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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA03873

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA03873

vendredi 24 novembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA03873
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 3 février 2023 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2309387 du 2 août 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 août et 13 septembre 2023, M. B, représenté par Me Legrand, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2309387 du 2 août 2023 rendu par le tribunal administratif de Paris ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2023 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jours de retard et de lui délivrer le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

- la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour ; elles comportent des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour sa situation personnelle.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de New-York relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant ivoirien, né le 11 septembre 1987 et entré en France le 18 septembre 2018 selon ses déclarations, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour pris sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 février 2023, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. M. B interjette appel du jugement du 2 août 2023 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

3. En premier lieu, M. B réitère en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour refuser au requérant le renouvellement de son titre de séjour, le préfet de police s'est fondé sur l'avis du 25 janvier 2023 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), dont il résulte que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le certificat médical produit, au demeurant postérieur à la décision en litige, affirmant que l'état de santé du requérant nécessite un suivi dont le défaut pourrait entraîner des conséquences graves, ne remet pas en cause, eu égard à la généralité de ses termes et en l'absence d'identification d'un traitement suivi, l'avis du collège de médecins de l'OFII. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier, notamment de l'ordonnance médicale du 17 novembre 2022, que M. B doit suivre un traitement à base de Triumeq, il n'apporte pas d'éléments permettant d'établir que ce médicament serait indisponible dans son pays d'origine, ou qu'il ne pourrait pas être substitué par un autre médicament. Par suite, ce moyen doit être écarté.

4. En second lieu, M. B fait valoir que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant. Toutefois, le certificat médical, peu circonstancié, d'un médecin français affirmant que la fille du requérant, atteinte d'une myopathie congénitale, ne pourrait bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine et que son état de santé nécessite la présence de ses deux parents, ne suffit pas à établir que celle-ci ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié en Côte d'Ivoire ou que la cellule familiale ne pourrait pas s'y reconstituer. Par ailleurs, si M. B produit en appel la décision d'admission au statut de réfugié de sa fille, en raison des risques de mutilation sexuelle féminine auquel elle serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine, cette décision est postérieure à l'arrêté contesté et est ainsi sans influence sur sa légalité. Par suite, ce moyen doit être écarté.

5. La décision portant refus de renouvellement de titre de séjour n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, M. B ne peut se prévaloir de son illégalité à l'appui de sa demande d'annulation par voie de conséquence des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. En outre, le moyen tiré de ce que ces décisions auraient des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour sa situation personnelle n'est assorti d'aucune précision de nature à permettre au juge d'en apprécier la portée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 2 août 2023 et de l'arrêté du 3 février 2023 est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de police et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Paris, le 24 novembre 2023.

Le président de la 9ème chambre,

S. CARRERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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