vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-19VE00726 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | TOUBOL FISCHER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Versailles, à titre principal, de condamner solidairement la commune du Perray-en-Yvelines et l'Etat, en raison du retrait illégal le 9 juin 2011 du permis de construire qui lui avait été accordé, à lui verser une indemnité totale de 1 064 930 euros, assortie des intérêts et de la capitalisation de ces intérêts, à titre subsidiaire, de condamner solidairement la commune du Perray-en-Yvelines et l'Etat à lui verser une indemnité de 875 950 euros et de mettre à la charge de la commune du Perray-en-Yvelines et de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n°1503338 du 14 décembre 2018, le tribunal administratif de Versailles a mis une somme de 46 894,19 euros à la charge de la commune du Perray-en-Yvelines, à verser à M. C assortie des intérêts au taux légal à compter du 4 février 2015, les intérêts échus à la date du 4 février 2016 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date devant être capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts, ainsi qu'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et a rejeté le surplus des conclusions des parties.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 27 février 2019 et des mémoires enregistrés les 7 mai 2019 et 16 juillet 2020, M. C, représenté par Me Cayla-Destrem, avocate, demande à la cour selon ses dernières écritures :
1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il n'a fait que partiellement droit à ses demandes indemnitaires ;
2°) de condamner la commune du Perray-en-Yvelines à lui verser une indemnité composée des sommes détaillées ci-après, assortie des intérêts et de la capitalisation de ces intérêts, à savoir : 358 800 euros au titre de la réalisation des travaux ou subsidiairement la somme de 95 065,33 euros ou très subsidiairement celle de 80 538,39 euros ; 1 200 euros au titre des frais de dossier exposés pour l'opération projetée ; 8 251,81 euros en remboursement des frais d'architecte et de géomètre ; 13 415 euros au titre de la taxe locale d'équipement ; 50 000 euros au titre du préjudice moral ; 875 950 euros au titre des frais de démolition et de reconstruction à neuf de sa maison d'habitation, dont il prouve la nécessité en produisant en cause d'appel un procès-verbal d'huissier.
3°) de mettre à la charge de la commune du Perray-en-Yvelines la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
M. C soutient que :
Sur la responsabilité :
- c'est à tort que le tribunal administratif a procédé à un partage de responsabilité avec la commune en tant que premièrement, la mise en demeure du 24 novembre 2011 pour dépassement du coefficient d'occupation des sols était injustifiée et deuxièmement, que le jugement du 18 novembre 2016 du tribunal de grande instance de Versailles, ordonnant la démolition des empiétements sur la parcelle voisine ne lui a pas été signifié valablement, ce qui l'a empêché d'en prendre connaissance et d'en relever appel et par suite, empêche que ce jugement puisse être revêtu d'un caractère définitif ;
- les empiètements sanctionnés par le jugement du tribunal de grande instance de Versailles du 10 novembre 2016 résultent du strict respect du permis de construire illégalement délivré le 20 juillet 2009 par la commune, ce qui engage sa responsabilité fautive ;
Sur les préjudices et leur indemnisation :
- la commune doit lui verser 358 800 euros au titre de la réalisation des travaux par la société EMCR, une SARL au capital de 3 000 euros créée le 24 février 2011 dont il a justifié le paiement de la facture du 9 mars 2011 d'un montant de 179 400 euros et de la facture du 25 octobre 2011 du même montant, en produisant devant le tribunal administratif une attestation de l'ancien gérant datée du 29 juin 2018 ; ou, subsidiairement, 80 538,39 euros au titre du même chef de préjudice, ainsi que les premiers juges ont statué ;
