LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA00697

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA00697

jeudi 16 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA00697
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantBELLOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Melun de le décharger des cotisations supplémentaires à l’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 1908489 du 14 décembre 2023, le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 13 février 2024, et des mémoires, enregistrés les 26 et 28 août 2025 et non communiqués, l’association Juridique Protection et Conseil (AJPC), agissant en qualité de tutrice légale de M. B..., majeur protégé, représentée par Me Belloy, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement du 14 décembre 2023 du tribunal administratif de Melun ;

2°) de prononcer la réduction des impositions en litige ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le caractère exagéré des impositions mises à sa charge est démontré ;
- la situation personnelle du contribuable ne lui permet pas de payer les sommes mises à sa charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- le contribuable supporte la charge de la preuve et ne démontre pas le caractère exagéré des impositions mise à sa charge ;
- le moyen tiré de ce que sa situation personnelle ne lui permet pas de payer les sommes mises à sa charge ne peut pas utilement être invoqué devant le juge de l’impôt.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n°47-798 du 5 mai 1947 portant réglementation de la police des jeux dans les cercles ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Gallaud,
- les conclusions de Mme Jurin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Séhier, avocate de l’association Juridique Protection et Conseil.


Considérant ce qui suit :

M. B... a fait l’objet d’un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle puis d’un contrôle sur pièces portant sur les années 2014, 2015 et 2016, à l’issue desquels l’administration fiscale a procédé au rehaussement de ses revenus dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, selon la procédure de taxation d’office, sur le fondement du 1° de l’article 66 du livre des procédures fiscales s’agissant des rehaussements ayant fait suite à l’examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle et sur le fondement du 3° de l’article 68 du livre des procédures fiscales s’agissant des rehaussements ayant fait suite au contrôle sur pièces. L’association Juridique Protection et Conseil (AJPC), agissant en qualité de tutrice légale de M. B..., devenu majeur protégé, relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de ce dernier tendant à être déchargé des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que des pénalités correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre de ces années.



Sur le bien-fondé des impositions :

L’article L. 193 du livre des procédures fiscales dispose que : « Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ». Aux termes de l’article R. 193-1 du même code : « Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ».

En application des dispositions qui viennent d’être citées, il appartient à l’association requérante de démontrer le caractère exagéré de l’imposition mise à la charge de M. B....

Aux termes du premier alinéa de l’article 34 du code général des impôts : « Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale ». Aux termes de l’article 1-2 du décret du 5 mai 1947, en vigueur au cours des années d’imposition en litige : « S'agissant des jeux qui nécessitent le recours à un joueur qui tient la banque, dénommé banquier, les nom, prénoms, date et lieu de naissance et domicile de ce dernier sont inscrits, pour chaque table adjugée, sur un registre conservé pendant dix ans par le cercle de jeux. / Sans préjudice des dispositions de l'article L. 561-2 du code monétaire et financier, les gains ou les pertes du banquier sont également portés sur le registre mentionné au premier alinéa ».

Il résulte de l’instruction que M. B... a participé de façon habituelle à des jeux organisés par un cercle de jeux au cours des années d’imposition en litige en assurant le rôle de banquier, ce qu’il avait fait auparavant, également de façon habituelle, dans d’autres cercles de jeux, à la demande de leurs dirigeants. Dans le cadre de son droit de communication, l’administration fiscale a obtenu les informations relatives aux gains et pertes de M. B..., qui ont été consignées conformément aux dispositions précitées du décret du 5 mai 1947. Au vu de ces informations, le service a procédé à des rehaussements de ses revenus dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux compte tenu du caractère habituel de l’activité ainsi exercée par M. B..., qu’il a regardée comme ayant un caractère commercial, ce que n’a contesté ni l’intéressé devant les premiers juges, ni l’association requérante en cause d’appel.

L’association AJPC se prévaut des éléments recueillis au cours de l’enquête judiciaire menée par le service central des courses et jeux puis au cours de l’information judiciaire qui a été ouverte, dans le cadre de laquelle M. B... a été mis en examen. Si ces éléments permettent de mettre en évidence que les services chargés de cette enquête ont émis l’hypothèse que les personnes dont il a été constaté qu’ils jouaient habituellement le rôle de banquier au sein du cercle de jeux, dont faisait partie M. B..., ne percevaient qu’une faible part des gains mentionnés dans le registre, qui revenaient en réalité aux dirigeants officiels ou occultes du cercle, ce que les intéressés ont soutenu devant le juge d’instruction, cette seule circonstance ne permet pas à elle seule de démontrer le caractère exagéré des sommes que l’administration fiscale a retenues pour déterminer le montant du revenu imposable de M. B... dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. S’il résulte de l’ordonnance de non-lieu partiel et de renvoi devant le tribunal correctionnel qu’elle a rendue le 11 janvier 2024 que la vice-présidente chargée de l’instruction a estimé qu’il était établi que M. B... a reversé à un tiers une partie des sommes qu’il a appréhendées en exerçant la fonction de banquier, l’association requérante n’apporte, en toute hypothèse, aucun autre élément de nature à établir le montant exact des sommes qui sont effectivement restées à la disposition de l’intéressé, point sur lequel elle n’apporte aucun justificatif. A cet égard, l’association requérante ne saurait utilement se prévaloir de ce qu’il appartenait à l’administration de se faire communiquer d’autres éléments issus de l’enquête pénale, étant rappelé que la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions incombe en l’espèce au contribuable.

Enfin, si l’association requérante soutient que la situation personnelle de M. B... ne lui permet pas de payer les sommes mises en recouvrement par l’administration fiscale, un tel moyen, qui relève de la juridiction gracieuse, ne peut utilement être invoqué au soutien d’une contestation du bien-fondé des impositions en litige.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que l’association AJPC n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Melun rejeté la demande de M. B....

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l’association AJPC au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l’association Juridique Protection et Conseil est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à l’association Juridique Protection et Conseil et à la ministre de l’action et des comptes publics.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Chevalier-Aubert, présidente de chambre,
- M. Gallaud, président assesseur,
- M. Desvigne-Repusseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2025.

Le rapporteur,
T. Gallaud

La présidente,
V. Chevalier-Aubert

La greffière,
L. Chana




La République mande et ordonne à la ministre de l’action et des comptes publics en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions