jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA04469 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET JEAUSSERAND AUDOUARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société Réseau optique de France, anciennement dénommée Free Infrastructure, a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant de 50 587 euros, correspondant à la contribution tarifaire d'acheminement qu'elle aurait indûment supportée au titre de l'année 2021, assortie des intérêts moratoires.
Par une ordonnance n° 2308388 du 26 septembre 2024, la vice-présidente de la 1ère section du tribunal administratif de Paris lui a donné acte du désistement d'office de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, la société Réseau optique de France, représentée par Me Espasa-Mattei, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant de 50 587 euros, correspondant à la contribution tarifaire d'acheminement qu'elle aurait indûment supportée au titre de l'année 2021, assortie des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal administratif a fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative dès lors que, d'une part, elle a exprimé dans le délai imparti sa volonté de maintenir ses conclusions qui concernent un contentieux de série introduit par le même cabinet d'avocats et, d'autre part, aucun élément ne permettait de s'interroger sur l'intérêt que la requête conservait pour elle alors qu'on attendait la position du Conseil d'Etat sur la question de droit posée par ce contentieux de série ;
- la contribution tarifaire d'acheminement constitue une imposition indirecte frappant la consommation d'électricité au sens de la directive 2008/118/CE du Conseil, du 16 décembre 2008, relative au régime général d'accise et abrogeant la directive 92/12/CEE ;
- elle ne respecte pas les règles de taxation posées par l'article 1er, paragraphe 2, de cette directive, en ce qu'elle ne remplit pas la condition tenant à la poursuite d'une finalité spécifique ;
- une taxe perçue sur une activité nécessaire en relation avec un produit, telle qu'en l'espèce, des services de réseaux, conduit à taxer le produit lui-même ;
- la responsabilité de l'Etat est engagée du fait de l'absence de respect de cette directive ;
- le préjudice qu'elle a subi correspond à la contribution tarifaire d'acheminement indûment supportée, pour un montant de 50 587 euros au titre de l'année 2021 ;
- elle a droit aux intérêts moratoires sur cette somme.
Par un mémoire, enregistré le 16 janvier 2025, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Réseau optique de France ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Barthez,
- les conclusions de Mme de Phily, rapporteure publique,
- et les observations de Me Renaudin substituant Me Espasa-Mattei, représentant la société Réseau optique de France.
Considérant ce qui suit :
1. La société Réseau optique de France a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant de 50 587 euros, correspondant à la contribution tarifaire d'acheminement qu'elle aurait indûment supportée au titre de l'année 2021, assortie des intérêts moratoires. Par la présente requête, elle fait appel de l'ordonnance du 26 septembre 2024 par laquelle le tribunal administratif de Paris lui a donné acte du désistement d'office de sa demande.
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 612-5-1 du même code : " Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction, peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions ".
3. A l'occasion de la contestation de l'ordonnance donnant acte d'un désistement par application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, en l'absence de réponse du requérant à la demande de confirmation de ses conclusions, il incombe au juge d'appel, saisi de moyens en ce sens, non seulement de vérifier le respect des garanties procédurales prévues par cette disposition mais également d'apprécier si le premier juge en a fait une juste application au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de l'objet du litige ainsi que de son évolution au cours de la procédure, de la chronologie de l'instruction menée devant le tribunal et de la teneur des écritures échangées, des conditions de réception de la demande de confirmation du maintien des conclusions et, le cas échéant, des motifs ayant empêché que cette demande reçoive une réponse dans le délai fixé.
4. Pour donner acte du désistement d'office de la société Réseau optique de France, le tribunal administratif s'est fondé sur la circonstance que la société a été invitée, par courrier du 19 mars 2024, mis à sa disposition sur l'application Télérecours et dont il a été accusé réception le même jour, à confirmer le maintien de ses conclusions, qu'elle a été informée par le même courrier de ce que, à défaut de confirmation dans le délai d'un mois imparti, elle serait réputée s'être désistée de l'ensemble de ses conclusions et qu'elle n'a pas répondu à cette demande dans le délai qui lui était ainsi imparti.
5. La requête de la société Réseau optique de France, introduite devant le tribunal administratif de Paris un an avant la date de la demande de maintien, tendait à ce que l'Etat soit condamné à lui verser une indemnité correspondant à la contribution tarifaire d'acheminement qu'elle aurait supportée à tort. L'administration fiscale n'avait pas produit de mémoire en cours d'instance avant l'intervention de la demande de maintien de requête. En outre, la requête de la société Réseau optique de France n'avait donné lieu au versement d'aucune somme en cours d'instance. Enfin, il résulte de l'instruction qu'elle faisait partie d'une série contentieuse dans laquelle plusieurs sociétés, représentées par le même cabinet d'avocats, demandaient à la juridiction administrative de condamner pour faute l'Etat à leur verser une indemnité correspondant à la contribution tarifaire d'acheminement et attendaient les décisions du Conseil d'Etat saisi de pourvois à la suite d'arrêts de la cour administrative d'appel de Paris portant sur cette question de droit. Ainsi, dans ces conditions, rien ne permettait de s'interroger sur l'intérêt que conservait la demande pour la société requérante. Il s'ensuit qu'il n'a pas été fait une juste application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. Par suite, la société Réseau optique de France est fondée à soutenir que cette ordonnance a été prise selon une procédure irrégulière et à en demander l'annulation.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif de Paris pour qu'il statue à nouveau sur la demande de la société Réseau optique de France.
Sur les frais du litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser à la société requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'ordonnance n° 2308388 du 26 septembre 2024 est annulée.
Article 2 : La société Réseau optique de France est renvoyée devant le tribunal administratif de Paris pour qu'il soit statué sur sa demande.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Réseau optique de France est rejeté.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Réseau optique de France et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Barthez, président,
- Mme Milon, présidente assesseure,
- M. Dubois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 février 2025.
Le président-rapporteur,
A. BARTHEZL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
A. MILON
La greffière,
E. VERGNOL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026