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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA04575

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA04575

lundi 18 décembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA04575
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantAHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 10 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2213285 du 12 octobre 2023, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire ampliatif enregistrés les 6 et 13 novembre 2023, M. A, représenté par Me Ahmad, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2213285 du 12 octobre 2023 du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

Il soutient que :

- il justifie d'une insertion professionnelle ;

- il justifie de considérations humanitaires au sens de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du fait de sa présence ininterrompue en France depuis 16 ans ;

- il maîtrise parfaitement la langue française ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est injustifiée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A, ressortissant pakistanais né en décembre 1981, est entré en France en mai 2007 selon ses déclarations. Le 5 avril 2019, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 10 août 2022, pris sur injonction de réexamen après annulation par le tribunal administratif de Montreuil d'un premier arrêté, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A fait appel du jugement du 12 octobre 2023 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour

des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des

considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir

peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".

4. M. A se prévaut de sa présence en France depuis 2007, de son insertion professionnelle et de sa maîtrise de la langue française. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français à la faveur de sa soustraction à deux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre en 2014 et en 2018. Par ailleurs, si M. A fait valoir qu'il a travaillé pendant six ans en qualité d'électricien, il ne justifie pas d'une insertion professionnelle significative. Enfin, l'intéressé, célibataire et sans enfant, n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident son épouse et son enfant mineur. Ainsi, le requérant ne peut être regardé comme établissant l'existence de considérations humanitaires ou d'un motif exceptionnel justifiant son admission au séjour. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

5. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour ne constitue pas le fondement de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, laquelle a été prise en raison d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire. Le requérant ne peut donc utilement invoquer l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour à l'encontre de cette décision.

6. En second lieu, M. A reprend en appel, avec la même argumentation qu'en première instance, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait injustifiée. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 9 du jugement attaqué.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 18 décembre 2023.

Le premier vice-président, président de la 1ère chambre,

J. LAPOUZADE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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