LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA03299

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA03299

jeudi 12 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA03299
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCHAREYRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée Immobilier Partners a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015.
Par un jugement n° 2111687 du 5 juin 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 juillet 2024, le 31 mars 2025 et le 22 septembre 2025, la société Immobilier Partners, représentée par Me Chareyre, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge des impositions contestées ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les remboursements de compte courant en litige ne constituent pas un acte anormal de gestion ;
- ils sont conformes à la décision de l’assemblée générale du 30 juin 2015 ;
- les conditions étaient remplies s’agissant de l’année 2015 et justifient seulement une rectification à hauteur de 2 000 euros pour l’année 2014 ;
- le dégrèvement dont a bénéficié son associé au titre de revenus réputés distribués atteste de l’absence d’acte anormal de gestion.


Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 novembre 2024 et le 30 mai 2025 le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société Immobilier Partners ne sont pas fondés.

La clôture de l’instruction a été fixée au 10 octobre 2025 par une ordonnance du 24 septembre 2025.

Une note en délibéré présentée par la société requérante a été enregistrée le 20 février 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Lellig, rapporteure ;
- les conclusions de Mme de Phily, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Chareyre pour société Immobilier Partners.

Considérant ce qui suit :

1. La société Immobilier Partners, qui exerce une activité de marchand et de location de biens immobiliers, a fait l’objet d’une vérification de comptabilité au terme de laquelle des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014 et 2015 notamment lui ont été notifiées. L’administration a remis en cause la déduction, à titre de charge exceptionnelle, de l’inscription au crédit du compte courant d’associé de M. A... des sommes de 70 000 et de 40 000 euros respectivement au titre de 2014 et de 2015, correspondant à des abandons de créances de ce dernier, sous réserve de clauses de retour à meilleure fortune. La société requérante relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à la décharge des impositions supplémentaires d’impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014 et 2015 à raison de la remise en cause de la déduction de ces charges exceptionnelles.

2. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l’entreprise, à l’exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l’acte par lequel une entreprise décide de s’appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. Il appartient, en règle générale, à l’administration, qui n’a pas à se prononcer sur l’opportunité des choix de gestion opérés par une entreprise, d’établir les faits sur lesquels elle se fonde pour invoquer ce caractère anormal.

3. En l’espèce, il résulte de l’instruction, et n’est d’ailleurs pas contesté, que les conditions initiales prévues par les conventions d’abandon de créances conclues en 2007, 2012 et 2013, à savoir « lorsque le résultat net avant impôt sera supérieur à 50 000 euros » ou « lorsque la situation nette de la société sera supérieure ou égale au capital social », n’étaient pas remplies lors de l’inscription des sommes en litige au crédit du compte courant d’associé de M. A..., au cours des exercices clos en 2014 et en 2015. La société requérante se prévaut toutefois d’un assouplissement de cette clause de retour à meilleure fortune, par un procès-verbal d’assemblée générale extraordinaire du 30 juin 2015, prévoyant « la reconstitution des capitaux propres à une hauteur au moins égale à la moitié du capital social et après prise en compte de la charge pouvant résulter des versements effectués au titre de la présente clause de retour à meilleure fortune ». Pour justifier l’assouplissement de cette clause, qui conduit à un appauvrissement de la société malgré l’absence d’impact sur la trésorerie dès lors qu’une nouvelle créance est inscrite à son passif, cette dernière ne fait valoir aucune contrepartie ni aucun élément précis, notamment relatif à l’évolution de ses résultats, permettant de considérer qu’elle aurait agi dans son intérêt. C’est par suite à bon droit que l’administration a considéré cette nouvelle clause comme étrangère à une gestion normale et a refusé d’admettre en déduction les charges exceptionnelles comptabilisées sur son fondement, sans qu’il soit besoin d’examiner l’argumentation développée par la société relativement aux conditions d’application de cette nouvelle clause de retour à meilleure fortune dont elle n’est dès lors pas fondée à se prévaloir.

4. Par ailleurs, le dégrèvement dont a bénéficié M. A... au titre de son imposition personnelle, dans la mesure où il était établi qu’il avait préalablement prêté les sommes en cause à la société justifiant leur inscription au crédit du compte courant d’associé ouvert à son nom est sans incidence sur l’appréciation de l’existence d’un acte anormal de gestion par la société qui a décidé de s’appauvrir à des fins étrangères à son intérêt, ainsi qu’il a été exposé au point précédent.

5. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que la société Immobilier Partners n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté de sa demande. Il s’ensuit que ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.




DÉCIDE :



Article 1er : La requête de la société Immobilier Partners est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société Immobilier Partners et au ministre de l’action et des comptes publics.

Copie en sera adressée à la direction nationale des vérifications de situations fiscales (division du contentieux).


Délibéré après l’audience du 19 février 2026, à laquelle siégeaient :

- M. Barthez, président de chambre,
- Mme Milon, présidente assesseure,
- Mme Lellig, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 mars 2026.


La rapporteure,
W. LELLIGLe président,
A. BARTHEZ
La greffière,
E. MOUCHON
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Décisions similaires

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux
← Retour aux décisions

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00231

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le jugement du tribunal administratif de Melun lui ayant refusé une indemnité de 50 000 euros pour des frais de mission FRONTEX et lui ayant infligé une amende pour recours abusif. La cour a constaté que la requête d’appel, qui n’était pas dispensée de ministère d’avocat, avait été présentée sans ce ministère et n’avait pas été régularisée malgré les mentions claires de la notification du jugement. En application des articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, l’irrecevabilité manifeste a été retenue, entraînant le rejet de l’appel.

01/07/2026