- la commune doit lui verser 1 200 euros au titre des frais de dossier exposés pour l'opération projetée, dès lors qu'il s'est vu contraint d'annuler le prêt souscrit auprès de la SOCRIF SOFIAP qui lui a prélevé cette somme ;
- la commune doit lui verser 8 251,81 euros au titre des frais d'architecte et de géomètre ;
- la commune doit lui verser 13 415 euros au titre de la taxe locale d'équipement dont il communique en cause d'appel les justificatifs de règlement ;
- la commune doit lui verser 50 000 euros au titre du préjudice moral ;
- la commune doit lui verser 875 950 euros au titre des frais de démolition et de reconstruction à neuf de sa maison d'habitation dans laquelle son épouse et lui-même vivaient depuis plus de vingt ans, aujourd'hui inhabitable et qui doit être détruite et reconstruite intégralement, ainsi que les travaux accessoires de viabilisation et de remise en état du jardin de 5 200 mètres carrés ;
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2019 et un mémoire en duplique enregistré le 13 mai 2022, la commune du Perray-en-Yvelines, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Fontaine, avocate, demande à la cour de :
1°) annuler le jugement attaqué ;
2°) rejeter la requête de M. C ;
3°) condamner M. C à lui rembourser les sommes qu'elle lui a versées en exécution du jugement attaqué ;
4°) mettre à la charge de M. C la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune du Perray-en-Yvelines soutient que :
A titre principal, sur l'absence de lien entre les illégalités et l'arrêt du chantier :
- le tribunal n'a pas démontré l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre la faute relative à l'illégalité alléguée des arrêtés des 9 juin et 22 décembre 2011 retirant le permis de construire du 20 juillet 2009, et les préjudices invoqués résultant de l'arrêt du chantier ;
- l'arrêté du 9 juin 2011 portant retrait du permis de construire, n'est pas la cause de l'arrêt du chantier : en effet il a été suspendu dès le 19 juillet 2011 par le juge des référés du tribunal administratif de Versailles et ses effets n'ont donc duré qu'un mois et 10 jours ;
- le chantier a débuté très tardivement le 4 avril 2011, le non-respect du permis de construire a fait l'objet de deux procès-verbaux d'infraction les 30 septembre et 5 octobre 2011, le second procès-verbal ayant été dressé après visite contradictoire du chantier et constatant notamment des empiètements et voies de fait sur le terrain des voisins M. et Mme A, ce qui a entraîné l'édiction d'un arrêté interruptif de travaux daté du 24 octobre 2011 notifié immédiatement à M. C et son conseil ;
- M. C avait connaissance de l'irrégularité de son projet en tant qu'il excédait le COS, au plus tard par le courrier du 4 mai 2011 de la maire de la commune, fondé sur un plan de bornage effectué le 3 mars 2010 ; l'arrêté interruptif de travaux du 24 octobre 2011 est la seule cause de l'interruption des travaux de son chantier ;
A titre subsidiaire, sur l'absence de preuve de la réalité des préjudices :
- M. C ne justifie pas de la réalité des règlements qu'il soutient avoir effectués, en particulier s'agissant de la réalisation des travaux et des frais d'architecte et de géomètre ; il ne justifie pas d'un préjudice moral ;
Le ministre de la cohésion des territoires n'a pas défendu, en dépit d'une mise en demeure de défendre notifiée par courrier du 21 janvier 2020 du président de la 2ème chambre de la cour.
Par un courrier du président de la 6ème chambre daté du 22 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 mai 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Bobko, rapporteure publique,
et les observations de Me Fontaine, représentant la commune du Perray-en-Yvelines.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, dont l'activité professionnelle se situe dans le domaine immobilier, a présenté le 12 février 2009 une demande de permis de construire pour la réalisation de deux bâtiments de quatre logements chacun, la modification d'un bâtiment existant avec création de deux logements et la démolition d'une annexe de jardin, sur un terrain composé de deux parcelles cadastrées B 971 et ZE 76, situées 2 bis, Grande-Rue Verte au Perray-en-Yvelines.
