mercredi 8 octobre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA03175 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TERRIEN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L’association Comité scientifique et technique des industries climatiques (COSTIC) a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui ont été notifiés au titre de la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016, pour un montant total de 54 138 euros.
Par un jugement n° 2118474/1-2 du 19 mars 2024, le tribunal administratif de Paris lui a accordé la décharge totale des rappels de TVA en litige.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande à la cour :
1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Paris du 19 mars 2024 en tant qu’il a accordé à l’association COSTIC la décharge des rappels de TVA relatifs à la subvention accordée par l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) ;
2°) de remettre à la charge de l’association les rappels de TVA dont la décharge a été accordée, à hauteur de 10 516 euros.
Il soutient que la subvention accordée à l’association par l’ADEME en 2015 est soumise à la TVA, dès lors qu’elle a été versée en contrepartie de services individualisés fournis pour l’avantage direct de cette agence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2024, l’association COSTIC, représentée par Me Terrien, conclut au rejet de l’appel du ministre et à la condamnation de l’Etat à lui verser une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 mars 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 14 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bories,
- et les conclusions de M. Perroy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L’association Comité scientifique et technique des industries climatiques (COSTIC) a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l’issue de laquelle le service vérificateur, par des propositions de rectification des 4 décembre 2017 et 13 avril 2018 a procédé, notamment, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. A la suite des observations du contribuable, le service a partiellement confirmé les rappels par lettre modèle n° 3926 du 3 septembre 2018. Les rappels proposés ont fait l’objet d’un abandon partiel ultérieur par le supérieur hiérarchique du vérificateur et par l’interlocuteur départemental. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) maintenus ont été mis en recouvrement par avis des 31 décembre 2018 et 15 avril 2019. Par une réclamation du 28 décembre 2020, l’association COSTIC a contesté les rappels de TVA auxquels elle a été assujettie au titre des prestations de formation professionnelle délivrées à l'Institut National de Sciences Appliquées (INSA) de Strasbourg, d’une part, et sur la somme versée par l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), d’autre part. Cette réclamation a fait l’objet d'une décision de rejet du 2 juillet 2021. Par un jugement du 19 mars 2024, le tribunal administratif de Paris a accordé à l’association la décharge de ces rappels de TVA. Le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique relève appel du jugement du 19 mars 2024 en tant qu’il a déchargé l’association des rappels de TVA relatifs à la somme versée par l’ADEME.
2. Aux termes du I de l’article 256 du code général des impôts : « Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. ». L’article 266 du même code dispose : « 1. La base d'imposition est constituée : / a) Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations ; (…) ». En application de ces dispositions, sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les sommes dont le versement est en lien direct avec des prestations individualisées en rapport avec le niveau des avantages procurés aux personnes qui les versent.
3. Il résulte de l’instruction, d’une part, que par une convention de financement du 26 octobre 2010, reconduite par un avenant du 3 décembre 2013, l’ADEME a confié à l’association COSTIC et à la société ALPHEEIS des missions d’accompagnement du programme PACTE Eau chaude sanitaire, lequel avait pour objet de lancer un appel à projets pour susciter des solutions d’équipements d’eau chaude sanitaire pour les logements collectifs et individuels. Les prestations confiées à l’association et à la société dans le cadre de cette convention, définies à son annexe technique, sont déclinées en cinq volets : constituer une base de données de références sur les consommations d’eau chaude sanitaire à mettre à la disposition des équipes lauréates pour la réalisation de leurs travaux ; dresser un état de l’art sur les technologies, les marchés, les acteurs, les programmes et les mesures incitatives susceptibles d’influencer les développements industriels et d'équipements destinés à la production d’eau chaude sanitaire ; établir un référentiel afin d’assurer une cohérence méthodologique des travaux des différentes équipes ; organiser des rencontres des équipes lauréates ; assurer la communication des principaux résultats et enseignements du Pacte ECS. Chacun de ces volets comporte une prestation « livrable » à l’ADEME, tels que la remise d’un rapport d’étude, d’un état de l’art, d’un référentiel, d’une synthèse des journées d’échange, d’un bulletin semestriel, d’un rapport de synthèse, et d’articles. L’annexe technique précise également la répartition des tâches entre l’association COSTIC et de la société ALPHEEIS, et fixe des échéances pour chaque volet du programme de travail et pour la remise des livrables.
4. D’autre part, l’annexe financière à cette convention précise le coût total de l’opération pour l’association et pour la société ainsi que le détail des dépenses éligibles à l’aide financière qui fait l’objet de la convention, évalué en fonction du nombre de jours prévus pour chaque tâche identifiée dans le programme de travail et du coût journalier des personnels mobilisées. Cette annexe stipule enfin que l’aide sera versée par tranche, au fur et à mesure de la présentation d’un état récapitulatif attestant de l’exécution des dépenses éligibles, dont le modèle est fourni.
5. Il ressort de cette convention et de ses annexes que la subvention reçue par l’association COSTIC a été versée par l’ADEME en contrepartie de prestations de services individualisées, qui ont un lien direct avec les avantages retirés par l’agence pour la conduite d’un appel à projet dont elle avait la responsabilité, et que le versement de cette subvention était subordonné à la réalisation, par l’association, des prestations qu’elle s’était engagée à fournir. Par suite, les subventions reçues doivent être regardées comme entrant dans le champ d’application de la taxe sur la valeur ajoutée, tel que défini par les dispositions précitées du code général des impôts.
6. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique est fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a déchargé l’association COSTIC des sommes relatives aux rappels de TVA mis à sa charge au titre de la subvention versée par l’ADEME. Il y a lieu, en conséquence, d’annuler le jugement dans cette mesure et de remettre ces impositions à la charge de l’association. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions de l’association COSTIC sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE:
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Paris du 19 mars 2024 est annulé en tant qu’il a déchargé l’association COSTIC des rappels de TVA mis à sa charge au titre de la subvention versée par l’ADEME.
Article 2 : Les rappels de TVA relatifs à la subvention versée par l’ADEME sont remis à la charge de l’association COSTIC.
Article 3 : Les conclusions présentées par l’association COSTIC sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à l’association COSTIC et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et énergétique.
Délibéré après l’audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente de chambre,
Mme Bories, présidente assesseure,
M. Segretain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2025.
La rapporteure,
C. BORIES
La présidente,
S. VIDAL
Le greffier,
C. MONGIS
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et énergétique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026