LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA00399

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA00399

jeudi 5 février 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA00399
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation du préjudice moral d’anxiété résultant de son exposition, dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, à des agents chimiques dangereux et à des produits cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction.

Par un jugement n° 2205251 du 28 novembre 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 janvier et 5 novembre 2025, M. B... A..., représenté par la SELARL Teissonière, Topaloff, Lafforgue, Andrieu et Associés demande à la Cour :
1°) d’annuler le jugement n° 2205251 du 28 novembre 2024 du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) de condamner l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation de son préjudice moral, assortie des intérêts à la date de la première demande d’indemnisation et de la capitalisation de ces intérêts à compter de la première année où ils sont dus ;

3°) d’enjoindre à l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris de lui communiquer ses attestations d’exposition et son dossier individuel des expositions actualisé ;

4°) de mettre à la charge de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris le versement d’une somme de 2 000 euros, au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, qui n’a pas pris les mesures de protection suffisantes dans le cadre de ses fonctions et n’a pas assuré le suivi de ses expositions aux produits dangereux, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- le préjudice moral lié à l’anxiété est établi ;
- son préjudice est directement lié aux carences fautives de l’administration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2025 et un mémoire complémentaire, enregistré le 27 octobre 2025, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, représentée par Me Lacroix, de la SELARL Minier, Maugendre & Associées conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 800 euros soit mise à la charge du requérant, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la demande de première instance était irrecevable dès lors que l’action du requérant est prescrite, le tribunal ayant omis d’examiner la fin de non-recevoir qu’elle avait soulevée. En outre, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par lettre du 9 janvier 2026, les parties ont été informées de ce que, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, la Cour était susceptible de relever d’office le moyen d’ordre public tiré de l’irrecevabilité des conclusions présentées par M. A... tendant à ce qu’il soit enjoint à l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris de lui communiquer ses attestations d’exposition et un dossier individuel des expositions actualisé, dès lors que ces conclusions, qui n’ont pas été soumises aux premiers juges, sont nouvelles en appel.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l’Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Irène Jasmin-Sverdlin,
- les conclusions de M. Jean-François Gobeill, rapporteur public,
- les observations de Me Bernard, représentant M. A...,
- et les observations de Me Neven substituant Me Lacroix, représentant l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... A... a exercé des fonctions de technicien de laboratoire à l’hôpital Avicenne du 1er mars au 31 mai 2005, puis à l’hôpital Jean Verdier depuis le 6 juin 2005. Par une lettre du 26 juillet 2021, M. A... a demandé à l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris de l’indemniser d’une somme de 30 000 euros, au titre de son préjudice moral d’anxiété et des troubles dans ses conditions d’existence. En l’absence de réponse, M. A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation du préjudice moral d’anxiété résultant de son exposition, dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, à des agents chimiques dangereux et à des produits cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction. Le requérant relève appel du jugement n° 2205251 du 28 novembre 2024 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la recevabilité de la demande de première instance :

2. Aux termes du premier alinéa de l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : « Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n’ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l’année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ». Aux termes de l’article 3 de la même loi : « La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l’intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l’existence de sa créance ou de la créance de celui qu’il représente légalement ».

3. Lorsque la responsabilité d'une personne publique est recherchée, les droits de créance invoqués en vue d'obtenir l'indemnisation des préjudices doivent être regardés comme acquis, au sens des dispositions citées au point 2, à la date à laquelle la réalité et l'étendue de ces préjudices ont été entièrement révélées, ces préjudices étant connus et pouvant être exactement mesurés. La créance indemnitaire relative à la réparation d’un préjudice présentant un caractère continu et évolutif doit être rattachée à chacune des années au cours desquelles ce préjudice a été subi. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à une année court, sous réserve des cas visés à l’article 3 de la loi du 31 décembre 1968, à compter du 1er janvier de l’année suivante, à la condition qu’à cette date le préjudice subi au cours de cette année puisse être mesuré.

4. Il résulte de l’instruction que l’exposition de M. A... à des agents cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction n’avait pas cessé lorsque la fiche individuelle d’exposition au risque a été établie contradictoirement le 6 avril 2020. Sa réclamation préalable ayant été adressée le 26 juillet 2021, alors qu’il était encore exposé à de tels agents, l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris n’est pas fondée à soutenir que sa demande de première instance était irrecevable en raison de la prescription de sa créance.

En ce qui concerne la demande indemnitaire :

5. Il résulte de l’instruction que, comme l’ont relevé les premiers juges, à bon droit, au point 8 du jugement contesté, M. A... est fondé à soutenir que l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris a manqué à l’obligation de sécurité à laquelle elle était tenue en sa qualité d’employeur. Toutefois, il résulte également de l’instruction que le requérant, qui se prévaut de données générales relatives aux risques liés à la manipulation de produits chimiques dangereux et à des substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction et d’attestations rédigées par son épouse et deux collègues, ne fait pas état d’éléments personnels et circonstanciés de nature à établir que les conditions d’exercice de ses fonctions sont susceptibles de l’avoir exposé à un risque élevé pour sa santé. Dans ces conditions, M. A... ne peut être regardé comme justifiant personnellement de l'existence d'un préjudice direct et certain lié à la crainte de développer une pathologie grave en lien avec l’exercice de ses fonctions.

6. Il résulte de toute ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par suite, ses conclusions à fin d’indemnisation, assortie des intérêts et de leur capitalisation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

7. M. A... demande qu’il soit enjoint à l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris de lui communiquer ses attestations d’exposition et un dossier individuel des expositions actualisé. Toutefois, ces conclusions, présentées directement devant la Cour, sont irrecevables comme nouvelles en appel.

Sur les frais de l’instance :

8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. A... à ce titre. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. A... le versement de la somme que demande l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris sur le fondement des mêmes dispositions.






DÉCIDE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris à fin d’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et à l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris.


Délibéré après l’audience du 15 janvier 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Ivan Luben, président de chambre,
- M. Stéphane Diémert, président-assesseur,
- Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 février 2026.




La rapporteure,

Le président,
I. JASMIN-SVERDLIN

I. LUBEN




La greffière,
Y. HERBER



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions