LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA03432

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA03432

vendredi 13 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA03432
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Les sociétés Allianz Iard et Bank of China ont demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l’Etat à verser à la société Allianz Iard la somme de 22 149,78 euros au titre des dommages subis par son assurée, la société Bank of China, et à verser à cette dernière la somme de 750 euros au titre de la franchise restée à sa charge.

Par un jugement n° 2225743 du 28 mai 2024, le tribunal administratif de Paris a fait droit à la demande de la société Allianz Iard à hauteur de 21 127,89 euros et a rejeté le surplus de sa demande ainsi que celle de la société Bank of China.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, le préfet de police demande à la Cour d’annuler les articles 1 et 3 du jugement du tribunal administratif de Paris et de rejeter la demande des sociétés Allianz Iard et Bank of China.

Il soutient que les dégradations occasionnées à l’agence de la société Bank of China résultent de violences commises par un groupe constitué et organisé à seule fin de les commettre.


La société Allianz Iard a été mise en cause et n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Saint-Macary,
- et les conclusions de Mme Lipsos, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

1. La société Bank of China exploite une agence bancaire située 11 place d’Italie à Paris (XIIIème), qui a subi des dégradations le 16 novembre 2018, journée de manifestation des « gilets jaunes ». Elle a été indemnisée, à ce titre, par son assureur, la société Allianz Iard, d’une somme de 20 709,78 euros. Le préfet de police relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Paris a condamné l’Etat à verser à la société Allianz Iard la somme de 19 687,89 euros au titre des sommes versées à la société Bank of China et la somme de 1 440 euros au titre des frais d’expertise.

2. En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : « L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens (…) ».

3. Il résulte de l’instruction qu’une manifestation de « gilets jaunes » a eu lieu le 16 novembre 2018 à Paris, et a donné lieu à de nombreux débordements, en particulier place d’Italie. Selon la plainte déposée le 18 novembre 2018 par le chef de l’agence de la Bank of China située 11, place d’Italie, le jour de la manifestation, entre 12 heures et 15 heures, plusieurs vitres de cette agence auraient été cassées, les planches de protection ainsi que le système d’attache supportant le distributeur automatique de billets et des vitres adjacentes arrachés et brisés, l’écran de ce distributeur et une caméra de surveillance détruits. S’il résulte de l’instruction que des inscriptions en français, en anglais et en chinois, relatives à la liberté à Hong-Kong, ont été taguées sur les façades de l’agence, et qu’un message identique avait été tagué le mercredi précédent en chinois, il ne résulte pas de l’instruction que les auteurs de ces tags seraient également les auteurs des détériorations. En outre, il ressort notamment du procès-verbal d’ambiance que si un cortège devait s’élancer à compter de 14h30 de la place d’Italie, un rassemblement de « gilets jaunes » était attendu dès 10h du matin et qu’ainsi, la circonstance que de nombreuses dégradations ont été commises avant même le départ du cortège, conduisant les services de police à ne plus autoriser la manifestation à 13h15, n’est pas de nature à exclure leur rattachement à la manifestation. Le procès-verbal d’ambiance fait d’ailleurs état de la présence de nombreux manifestants place d’Italie ou dans les voies de circulation adjacentes dans la plage horaire au cours desquelles les dégradations en litige ont eu lieu, à 13h05 boulevard Auguste Blanqui, à 13h13 avenue des Gobelins, à 13h30, boulevard Vincent Auriol, à 13h54 rue Bobillot ou à 14h15 boulevard de l’Hôpital. Enfin, la circonstance que les photographies et la vidéo encore accessible produites par le préfet montrent des personnes vêtues de noir s’en prendre à une banque, un commerce et une statue situés dans un périmètre de 200 mètres de l’agence Bank of China ne permet pas, en l’espèce, d’imputer la dégradation de l’agence en cause à un groupe constitué et organisé à cette seule fin, compte tenu de l’imbrication du rassemblement de « gilets jaunes » et des casseurs. Ainsi, compte tenu de leur concomitance géographique et temporelle avec un rassemblement de « gilets jaunes », ces dégradations doivent être regardées comme ayant été causées dans le cadre de celui-ci ou dans son prolongement immédiat.

4. En second lieu, il ne résulte pas de l’instruction que les sommes de 19 687,89 euros et de 1 440 euros auxquelles a été condamné l’Etat au titre, respectivement, des sommes versées à la société Bank of China et des frais d’expertise, qui ne sont d’ailleurs pas contestées par le préfet, ne seraient pas justifiées.

5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de police n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a fait droit à la demande de la société Allianz Iard à hauteur de 21 127,89 euros.



D É C I D E :

Article 1er : La requête du préfet de police est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société Allianz Iard et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.


Délibéré après l’audience du 20 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Doumergue, présidente de chambre,
Mme Bruston, présidente assesseure,
Mme Saint-Macary, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2026.


La rapporteure,
M. SAINT-MACARY


La présidente,
M. DOUMERGUE









Le greffier,
C. MONGIS



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



Décisions similaires

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00231

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le jugement du tribunal administratif de Melun lui ayant refusé une indemnité de 50 000 euros pour des frais de mission FRONTEX et lui ayant infligé une amende pour recours abusif. La cour a constaté que la requête d’appel, qui n’était pas dispensée de ministère d’avocat, avait été présentée sans ce ministère et n’avait pas été régularisée malgré les mentions claires de la notification du jugement. En application des articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, l’irrecevabilité manifeste a été retenue, entraînant le rejet de l’appel.

01/07/2026

← Retour aux décisions