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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA00766

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA00766

vendredi 10 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA00766
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantVELLIN;DGM & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la rocédure suivante :

rocédure contentieuse antérieure :

La société O ale Défense a demandé au tribunal administratif de aris de condamner l’Etat à lui verser la somme de 1 319 480,72 euros, majorée des intérêts de retard, en ré aration du réjudice qu’elle estime avoir subi dans le cadre de l’exécution du contrat de artenariat conclu en vue de la construction, la restructuration, la rénovation, l’ex loitation et la maintenance des bâtiments du siège du ministère chargé de la défense.

ar un jugement n° 2112385 du 14 décembre 2023, le tribunal administratif de aris a condamné l’Etat à lui verser la somme de 93 281,38 euros assortie des intérêts de retard et a rejeté le sur lus de sa demande.

rocédure devant la Cour :

ar une requête et un mémoire enregistrés les 15 février 2024 et 14 janvier 2025, la société O ale Défense, re résentée ar Me Vellin et Me Fourcault, demande à la Cour :

1°) de réformer le jugement du tribunal administratif de aris ;
2°) de condamner l’Etat à lui verser la somme totale de 1 180 543,26 euros, assortie des intérêts de retard calculés conformément à l’article 33.7 du contrat de artenariat ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 6 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle eut rétendre, en a lication de l’article 42.1 du contrat, dans sa rédaction résultant de l’avenant n° 2, à la somme de 254 675 euros TTC au titre de l’indemnisation du réjudice que lui ont causé les surcroîts de contribution sociale de solidarité des sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entre rises générés ar les modifications du contrat intervenues entre le troisième trimestre 2017 et le remier trimestre 2021 ;
- elle eut rétendre, en a lication des mêmes sti ulations, à la somme de
925 868,26 euros TTC au titre de l’indemnisation du réjudice découlant du refus du ministre des armées de rendre à sa charge les surcoûts de ilotage et de contrôle induits ar ces modifications.

ar un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la société O ale Défense ne eut rétendre à l’indemnisation des réjudices allégués ;
- les montant qu’elle avance ne sont en outre as établis.


Vu les autres ièces du dossier.

Vu :
- l’ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004 ;
- le code de justice administrative.

Les arties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience ublique :
- le ra ort de Mme Saint-Macary,
- les conclusions de Mme Jayer, ra orteure ublique,
- et les observations de Me Fourcault, re résentant la société O ale Défense, et
Mme A... dument mandatée, re résentant le ministre des armées.


Considérant ce qui suit :

1.  Le ministre de la défense et la société O ale Défense ont conclu, le 30 mai 2011, un contrat de artenariat dans le cadre du regrou ement sur le site de Balard des services de l’administration centrale du ministère. L’exécution du contrat com orte une hase travaux, qui vise l'ensemble des travaux de construction et de rénovation de uis la signature du contrat en avril 2011 jusqu'au terme des travaux de rénovation de la arcelle Est, fin février 2016, et une hase d’ex loitation, de 2012 à 2041. ar un courrier du 9 juin 2021, la société O ale Défense a adressé au ministre des armées un courrier réca itulant le montant de ses demandes liées aux surcoûts induits ar les nombreuses modifications du contrat survenues entre les mois de
juin 2017 et mai 2021 et tendant au versement de la somme de 1 099 567,26 euros HT à ce titre (1 319 480,72 euros TTC). Elle relève a el du jugement ar lequel le tribunal administratif de aris a condamné l’Etat à lui verser la seule somme de 93 281,38 euros, au titre des surcoûts d’assurance.

2. Aux termes du huitième alinéa de l’article 42.1 du contrat de artenariat, dans sa rédaction résultant de l’avenant n° 2 : « Lorsque la mise en œuvre d’une ou lusieurs Modifications), telle(s) qu’elle(s) résulte(nt) du ra ort visé ci-dessus, entraîne des Surcoûts Directs et Indirects ou ertes de toute nature our le Titulaire, ce dernier dis ose d’un droit à com ensation intégrale du réjudice subi (…) ». L’article 1er du contrat définit les surcoûts directs et indirects comme désignant : « les surcoûts directs (notamment : coûts d’investissement su lémentaires, coûts de remise en état) et indirects (notamment démobilisation des ersonnels, interru tion du chantier, com ensation des restataires du Titulaire, frais fixes su lémentaires de la société Titulaire, et, le Ministère entendu, les frais dûment justifiés de ru ture antici ée ou de recalage des Instruments de couverture et l'augmentation des Coûts de financement intercalaires) ».

3. En remier lieu, l’article 42.1 révoit également que dans un délai de 20 jours à com ter de la demande de modification, le titulaire soumet au ministère un ra ort décrivant, notamment, « un chiffrage détaillé de l'im act financier de cette Modification sur les catégories de coûts, telles que décrites à l'Annexe 12, affectées ar la Modification, ainsi que sur la Redevance (…). En cas de modification des caractéristiques des Ouvrages et/ou du Tréfonds RAT , cette estimation com rend le montant des travaux à réaliser et l'im act de cette Modification sur les Coûts d'investissement et les Coûts de financement et, le cas échéant, sur le Calendrier », et l’article 1er du contrat définit les coûts de financement comme « les coûts du Titulaire (en Euros courants) relatifs au financement de ses activités au titre du Contrat, à l’exclusion des Coûts de financement intercalaires (mais com renant les im ôts et taxes) (hors taxe sur les salaires) liés à la création et au fonctionnement de la société Titulaire), et tels que détaillés à l’Annexe 12 et à l'Annexe 13 ». Il résulte en outre de l’annexe 13 du contrat que « Les coûts relatifs et taxes (hors taxe sur les salaires) liés à la création et au fonctionnement de la Société Titulaire corres ondent à l’ensemble des im ôts et taxes en ériode d’ex loitation non refacturés à l’euro l’euro tel que décrit dans la section com table et fiscale de l’Annexe 30 ; notamment l’im ôt sur les Sociétés (IS), la Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entre rises (CVAE), la Contribution de Solidarité, etc ». Enfin, aux termes de l’article 36 du contrat : « Tous les im ôts et taxes dont le Titulaire serait redevable au titre de la réalisation des Ouvrages (…) sont refacturés à l'euro l'euro au Ministère et ayés ar ce dernier (…) / Les im ôts et taxes liés à la création et au fonctionnement du Titulaire (à savoir notamment : im ôt sur les sociétés, im ôt forfaitaire annuel et contribution sociale de solidarité des sociétés, contribution économique territoriale im utable au Titulaire) sont, quant à eux, à la charge de ce dernier, sans réjudice de l’a lication, le cas échéant, des dis ositions révues à
l'Article 44 ».

4. Il ne résulte as de l’instruction que les modifications au titre desquelles la société O ale Défense demande à être indemnisée, qui ortent sur une ériode allant du troisième trimestre 2017 au remier trimestre 2021, aient modifié les caractéristiques des ouvrages ou du tréfonds RAT , alors qu’il résulte de l’annexe 16 au contrat de artenariat que « la hase travaux vise l'ensemble des travaux (de construction et de rénovation) de uis la signature du contrat en avril 2011 jusqu'au terme des travaux de rénovation de la arcelle Est, fin février 2016 ». La société O ale Défense n’est dès lors as fondée à se révaloir des sti ulations de l’article 42.1 du contrat relatives à la modification des caractéristiques des ouvrages ou du tréfonds RAT . En outre, et en tout état de cause, la circonstance que la contribution sur la valeur ajoutée des entre rises et la contribution sociale de solidarité des sociétés soient inclues dans les coûts de financement n’im lique as que leur acquittement sur le montant des modifications, corres ondant à un chiffre d’affaires su lémentaire our la société, uisse être regardé comme un réjudice au sens des sti ulations du huitième alinéa de l’article 42.1. A cet égard, il résulte des sti ulations récitées de l’article 36 du contrat que les modifications a ortées n’ont as eu our effet de faire su orter ar la société O ale Défense un im ôt qui aurait dû être refacturé au ministère, et il ne résulte as de l’instruction que l’augmentation du chiffre d’affaires résultant, our la société, de ces modifications, ait eu une incidence sur son assujettissement à ces im ôts ou sur leur taux. Enfin, la requérante ne justifie as de ce que le montant facturé our les modifications ermettrait seulement de couvrir ses dé enses induites ar ces modifications. ar suite, l’intéressée n’ayant subi aucun réjudice d’ordre fiscal en raison des modifications en litige, sa demande de versement d’une somme de
254 675 euros TTC à ce titre doit être rejetée.

5. En second lieu, il résulte de l’instruction, en articulier des articles 4.3 et 4.4 de l’annexe 16 au contrat, que la société O ale Défense était seulement chargée, en hase d’ex loitation, du suivi juridique, com table et administratif de l’exécution du contrat, et devait mettre à dis osition, our ce faire, des ersonnels dédiés, notamment un directeur administratif et financier et deux collaborateurs. Il ressort sur ce oint du courrier du ministère des armées du 15 mai 2018 que le titulaire n’a as mis à dis osition exclusive du contrat les ersonnels chargés du suivi administratif de son exécution, contrairement à ce qu’il s’était engagé à faire. Il s’ensuit qu’il ne résulte as de l’instruction que les moyens humains et les restations su lémentaires auxquelles aurait eu recours la société O ale Défense soient directement im utables aux modifications du contrat. Au sur lus, si la requérante soutient qu’elle a dû créer un oste de « res onsable des évolutions », il ressort de ses écritures qu’il était chargé, our artie, de s’assurer de ce que les travaux étaient exécutés dans le res ect du contrat de artenariat, des réglementations et des normes, ce qui ne relève as du suivi administratif du contrat. De même, il ressort des écritures de la requérante que seule 30 % de la mission du
« DGA SIC » était dédiée au suivi des modifications, lesquelles ne sont dès lors as à l’origine du maintien de ce oste. Enfin, il ressort du réambule de l’avenant au contrat de restation de services conclu avec la société Bouygues E&S S V Management, conclu le 7 mai 2020, qu’il vise à facturer un com lément de restations dans le cadre du refinancement du rojet, résultant d’un avenant au contrat de artenariat du 13 octobre 2016, et qu’il n’est ainsi as lié à des modifications intervenues entre 2017 et 2021.

6. Il résulte de ce qui récède que la société O ale Défense n’est as fondée à soutenir que c’est à tort que, ar le jugement attaqué, le tribunal administratif de aris a rejeté le sur lus de sa demande de condamnation de l’Etat. ar voie de conséquence, ses conclusions résentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.



D É C I D E :



Article 1er : La requête de la société O ale Défense est rejetée.

Article 2 : Le résent arrêt sera notifié à la société O ale Défense et au remier ministre.


Délibéré a rès l’audience du 26 se tembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Doumergue, résidente de chambre,
Mme Bruston, résidente-assesseure,
Mme Saint-Macary, remière conseillère.


Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe le 10 octobre 2025.


La ra orteure,
M. SAINT-MACARY
La résidente,
M. DOUMERGUE





La greffière,
E. FERNANDO


La Ré ublique mande et ordonne au remier ministre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les arties rivées, de ourvoir à l'exécution de la résente décision.




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