lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA04455 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DUHAMEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A D B a demandé au tribunal administratif de la Polynésie française de condamner le centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa prise en charge dans cet établissement le 20 novembre 2018.
Par un jugement n° 1900453 du 8 septembre 2020, le tribunal administratif a condamné le CHFP à verser à Mme B la somme de 240 000 F CFP ainsi que la somme de 272 003 F CFP à la caisse de prévoyance de la Polynésie française au titre du remboursement de ses débours.
Par un arrêt n° 20PA02942 du 29 mars 2022, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel formé par Mme B et l'appel incident formé par le CHPF contre ce jugement.
Par une décision n° 465395 du 20 octobre 2023, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé l'arrêt du 29 mars 2022 de la cour en tant qu'il statue sur les préjudices relatifs à la monoplégie du membre inférieur gauche dont Mme B a souffert pendant plusieurs semaines après l'intervention chirurgicale qu'elle a subie le 20 novembre 2018 et a renvoyé à la cour, dans cette mesure, le jugement de l'affaire, qui y a été enregistrée sous le n° 23PA04455.
Procédure devant la cour après retour de cassation :
Par un mémoire en reprise d'instance après cassation et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2023 et 17 juillet 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le CHPF conclut au rejet des conclusions de la requête de Mme B tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle invoque en lien avec la monoplégie du membre inférieur gauche dont elle a souffert pendant plusieurs semaines après l'intervention chirurgicale qu'elle a subie le 20 novembre 2018.
Il soutient que :
- si Mme B soutient qu'elle a subi un déficit fonctionnel temporaire total pour la période allant du 19 au 27 novembre 2018 et la journée du 28 au 29 octobre 2019, elle ne démontre pas que celui-ci serait en lien avec la monoplégie du membre inférieur gauche ; en toute hypothèse et subsidiairement, même à retenir pour les besoins de la discussion un déficit fonctionnel pour les périodes précitées, l'indemnisation ne saurait excéder la somme de 143 euros ;
- les souffrances endurées du fait de la monoplégie sont déjà prises en compte dans l'indemnisation des souffrances psychologiques endurées en lien avec l'oubli du matériel médical ; en tout état de cause, eu égard au fait que la monoplégie n'a duré que tout au plus trois mois et au caractère limité des souffrances, l'indemnisation allouée à ce titre ne saurait excéder la somme de 4 000 euros.
Par un mémoire en reprise d'instance après cassation enregistré le 23 novembre 2023, Mme B, représentée par Me Grattirola, demande à la cour :
1°) de statuer à nouveau sur l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait de la monoplégie du membre inférieur gauche dont elle a souffert pendant plusieurs semaines après l'intervention chirurgicale du 20 novembre 2018 et de condamner le CHPF à lui payer la somme de 59 400 F CFP, soit 497 euros, au titre du déficit fonctionnel temporaire total, et la somme de 2 000 000 F CFP, soit 16 727 euros, au titre des souffrances endurées ;
2°) de réformer le jugement du 8 septembre 2020 du tribunal administratif de la Polynésie française en ce sens ;
3°) de mettre à la charge du CHPF le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la monoplégie persistante inexpliquée dont elle souffre au niveau de la jambe gauche est consécutive à l'intervention du 20 novembre 2018 ;
- son préjudice s'élève aux sommes de 59 400 F CFP en ce qui concerne le déficit fonctionnel temporaire total pour la période du 19 au 27 novembre 2018 et la journée du 28 au 29 octobre 2019, et de 2 000 000 F CFP au titre des souffrances endurées.
La caisse de prévoyance de la Polynésie française n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vrignon-Villalba,
- les conclusions de Mme Bernard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Demailly, pour le centre hospitalier de la Polynésie française.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une chute survenue le 26 juin 2006, Mme B a subi plusieurs interventions chirurgicales à la cheville gauche. Elle en a conservé un syndrome douloureux régional persistant et des lombosciatalgies chroniques pour la prise en charge desquels elle a bénéficié, en 2008, de l'implantation d'un neuro-stimulateur électrique au niveau de l'abdomen. Ce matériel ayant cessé de fonctionner, une intervention chirurgicale a été réalisée le 20 novembre 2018 au centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) en vue de le retirer. Une radiographie réalisée le 25 avril 2019 au vu des douleurs abdominales persistantes de la patiente a toutefois révélé qu'une partie du matériel était restée en place. Le matériel résiduel a été retiré lors d'une seconde intervention chirurgicale le 28 octobre 2019. Par un jugement du 8 septembre 2020, le tribunal administratif de la Polynésie française a condamné le CHPF à verser à Mme B la somme de 240 000 F CFP et celle de 272 003 F CFP à la caisse de prévoyance de la Polynésie française au titre de ses débours. Par un arrêt n° 20PA02942 du 29 mars 2022, la cour a rejeté l'appel formé par Mme B et l'appel incident formé par le CHPF contre ce jugement. Par une décision n° 465395 du 20 octobre 2023, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé l'arrêt du 29 mars 2022 de la cour en tant qu'il statue sur les préjudices relatifs à la monoplégie du membre inférieur gauche dont Mme B a souffert pendant plusieurs semaines après l'intervention chirurgicale du 20 novembre 2018 et a renvoyé l'affaire à la cour dans la mesure de la cassation ainsi prononcée.
2. Il résulte de l'instruction, et notamment du compte-rendu d'hospitalisation établi le 27 novembre 2018 par le CHFP, du courrier adressé le 26 décembre 2018 par le chef du service de neurochirurgie de cet établissement au dispensaire des Tuamotu-Gambier et du rapport établi le 19 novembre 2019 par l'expert désigné par le président du tribunal administratif de la Polynésie française, que la monoplégie dont Mme B indique avoir souffert pendant plusieurs semaines à la suite de l'intervention chirurgicale fautive du 20 novembre 2018 est apparue immédiatement après l'opération du 20 novembre 2018. Toutefois, la requérante n'établit ni même n'allègue sérieusement que cette monoplégie, qu'elle qualifie elle-même d'inexpliquée, serait en lien avec la faute consistant à n'avoir pas retiré l'intégralité du système de stimulation épidurale à l'ablation duquel il était procédé lors de cette intervention. Il ressort à ce titre du rapport d'expertise que, s'agissant d'un matériel destiné à rester dans le corps humain, dont Mme B ne s'est jamais plainte pendant dix ans, et en l'absence d'infection post-opératoire, la négligence fautive consistant en un retrait incomplet du matériel de neurostimulation, qui engage la responsabilité du CHPF à l'égard de Mme B, n'a pas été à l'origine d'une dégradation de l'état de santé de celle-ci et de souffrances autres que morales. Il ressort par ailleurs du compte-rendu rédigé à la suite de l'IRM du rachis lombaire réalisée le 20 novembre 2018 que l'hypothèse d'un hématome épidural dorsolombaire, envisagée un moment pour expliquer la monoplégie de Mme B, a été écartée. Il est par ailleurs indiqué, dans le compte-rendu de la visite de contrôle de décembre 2018, qu'aucune explication physiopathologique n'a pu être identifiée en dehors d'une possible complication liée à un surdosage fautif de morphine lors de l'opération du 20 novembre 2018, dont il a été définitivement jugé qu'elle ne saurait être indemnisée, faute de présenter un lien avec la négligence fautive consistant en un retrait incomplet du matériel de neurostimulation.
3. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Polynésie française a rejeté ses conclusions indemnitaires en tant qu'elles portaient sur les préjudices relatifs à la monoplégie du membre inférieur gauche dont elle a souffert.
4. Par suite, il y a lieu de rejeter la partie encore en litige de sa requête, en ce compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B portant sur les préjudices relatifs à la monoplégie du membre inférieur gauche dont elle a souffert ainsi que les conclusions qu'elle a présentées, dans son mémoire de reprise d'instance, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A C, à la caisse de prévoyance de la Polynésie française et au centre hospitalier de la Polynésie française.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Menasseyre, présidente de chambre,
- Mme Vrignon-Villalba, présidente assesseure,
- Mme Larsonnier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
C. Vrignon-VillalbaLa présidente,
A. Menasseyre
La greffière,
N. Couty
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026