de Paea.
2. Aux termes de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif. / Le refus résulte soit d'une déclaration expresse adressée à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation. / Le membre ainsi démissionnaire ne peut être réélu avant le délai d'un an ". Aux termes de l'article R. 43 du code électoral : " Les bureaux de vote sont présidés par les maire, adjoints et conseillers municipaux dans l'ordre du tableau. A leur défaut, les présidents sont désignés par le maire parmi les électeurs de la commune. / En cas d'absence, le président est remplacé par un suppléant désigné par lui parmi les conseillers municipaux ou les électeurs de la commune, ou, à défaut, par le plus âgé des assesseurs. Le suppléant exerce toutes les attributions du président. Le secrétaire est remplacé en cas d'absence par l'assesseur le plus jeune ".
3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que la présidence de bureaux de vote compte parmi les fonctions qui sont dévolues aux conseillers municipaux par les lois, au sens de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que par un courrier du 31 mars 2023, le maire de la commune de Paea a demandé à Mme A de se présenter en qualité de présidente suppléante au bureau de vote n° 3 de 13h30 à 16h15 le 16 avril 2023 dans le cadre du premier tour de l'élection des représentants à l'Assemblée de la Polynésie française. Ce courrier l'avertissait des conséquences prévues par l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales en cas de refus d'exercer ces fonctions sans excuse valable. Il a été présenté, en vain, à Mme A, les 10 et 11 avril 2023 par un agent de la police municipale, qui s'est heurté à l'absence alléguée de l'intéressée et au refus de son époux de réceptionner le courrier, Mme A lui ayant demandé de ne rien signer venant de la mairie. Il résulte de l'instruction que le courrier du 31 mars 2023 a également été transmis à Mme A par courrier électronique le 11 avril 2023, laquelle ne conteste pas sérieusement l'avoir reçu. Enfin, il est constant que Mme A n'a pas exercé la présidence du bureau de vote n° 3 le 16 avril 2023. A cet égard, la circonstance qu'elle a présidé un bureau de vote le 30 avril 2023, à l'occasion du second tour des élections, est sans incidence sur son abstention persistante, malgré l'avertissement dont elle avait fait l'objet, de présider un bureau de vote le 16 avril 2023.
5. En dernier lieu, Mme A n'apporte aucune excuse valable de nature à justifier son refus de présider un bureau de vote le 16 avril 2023. Si elle soutient que l'engagement d'une procédure de démission d'office constitue un traitement discriminatoire, un tel traitement ne résulte pas de l'instruction et ne serait au demeurant pas de nature à justifier, a posteriori, son refus.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Polynésie Française l'a déclarée démissionnaire d'office. Ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la commune de Paea.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Heers, présidente de chambre,
- Mme Bruston, présidente-assesseure,
- Mme Saint-Macary, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
La rapporteure,
M. SAINT-MACARY
La présidente,
M. HEERS
La greffière,
C. DABERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026