vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA04241 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DIANGO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler les arrêtés du 18 juin 2023 par lesquels le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Par un jugement n° 2315369 du 5 septembre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2023, et une pièce, enregistrée le 10 novembre 2023, M. C, représenté par Me Diango, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2315369 du 5 septembre 2023 rendu par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler les arrêtés du 18 juin 2023 par lesquels le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette décision indique que le requérant est dépourvu de passeport alors qu'il en possède un ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
- le requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public et justifie de garanties de représentation ;
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français de deux ans assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
- le requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés du 18 juin 2023, le préfet de police a fait obligation à M. B C, ressortissant algérien, de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. C interjette appel du jugement du 5 septembre 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. D A, adjoint au chef de bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires. Contrairement à ce que soutient le requérant, il n'incombe pas au préfet d'apporter la preuve de l'absence ou de l'empêchement des autres délégataires dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsque M. A a signé la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le juge de première instance a relevé que la décision contestée mentionnait les dispositions légales dont il a été fait application et indiquait avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé. En se bornant à reprendre son argumentation de première instance sans apporter de nouveaux éléments pertinents, M. C ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par le tribunal administratif. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit au point 3 du jugement.
5. En troisième lieu, en première instance, ainsi que l'a indiqué en première instance le magistrat désigné par le tribunal administratif, la circonstance que la décision en litige mentionne que M. C est dépourvu de passeport alors qu'il en possède un, ne suffit à établir que l'arrêté litigieux serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé dès lors qu'il n'est pas contesté qu'il est entré irrégulièrement en France et entrait, par suite, dans le champ des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En se bornant à reprendre son argumentation de première instance, le requérant ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par le tribunal administratif. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs au point 6 du jugement.
6. En quatrième lieu, M. C réitère en appel le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En première instance, le magistrat désigné par le tribunal administratif de Paris a considéré que si M. C soutient résider en France depuis 2019 auprès de son père handicapé, lequel justifie d'un certificat de résidence algérien valable dix ans et a besoin de lui pour l'assister dans la vie quotidienne, être bien inséré socio-professionnellement en France et justifie d'un emploi auprès de la société ELG Prestation avec laquelle il a signé un contrat à durée indéterminée en qualité de menuisier depuis 2021, le requérant est célibataire, sans enfant et n'établit pas que son père vit seul ni ne peut se passer de son aide, aucune information précise et appuyée par des documents médicaux, autre qu'une allégation de " maladie chronique provoquant des détresses respiratoire " n'étant donnée sur le handicap dont ce dernier souffre à la date de la décision attaquée. En outre, il travaille irrégulièrement et n'a pas, depuis son arrivée en France, demandé un titre de séjour afin de régulariser sa situation. Par ailleurs, le magistrat désigné a rappelé que M. C est défavorablement connu des services de police pour usage d'une fausse carte nationale d'identité belge et a fait l'objet pour ce fait d'une garde à vue. En reprenant simplement son argumentation de première instance sans apporter de nouveaux éléments de droit ou de fait, le requérant ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par le tribunal administratif au point 5 de son jugement. Par conséquent, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, pour contester le refus de lui accorder un délai de départ volontaire, M. C soutient qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il justifie de garanties de représentation suffisantes. Il produit à cet égard un passeport en cours de validité, une attestation d'hébergement signée par son père, le certificat de résidence en cours de validité de son père, une quittance de loyer pour le mois de juin 2023 et un contrat à durée indéterminée. Si en appel, le requérant soutient, en produisant le procès-verbal de l'audition de ses co-retenus, que l'absence de production du procès-verbal de son audition par la police ne permet pas aux juges d'apprécier le caractère suffisant ou non des garanties de représentation au moment de sa garde à vue, il n'est pas contesté, ainsi que l'a relevé le magistrat désigné par le tribunal administratif de Paris, que lors de son arrestation M. C n'a pas pu produire cette carte ni de justificatif de sa domiciliation chez son père ce qui a justifié sa garde à vue. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a utilisé une fausse carte d'identité belge en juin 2023, travaille irrégulièrement et se maintient tout aussi irrégulièrement sur le territoire depuis son arrivée en France, sans avoir essayé de régulariser sa situation. Par suite, eu égard à la gravité et au caractère récent des faits qui lui sont reprochés, c'est à bon droit que le préfet a considéré que le requérant représentait une menace pour l'ordre public. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
8. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre le refus de lui accorder un délai de départ volontaire doit, en conséquence, être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 3 et 4 de la présente ordonnance, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision et de l'insuffisance de motivation doivent être écartés.
10. En second lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination doit, en conséquence, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français de deux ans assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
11. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 et 7 de la présente ordonnance, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public.
12. En second lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune des illégalités alléguées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français de deux ans assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen doit, en conséquence, être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 5 septembre 2023 et des arrêtés du 18 juin 2023 est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 24 novembre 2023.
Le président de la 9ème chambre,
S. CARRERE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026