Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, rejette les requêtes de M. et Mme C..., ressortissants égyptiens, qui contestaient le refus de titre de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris à leur encontre par la préfète du Val-de-Marne. La cour joint leurs deux requêtes et confirme le jugement du tribunal administratif de Melun, estimant que les moyens soulevés en appel (vice de procédure, méconnaissance des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, erreur manifeste d’appréciation) sont manifestement infondés. La solution retenue est le rejet des requêtes sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, sans examen approfondi.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D... C... et Mme B... A... épouse C... ont demandé au tribunal administratif de Melun d’annuler les arrêtés du 24 avril 2024 par lesquels la préfète du Val-de-Marne a rejeté leurs demandes de titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits.
Par un jugement n° 2406735-2406788 du 19 février 2026, le tribunal administratif de Melun a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
I. Par une requête, enregistrée le 20 mars 2026 sous le n° 26PA01759, M. D... C..., représenté par Me Ferdi-Martin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d’annuler l’arrêté du 24 avril 2024 ;
3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de l’arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d’un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n’a pas été saisie ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle viole les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.
II. Par une requête, enregistrée le 20 mars 2026 sous le n° 26PA01760, Mme B... A... épouse C..., représentée par Me Ferdi-Martin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d’annuler l’arrêté du 24 avril 2024 ;
3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de l’arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle viole les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent, (…), par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
2. D’une part, M. D... C..., ressortissant égyptien né en 1969, déclare être entré en France en 2009. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 24 avril 2024, le préfet du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé. D’autre part, Mme B... A... épouse C..., ressortissante égyptienne née en 1983, déclare être entrée en France en janvier 2018. Elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 24 avril 2024, le préfet du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée. M. et Mme C... relèvent appel du jugement du 19 février 2026 par lequel le tribunal administratif de Melun a rejeté leurs demandes tendant à l’annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
3. Les requêtes n°s 26PA01759 et 26PA01760, qui sont relatives à la situation de deux personnes étant des conjoints, sont dirigées contre le même jugement et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.
Sur la requête n° 26PA01759 :
4. M. C... reprend ses moyens de première instance tirés, en ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour, du vice de procédure, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de la violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de la violation des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle. Toutefois, le requérant ne développe au soutien de ces moyens aucun argument de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l’analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif de Melun. Il y a lieu, dès lors, d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 3 à 11 de leur jugement.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. C... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur la requête n° 26PA01760 :
6. Mme A... épouse C... reprend ses moyens de première instance tirés, en ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de la violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de la violation des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle. Toutefois, la requérante ne développe au soutien de ces moyens aucun argument de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l’analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif de Melun. Il y a lieu, dès lors, d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 12 à 18 de leur jugement.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de Mme A... épouse C... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes n°s 26PA01759 de M. C... et 26PA01760 de Mme A... épouse C..., sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... C... et Mme B... A... épouse C....
Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Paris, le 1er juillet 2026.
La présidente de la 7ème chambre,
V. Chevalier-Aubert
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.