LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA02917

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA02917

jeudi 17 juillet 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA02917
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantCABINET WILLKIE FARR & GALLAGHER LLP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société Autoroutes du Sud de la France a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser la somme de 37 883 240 euros en réparation des préjudices subis en raison du mouvement dit des " gilets jaunes " en 2018 et 2019, assortie des intérêts au taux légal.

Par un jugement n° 2005331 du 30 avril 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 juillet 2024 et 6 mai 2025, la société Autoroutes du Sud de la France (ASF), représentée par Me Laloum, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Paris ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 37 883 240 euros, assortie des intérêts moratoires à compter du 5 novembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué est irrégulier en ce que le tribunal a jugé à tort comme irrecevables les conclusions présentées à titre subsidiaire et s'est à tort regardé comme incompétent pour en connaître, en ce que la demande de régularisation que lui a adressée le tribunal était mal fondée, et en ce que le jugement ne vise pas sa réponse à la demande de régularisation et la seconde demande régularisation qui lui a été adressée ;

- le mouvement des " gilets jaunes " est à l'origine de dommages matériels liés aux dégradations commises et de pertes de recettes ;

- la responsabilité de l'Etat est engagée sur un fondement contractuel au titre du fait du prince, du fait de l'abstention des forces de l'ordre à intervenir et des arrêtés temporaires de fermeture de tronçons autoroutiers, quelle que soit l'ampleur du préjudice subi ;

- la responsabilité de l'Etat est également engagée sur le fondement de l'article

L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2025, le ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- n'étant mis en cause qu'en sa qualité d'autorité contractante, sa responsabilité sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure ne peut être recherchée ;

- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la Cour ne peut être saisie de conclusions d'appel relatives à la responsabilité du fait des attroupements et rassemblements, laquelle ne peut être regardée comme ayant été jugée, même implicitement, par le tribunal administratif de Paris, eu égard aux jugements de transmission n° 2329255, 2329259, 2329261, 2329268, 2329270, 2329272, 2329273, 2329276, 2329277, 2329282, 2329289, 2329292, 2329296, 2329298, 2329299, 2329308, 2329323, 2329326, 2329327, 2329388, 2329389, 2329390, 2329394, 2329404, 2329416, 2329419, 2329420 et 2329422.

Vu :

- les requêtes de la société ASF enregistrées au greffe du tribunal administratif de Paris sous les n° 2329255, 2329259, 2329261, 2329268, 2329270, 2329272, 2329273, 2329276, 2329277, 2329282, 2329289, 2329292, 2329296, 2329298, 2329299, 2329308, 2329323, 2329326, 2329327, 2329388, 2329389, 2329390, 2329394, 2329404, 2329416, 2329419, 2329420 et 2329422 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Saint-Macary,

- les conclusions de Mme Breillon, rapporteure publique,

- et les observations de Me Chanel, représentant la société des Autoroutes du Sud de la France.

Considérant ce qui suit :

1. La société des Autoroutes du Sud de la France (ASF) est concessionnaire de l'Etat pour la construction, l'entretien et l'exploitation d'un réseau d'autoroutes de 2 724 kilomètres environ. Elle a présenté le 5 novembre 2019 une demande indemnitaire préalable au ministre chargé des transports aux fins d'obtenir réparation des dommages qu'elle prétend avoir subis, entre 2018 et 2019, en raison du mouvement social dit des " gilets jaunes ". Elle relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande de condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 37 883 240 euros.

Sur le cadre du litige :

2. Il ressort des pièces du dossier de première instance que, postérieurement à l'introduction de sa demande devant le tribunal, tendant à la condamnation de l'Etat sur plusieurs fondements de responsabilité, la société ASF a introduit des demandes, enregistrées sous les n° 2329255, 2329259, 2329261, 2329268, 2329270, 2329272, 2329273, 2329276, 2329277, 2329282, 2329289, 2329292, 2329296, 2329298, 2329299, 2329308, 2329323, 2329326, 2329327, 2329388, 2329389, 2329390, 2329394, 2329404, 2329416, 2329419, 2329420 et 2329422, tendant à l'indemnisation du même préjudice sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure. Ces demandes ont été transmises par le tribunal administratif de Paris aux tribunaux administratifs territorialement compétents pour connaître des conclusions de la société présentées sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure. Ainsi que le précisent les points 2 et 3 du jugement attaqué, le tribunal a ainsi considéré qu'il n'était plus saisi que de conclusions fondées sur la responsabilité contractuelle de l'Etat. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme ayant rejeté, même implicitement, les conclusions de la société requérante présentées sur le fondement de la responsabilité sans faute de l'Etat. Il résulte de ce qui précède que la société ASF ne peut demander, pour la première fois en appel, à être indemnisée sur le fondement de l'article