Sur la légalité du permis de construire du 20 juillet 2009 et des deux arrêtés de retrait des 9 juin 2011 et 22 décembre 2011 :
2. D'une part, le permis de construire l'ensemble du projet détaillé ci-dessus a été accordé par arrêté du 20 juillet 2009 du maire de la commune du Perray-en-Yvelines. Une requête en annulation présentée par les voisins mitoyens a été enregistrée le 14 septembre 2009 mais a fait l'objet d'un désistement suite à l'établissement, le 17 novembre 2009, d'un protocole d'accord prévoyant notamment un plan de bornage, fait en mars 2010. Le chantier n'a cependant débuté que le 4 avril 2011. Le 21 avril 2011, après réception du plan de bornage, la commune s'est aperçue que le permis de construire du 20 juillet 2009 avait été accordé en violation du COS de 0,30 applicable dans cette zone UEh et a notifié à M. C, le 4 mai 2011, par lettre recommandée avec accusé de réception, son intention de retirer le permis pour ce motif et sa faculté de présenter des observations dans un délai de 15 jours. Puis, le maire a pris le 9 juin 2011 un arrêté portant retrait du permis de construire fondé sur un motif différent, tiré de la fraude, qui a été suspendu par le juge des référés du tribunal administratif de Versailles le 19 juillet 2011 - ordonnance de référé n°1103548 - pour défaut de procédure contradictoire préalable s'agissant du motif retenu, à savoir la fraude. Puis, par un jugement n° 1103559 du 2 avril 2012, le tribunal administratif de Versailles en a prononcé l'annulation dès lors que la fraude n'a pas été établie. Cette annulation a été confirmée par l'arrêt n° 12VE02044 du 30 décembre 2013 de la cour administrative de Versailles.
3. D'autre part, le 22 décembre 2011, le maire de la commune du Perray-en-Yvelines a pris un second arrêté portant à la fois retrait du permis de construire du 20 juillet 2009 et retrait du premier arrêté de retrait du 9 juin 2011 - qui était au demeurant suspendu depuis le 19 juillet 2011. Ce second arrêté étant, comme le précédent, fondé sur la fraude, M. C en a demandé l'annulation au tribunal administratif de Versailles. Toutefois sa demande a été rejetée pour tardiveté par un jugement n°1203563 du 7 novembre 2014, confirmé par l'arrêt n° 14VE00028 du 30 mars 2017 de la cour administrative d'appel de Versailles.
4. Il suit de ce qui précède, que le permis de construire illégal pour violation du coefficient d'occupation des sols du 20 juillet 2009, après avoir été provisoirement suspendu par l'arrêté du 9 juin 2011, a ensuite été définitivement retiré par l'arrêté du 22 décembre 2011, fondé à tort sur la fraude, mais qui continue de s'appliquer et de produire ses effets dès lors que le recours contentieux tendant à son annulation a été introduit tardivement. Ces deux décisions illégales, qui ont eu pour effet de retirer le 22 décembre 2011 à M. C l'autorisation de construire le projet dans son intégralité, engagent la responsabilité fautive de la commune.
L'arrêté portant mise en demeure d'interrompre les travaux, pris le 24 octobre 2011 :
5. Le 30 septembre 2011, alertée par les voisins, la mairie a fait dresser un premier procès-verbal d'infraction puis a convoqué une visite contradictoire du chantier, qui s'est tenue le 5 octobre 2011, à l'issue de laquelle un second procès-verbal d'infraction a été dressé. Après procédure contradictoire préalable, un arrêté interruptif de travaux daté du 24 octobre 2011 a été pris au motif du non-respect des prescriptions du permis de construire concernant les bâtiments A et C, en tant que la largeur de leurs murs-pignons était inférieure à celle mentionnée dans le permis de construire et que les pares-vues posés, de 2,50 mètres, excédaient la hauteur prévue qui était de 1,90 mètres. Le chantier s'est arrêté à cette date du 24 octobre 2011.
