vendredi 19 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA04461 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : M. B A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 27 mars 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par un jugement n° 2410863 en date du 4 octobre 2024, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision du 27 mars 2024 fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. A et rejeté le surplus de la requête.
Procédure devant la Cour : Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, le préfet de police demande à la Cour : 1°) d'annuler l'article 1er du jugement n° 2410863 du 4 octobre 2024 par lequel le tribunal administratif de Paris a fait droit à la demande de M. A en annulant la décision du 27 mars 2024 fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. A par le préfet de police ; 2°) de rejeter les conclusions présentées par M. A devant le tribunal administratif de Paris, dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi. Il soutient que : - la délégation de signature relative aux obligations de quitter le territoire, implique nécessairement délégation à effet de signer les décisions de destination de l'obligation de quitter le territoire ; - l'absence, sur l'arrêté de délégation, de mention à effet de signer également les décisions fixant le pays de renvoi ne peut, en l'espèce, par elle-même et à elle seule, suffire à établir l'incompétence de Mme C ; - aucun des moyens soulevés par M. A en première instance à l'encontre de la décision fixant le pays de destination n'est fondé. La requête a été transmise à M. A qui n'a produit aucune observation. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de Mme Boizot a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. M. A, ressortissant gambien né le 18 février 1990, est entré en France le 21 juin 2017 selon ses déclarations. Le 22 novembre 2022, il a déposé en préfecture une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 27 mars 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par un jugement n° 2410863 en date du 4 octobre 2024 dont le préfet de police interjette régulièrement appel, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision du 27 mars 2024 fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et rejeté le surplus des conclusions de la demande. Sur le moyen d'annulation retenu par les premiers juges : 2. Le tribunal administratif de Paris a considéré qu'il ne ressortait ni des pièces du dossier ni de l'arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024 que Mme C, signataire de l'arrêté attaqué, aurait reçu délégation du préfet de police pour signer les décisions fixant le pays de destination des mesures d'éloignement et qu'en conséquence elle n'était pas compétente pour signer la décision fixant le pays de destination. 3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 27 mars 2024 fixant le pays de destination a été signée par Mme C, titulaire d'une délégation de signature du préfet de police par arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de police de Paris n° 75-2024-167, par lequel le préfet de police de Paris a délégué sa signature à Mme C pour signer les décisions de refus de séjour et les obligations à quitter le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E, cheffe de la division de l'admission exceptionnelle au séjour et de l'actualisation des situations administratives et de voyage, et de Mme D, directement placée sous son autorité. Cette délégation implique nécessairement délégation à l'effet de signer les décisions fixant le pays de destination de la reconduite de l'intéressé. Il suit de là que la décision du 27 mars 2024 fixant le pays de renvoi a été signée par une autorité compétente. Par suite, le préfet de police est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal s'est fondé sur ce motif pour annuler l'arrêté en litige. 4. Il appartient toutefois à cette Cour, saisi par l'effet dévolutif de l'appel d'examiner les autres moyens invoqués par M. A à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi. Sur les autres moyens invoqués par M. A à l'encontre de la décision du 27 mars 204 fixant le pays de renvoi : 5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". 6. Le requérant, originaire de la Gambie, doit être regardé comme faisant valoir qu'il a construit sa cellule familiale en France dès lors que son fils et sa fille y sont nés respectivement les 16 août 2017 et 6 mars 2024. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant est entré en France selon ses déclarations en 2017 et qu'il n'apporte pas d'éléments quant à son intégration sociale ou professionnelle. Il ressort en outre de la feuille de salle remplie par l'intéressé, le 22 novembre 2022, que sa mère et son frère résident dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 27 ans. Par ailleurs, il ne démontre pas que la mère de ses enfants, qui est originaire du même pays, serait en situation régulière en France. Dès lors, rien ne s'oppose à ce que le couple, accompagné de leurs enfants, regagne leur pays d'origine. Par suite, le préfet de police n'a pas porté une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée et familiale de la requérante. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut ainsi qu'être écarté. 7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 mars 2024 fixant le pays de destination. 8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le préfet de police est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 27 mars 2024 et à demander en conséquence l'annulation de l'article 1er de ce jugement. D E C I D E : Article 1er : L'article 1er du jugement n° 2410863 du 4 octobre 2024 du tribunal administratif de Paris est annulé. Article 2 : Les conclusions de la demande présentée par M. A devant le tribunal administratif de Paris sont rejetées. Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et à M. B A.Copie en sera adressée au préfet de police.Délibéré après l'audience du 5 septembre 2025, à laquelle siégeaient :- M. Carrère, président,- M. Lemaire, président assesseur, - Mme Boizot, première conseillère.Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour, le 19 septembre 2025. La rapporteure,S. BOIZOTLe président,S. CARRERELa greffière,C. DABERTLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.N° 24PA04461
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026