L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, il est constant que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris n'a pas rejeté la demande de la société ASF au motif qu'il n'aurait pas été compétent territorialement pour en connaître ni n'a retenu l'irrecevabilité de certains des fondements de responsabilité invoqués devant lui. Par ailleurs, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, il n'a pas entaché son jugement d'irrégularité en n'examinant pas la demande de la société ASF sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure. Par suite, les moyens tirés de ce qu'il aurait à tort rejeté des conclusions ou des fondements de responsabilité en raison de son incompétence territoriale ou de leur irrecevabilité ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

4. En deuxième lieu, la circonstance qu'une mise en demeure de régulariser sa demande aurait été adressée irrégulièrement à la société ASF par le tribunal serait en tout état de cause sans incidence sur la régularité du jugement attaqué, qui ne tire aucune conséquence de cette demande de régularisation.

5. En dernier lieu, à supposer que la société ASF ait entendu invoquer, par une note de bas de page, le caractère insuffisamment motivé du jugement attaqué, les demandes de régularisation ne font pas partie des mentions que le jugement doit comporter à peine d'irrégularité en vertu de l'article R. 741-2 du code de justice administrative, et ne constituent pas un motif du jugement attaqué. Par ailleurs, ce jugement mentionne les requêtes présentées par l'intéressée à la suite de cette demande de régularisation. Par suite, le jugement attaqué est suffisamment motivé.

Sur la responsabilité contractuelle de l'Etat :

6. A supposer même que l'abstention des forces de l'ordre à intervenir pour mettre fin à l'entrave au paiement des péages, par des " gilets jaunes ", et les arrêtés de fermeture temporaire de tronçons d'autoroute présentent un caractère imprévisible, ils ne seraient de nature à engager la responsabilité de l'Etat qu'à la condition qu'ils aient eu pour effet de modifier l'équilibre économique du contrat de concession conclu avec la société ASF. A cet égard, il ressort des rapports de l'autorité de régulation des transports au titre des exercices de 2018 et 2019 que les recettes au péage de la société ASF ont été de 3 095 millions d'euros en 2018 et 3 252 millions en 2019 contre 3 053 millions d'euros en 2017, et le résultat net de la société de 1,1 milliards d'euros en 2018 et de 1,3 milliards d'euros en 2019 contre 860 millions d'euros en 2017. Par ailleurs, la société ASF ne justifie pas de ce que les éventuelles dépenses et pertes de recettes qu'elle a subies auraient eu pour effet de modifier l'équilibre économique de sa concession, pris sur l'ensemble de sa durée. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les troubles causés par les agissements de " gilets jaunes " et que les arrêtés de fermeture auxquels elle a été confrontée aient présenté un caractère autre que ponctuel et aient ainsi remis en cause la poursuite de l'exploitation de sa concession. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que les perturbations liées aux agissements en cause aient eu une incidence significative sur l'équilibre économique du contrat de concession, de nature à ouvrir un droit à indemnité à la société ASF.

7. Il résulte de ce qui précède que la société ASF n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande de condamnation de l'Etat. Ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également, par voie de conséquence, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société ASF est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société Autoroutes du Sud de la France et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.

Copie en sera transmise aux tribunaux administratifs de Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Limoges, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nîmes, Pau, Poitiers et Toulouse.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Doumergue, présidente de chambre,

Mme Bruston, présidente-assesseure,

Mme Saint-Macary, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2025.

La rapporteure,

M. SAINT-MACARY

La présidente,

M. DOUMERGUE

La greffière,

E. FERNANDO

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions