vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA00312 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP THOUVENIN, COUDRAY, GREVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 janvier 2024, l'Institut français des experts comptables et des commissaires aux comptes (IFEC), représenté par Me Serizay, demande à la cour :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite résultant du silence gardé par le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion sur sa demande tendant à ce qu'il rapporte l'arrêté du 7 octobre 2022 fixant la liste des organisations professionnelles d'employeurs reconnues représentatives dans le périmètre utile à la négociation des professions libérales ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite de refus est insuffisamment motivée ;
- le secteur des professions libérales constitue une multiprofession n'entrant ni dans le cadre juridique défini par l'article L. 2152-1 du code du travail, ni dans le cadre défini par l'article L. 2152-2 du même code, la mesure de la représentativité ne pouvait pas y être faite ;
- ces décisions portent atteinte à la liberté contractuelle des partenaires sociaux, principe de valeur constitutionnelle.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents des formations de jugement des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, () des moyens inopérants () ".
2. Par un courrier du 30 octobre 2023, reçu le 8 novembre suivant, l'Institut français des experts comptables et des commissaires aux comptes (IFEC) a demandé au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion de retirer l'arrêté du 7 octobre 2022 fixant la liste des organisations professionnelles d'employeurs reconnues représentatives dans le périmètre utile à la négociation des professions libérales. Du silence gardé sur cette demande est née une décision implicite de refus. L'IFEC demande à la cour, d'une part, d'annuler cette décision implicite de refus et, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2022.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2022 :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 7 octobre 2022 a été publié le 3 novembre 2022 au Journal officiel de la République française. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cet arrêté, enregistrées au greffe le 19 janvier 2024, ont été introduites tardivement et sont, par suite, manifestement irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de refus :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'IFEC aurait sollicité, dans le délai de recours contentieux, la communication des motifs de la décision implicite de refus attaquée. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de son insuffisante motivation n'est manifestement pas fondé.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Aux termes de l'article L. 243-2 du même code : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. / L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droit devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ". Aux termes de l'article L. 243-3 du même code : " L'administration ne peut retirer () un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ". Il résulte de ces dispositions que le retrait, sur demande d'un tiers, d'un acte non règlementaire illégal ne peut intervenir passée l'expiration d'un délai de quatre mois après son édiction. L'expiration de cette échéance fait également l'obstacle à son abrogation, s'il est créateur de droits. Il résulte également de ces dispositions que si l'administration est tenue d'abroger un acte règlementaire illégal, elle ne l'est, s'agissant des actes non réglementaires non créateurs de droits, que si cette décision est devenue illégale à la suite de changements dans les circonstances de droit ou de fait postérieurs à son édiction.
8. L'arrêté par lequel le ministre chargé du travail arrête la liste des organisations syndicales reconnues représentatives par branche professionnelle ou dans un périmètre utile pour une négociation en cours ou à venir ne revêt pas un caractère réglementaire.
9. Par un courrier du 30 octobre 2023, l'IFEC a sollicité auprès du ministre chargé du travail le retrait de l'arrêté du 7 octobre 2022 fixant la liste des organisations professionnelles d'employeurs reconnues représentatives dans le périmètre utile à la négociation des professions libérales.
10. La demande de retrait de cet acte non règlementaire a été présentée au ministre postérieurement au délai de quatre mois fixé par les dispositions précitées. Il résulte de ce qui a été exposé au point 7 que cette autorité était tenue de refuser d'y faire droit. Par suite, si le courrier du 30 octobre 2023 doit être interprété comme tendant au retrait de l'arrêté attaqué l'ensemble des moyens soulevés sont inopérants.
11. A supposer même que, par son courrier du 30 octobre 2023 l'IFEC ait en réalité entendu solliciter l'abrogation de l'arrêté du 7 octobre 2022, sa demande est parvenue au ministre postérieurement au délai de quatre mois, au-delà duquel l'administration est tenue de refuser de faire droit à une demande d'abrogation d'un acte non réglementaire créateur de droits, et alors que l'administration n'est tenue d'abroger un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est devenu illégal à la suite de changements dans les circonstances de droit ou de fait postérieurs à son édiction. En se prévalant de motifs d'illégalité présents dès l'édiction de l'arrêté du 7 octobre 2022, qu'elle a contesté plus de quatre mois après son édiction, l'IFEC ne conteste pas utilement le refus qui a été implicitement opposé à sa demande.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions dirigées par l'IFEC contre l'arrêté du 7 octobre 2022 sont manifestement irrecevables, et que ses conclusions dirigées contre le refus implicite opposé à sa demande tendant à ce que cet arrêté soit rapporté ne sont assorties que de moyens de légalité externe manifestement infondés ou de moyens inopérants. Il suit de là que sa requête doit être rejetée par application des dispositions citées au point 1, y compris en ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de l'Institut français des experts comptables et des commissaires aux comptes est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Institut français des experts comptables et des commissaires aux comptes.
Copie en sera adressée, pour information, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Fait à Paris, le 26 avril 2024.
La présidente de la 8ème chambre,
A. Menasseyre
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026