Sur la responsabilité de la commune du Perray-en-Yvelines et l'absence de lien de causalité direct et certain entre l'arrêt du chantier au 24 octobre 2011 et les deux arrêtés des 9 juin et 22 décembre 2011 portant retrait du permis de construire de 2009 :
6. L'arrêté interruptif de travaux du 24 octobre 2011 pris en application de l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme, fait suite à deux procès-verbaux d'infraction dressés les 30 septembre 2011 (non-contradictoire) et 5 octobre 2011 (contradictoire) pour non-respect des prescriptions du permis de construire sur les bâtiments A et C du projet. M. C a introduit un recours contentieux en annulation de cet arrêté interruptif de travaux puis s'en est désisté. Cet arrêté a pour effet la cessation immédiate des travaux relatifs à ces deux bâtiments, non conformes, mais non pas ceux du bâtiment B, dont la construction pouvait légalement se poursuivre, et dont il n'est ni soutenu ni même allégué qu'elle aurait été liée ou dépendante de la construction des deux bâtiments visés par l'arrêté interruptif.
7. Il résulte de l'instruction que la date à laquelle le chantier a été arrêté est le 24 octobre 2011, jour de l'édiction de l'arrêté interruptif de travaux pour non-conformité des bâtiments A et C. L'entreprise EMCR, créée en février 2011 et liquidée en mai 2012 était chargée de l'exécution du chantier. Son ancien gérant atteste, en juin 2018, que postérieurement au 25 octobre 2011 " aucune autre facture n'a été émise en raison de l'arrêt des travaux ". En l'espèce, il est constant que M. C, professionnel du bâtiment et de la construction, a pris la décision de ne pas poursuivre les travaux sur le bâtiment B (le pavillon d'habitation qui devait être transformé en deux appartements) et d'arrêter totalement le chantier à la date du 24 octobre 2011. Alors qu'en sa qualité de maître d'ouvrage, il lui appartenait de procéder sans délai à la régularisation des défauts de conformité relevés sur les bâtiments A et C, puis de la faire constater par les services de la mairie, afin de solliciter la levée de l'arrêté interruptif de travaux, il s'en est toutefois abstenu, en renonçant ainsi, par cette absence de diligences, à la possibilité de lever l'interruption des travaux.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas de lien de causalité entre, d'une part, les deux arrêtés portant retrait de permis de construire des 9 juin 2011 et 22 décembre 2011, et, d'autre part, les préjudices dont se prévaut M. C à raison de l'arrêt total du chantier, survenu ainsi qu'il a été dit le 24 octobre 2011 à la suite de l'arrêté interruptif de travaux du même jour, légalement édicté. En effet l'intéressé, professionnel de la construction, s'est abstenu d'effectuer les diligences nécessaires décrites ci-dessus, qui lui auraient permis de régulariser les constructions en cours et de reprendre les travaux de construction, afin de réaliser son projet immobilier comportant les trois bâtiments A, B et C. Il n'a même pas poursuivi les travaux sur le bâtiment B qui n'était pas visé par la décision d'interruption des travaux et dont la modification en deux appartements pouvait légalement et matériellement se poursuivre. Il suit de là que M. C n'est pas fondé à demander l'indemnisation des préjudices invoqués, à les supposer même établis.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le jugement n° 1503338 du 14 décembre 2018 du tribunal administratif de Versailles doit être annulé. Il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête de M. C, lequel devra dès lors nécessairement rembourser à la commune du Perray-en-Yvelines les sommes que celle-ci lui a versées en exécution du jugement annulé par le présent arrêt. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros à verser à la commune du Perray-en-Yvelines au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de rejeter le surplus de ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement n° 1503338 du 14 décembre 2018 du tribunal administratif de Versailles, est annulé.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée, par suite celui-ci doit reverser à la commune du Perray-en-Yvelines les sommes que celle-ci lui a versées en exécution du jugement annulé par l'article 1er du présent arrêt.
Article 3 : M. C versera une somme de 1 500 euros à la commune du Perray-en-Yvelines au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la commune du Perray-en-Yvelines est rejeté.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et à la commune du Perray-en-Yvelines.
Copie en sera faite au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Albertini, président de chambre,
M. Mauny, président-assesseur,
Mme Moulin-Zys, première conseillère.
Lu en audience publique, le 29 juillet 2022.
La rapporteure,
M.-C. DLe président,
P.-L. ALBERTINI
La greffière,
F. PETIT-GALLAND
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026