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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-20VE00132

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-20VE00132

jeudi 16 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-20VE00132
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP DESBOIS-BOULIOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société Star, aux droits de laquelle est venue la société Pigeon TP Centre Ile-de-France, a demandé au tribunal administratif de Versailles de condamner le centre hospitalier Jean-Martin Charcot, aux droits duquel est venu le centre hospitalier de Plaisir, à lui verser la somme de 33 068,31 euros TTC, augmentée des intérêts à compter de sa réclamation, au titre du solde du lot n° 17 " Aménagements extérieurs " du marché de construction d'une unité de cent trente-neuf lits à Plaisir.

Par un jugement n° 1404876 du 21 novembre 2019, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 13 janvier 2020 et 8 février 2021, la société Pigeon TP Centre Ile-de-France, représentée par Me Bouliou, avocat, demande à la cour :

1°)d'annuler ce jugement ;

2°)de condamner le centre hospitalier de Plaisir à lui verser la somme de 33 068,31 euros TTC, augmentée des intérêts à compter de sa réclamation, au titre du solde du lot n° 17 " Aménagements extérieurs " du marché de construction d'une unité de cent trente-neuf lits à Plaisir ;

3°)de mettre à la charge du centre hospitalier de Plaisir la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le centre hospitalier n'a pas fait preuve de sérieux dans l'établissement des décomptes généraux ; il s'est initialement fondé sur le décompte mensuel de travaux n° 9 et non sur le décompte n° 10 pour fixer le montant des sommes versées à 796 183,37 euros et non à 801 231,25 euros ; le solde a été ramené de - 295 467,07 euros à - 157 193,17 euros à la suite de sa réclamation ;

- l'annexe au décompte général ne prend pas en compte la quantité des travaux exécutés ; la comparaison entre l'état d'avancement retenu en cours de chantier et celui résultant des constats contradictoires n'a fait l'objet d'aucune analyse détaillée ; le décompte général arrêtant le solde à la somme de - 295 467,07 euros n'a pas été réalisé contradictoirement ; il a été établi sur des bases non fondées ; elle a joint à son mémoire en réclamation un projet de décompte avec un métré précis, des sous-détails de prix, des plans explicatifs et des justificatifs sur la base d'éléments concrets et contradictoires ; il n'en a pas été tenu compte ; le centre hospitalier a renoncé à l'expertise qu'il avait demandée ;

- s'agissant de la réalisation des voiries, le procès-verbal de constat du 24 juillet 2006 versé aux débats montre que les terrassements étaient exécutés, les voiries de la première phase étaient réalisées et les réseaux à 80 % ; ce constat n'a pas été contesté ; les photographies des audits préalables aux travaux des 13 octobre 2006, 18 octobre 2006 et 25 février 2009 montrent que les chaussées étaient réalisées en totalité et que les fondations étaient faites ; le maître d'ouvrage disposait des plans de recollement ; les réseaux d'eau pluviale, d'assainissement et réseaux techniques étaient réalisés ;

- le béton désactivé ne relevait pas des travaux incombant au titulaire du lot n° 17 ;

- la chambre de comptage d'eau potable a été réalisée ; l'avenant n'a pas été régularisé en raison d'une faute du maître d'œuvre ; la maîtrise d'œuvre a été destinataire des plans ; le devis et les messages ultérieurs et le compte-rendu de coordination du 30 juin 2009 montrent que ces travaux ont été réalisés ;

- la réfaction opérée au titre du nettoyage et curage des réseaux a été surévaluée à la somme de 14 339,76 euros ; elle doit être ramenée à la somme de 2 095 euros ainsi que l'a jugé le tribunal administratif ;

- s'agissant de la retenue de 6 759,59 euros au titre des dépenses communes de chantier, la gestion du compte prorata relève de la responsabilité de l'entreprise gestionnaire du compte ; les difficultés entre entrepreneurs ne sont pas imputables à la société Star ; en tout état de cause, le maître d'ouvrage a déjà engagé une procédure afférente à ce compte ; il n'a pas à intervenir dans la gestion de ce compte et ne peut procéder à une réfaction ;

- le décompte établi par le centre hospitalier résultant de réfactions arbitraires doit être rejeté ; son propre décompte qui résulte d'un métré réalisé sur place doit être retenu, le solde devant être fixé à la somme de 33 068,31 euros TTC ;

- la faute du centre hospitalier dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et direction des travaux est établi par le rapport d'expertise ; il est responsable des retards qui ont suivi les désordres constatés sur le chantier ; la société Star a avisé à plusieurs reprises le maître d'ouvrage de l'impossibilité de programmer la reprise des travaux et du délai global d'intervention.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2020, le centre hospitalier de Plaisir, représenté par Me Cabanes, avocat, demande à la cour :

1°)de rejeter la requête de la société Pigeon TP Centre Ile-de-France ;

2°)de mettre à la charge de cette dernière le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens invoqués par la société Pigeon TP Centre Ile-de-France ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

-le code civil ;

-le code des marchés publics ;

-le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux approuvé par le décret n° 76-87 du 21 janvier 1976 ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Sauvageot, rapporteure publique,

- les observations de Me Bouliou, pour la société Pigeon TP Centre Ile-de-France et celles de Me Bernard pour le centre hospitalier de Plaisir.

Considérant ce qui suit :

1. Le centre hospitalier Jean-Martin Charcot, aux droits duquel vient le centre hospitalier de Plaisir, a attribué le 30 septembre 2004 à la société Star, aux droits de laquelle est venue la société Pigeon TP Centre Ile-de-France, le lot n° 17 " Aménagements extérieurs " des travaux de construction d'une unité de cent trente-neuf lits à Plaisir pour un prix global et forfaitaire de 1 078 758,30 euros HT augmenté de la somme de 113 904,82 euros HT par un avenant n° 1. L'ordre de service prescrivant le commencement des travaux a été notifié le 7 mars 2005 et les travaux devaient s'achever le 24 juillet 2006. Toutefois, les planchers réalisés par l'entreprise chargée du gros-œuvre s'étant affaissés, divers désordres en ont résulté et le chantier a accusé un important retard, également lié à la défaillance de plusieurs constructeurs. Le rapport de l'expert désigné, à la demande du centre hospitalier, par une ordonnance du juge des référés du 3 juillet 2007 a été déposé le 6 mars 2010. Les travaux n'ont néanmoins pas repris et le centre hospitalier a finalement résilié le marché de la société Star par courrier du 19 mars 2012 sur le fondement de l'article 46.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG Travaux). Après réalisation de constats contradictoires le 18 décembre 2012 et le 3 juin 2013, le maître d'ouvrage a notifié à la société Star, le 22 août 2013, un décompte général faisant apparaître un solde en faveur de l'hôpital de 295 467,07 euros. La société Star a présenté un mémoire en réclamation le 27 septembre 2013 faisant apparaître un solde en sa faveur de 33 068,31 euros TTC. Par une décision du maître d'ouvrage notifiée le 16 janvier 2014, le solde du marché à la charge du titulaire a été ramené à la somme de 157 193,17 euros TTC. La société Star a saisi le tribunal administratif de Versailles d'une demande tendant à la condamnation du centre hospitalier à lui verser la somme de 33 068,31 euros TTC, majorée des intérêts moratoires, en règlement du solde du marché. Elle relève appel du jugement du 21 novembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Sur les conditions d'établissement du décompte général :

2. Aux termes de l'article 46.1 du CCAG Travaux : " Il peut être mis fin à l'exécution des travaux faisant l'objet du marché, avant l'achèvement de ceux-ci par une décision de résiliation du marché qui en fixe la date d'effet. / Le règlement du marché est fait alors selon les modalités prévues aux 3 et 4 de l'article 13, sous réserve des autres stipulations du présent article () ". Aux termes de son article 46.2 : " En cas de résiliation, il est procédé, l'entrepreneur ou ses ayants droit, tuteur, curateur ou syndic, dûment convoqués, aux constatations relatives aux ouvrages et parties d'ouvrages exécutés, à l'inventaire des matériaux approvisionnés, ainsi qu'à l'inventaire descriptif du matériel et des installations de chantier. Il est dressé procès-verbal de ces opérations. / L'établissement de ce procès-verbal emporte réception des ouvrages et parties d'ouvrages exécutés, avec effet de la date d'effet de la résiliation, tant pour le point de départ du délai de garantie défini à l'article 44 que pour le point de départ du délai prévu pour le règlement final du marché au 32 de l'article 13 ".

3. En premier lieu, la société Pigeon TP Centre Ile-de-France soutient que les décomptes généraux n'ont pas été établis dans des conditions sérieuses, le centre hospitalier s'étant fondé sur l'état d'acompte n° 9 qui a fixé les sommes versées à l'entreprise à 796 183,37 euros HT et non sur l'état navette mensuel n° 10 qui les a arrêtées à 801 231,25 euros HT. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, en particulier des seules mentions de ce dernier décompte mensuel, que la situation finale de l'entreprise avant la résiliation s'établissait effectivement à la somme de 801 231,25 euros HT et non à celle de 796 183,37 euros HT. En tout état de cause, une augmentation de cette situation finale n'ayant que pour effet d'augmenter le solde du marché à la charge de l'entreprise au regard de la situation vérifiée contradictoirement, la société requérante ne saurait utilement s'en prévaloir pour contester le bien-fondé du décompte général qui lui a été notifié. En outre, si le centre hospitalier a effectivement ramené le solde du marché à la charge de l'entreprise de 295 467,07 euros TTC à 157 193,17 euros TTC à la suite de sa réclamation, cette circonstance est par elle-même sans incidence sur le bien-fondé du décompte général qui lui a été notifié.

4. En second lieu, à l'appui de sa requête, la société Pigeon TP Centre Ile-de-France soutient qu'elle a apporté des justifications précises, concrètes et contradictoires à l'appui de son mémoire en réclamation de nature à établir l'état d'avancement des travaux alors qu'à l'inverse, le centre hospitalier a notifié ses décomptes à partir d'éléments non contradictoires sans procéder à une comparaison détaillée de l'état d'avancement retenu en cours de chantier et des constats effectués après la résiliation. Toutefois, il résulte au contraire de l'instruction que les décomptes généraux ont été établis à partir de l'analyse détaillée de l'état d'avancement des travaux après résiliation, résultant notamment d'un rapport établi par la SNC Lavalin en janvier 2013. Il résulte également de l'instruction, en particulier du rapport d'analyse des constats contradictoires établi par le maître d'ouvrage en juin 2013, que l'entreprise Star était représentée lors des réunions du 18 décembre 2012 et 3 juin 2013 destinées à établir l'état d'avancement des travaux. Ainsi, le centre hospitalier s'est fondé sur des constats contradictoires pour établir son décompte général. A l'inverse, la société requérante ne justifie pas, en particulier par la liste des pièces jointes à son mémoire en réclamation, d'éléments précis, concrets et contradictoires susceptibles, d'une manière générale, de remettre en cause la méthodologie retenue par le centre hospitalier.

Sur l'état d'avancement des travaux :

5. La société Pigeon TP Centre Ile-de-France conteste l'état d'avancement des travaux retenu par le centre hospitalier pour établir le décompte général du marché.

En ce qui concerne la réalisation des voiries :

6. La société Pigeon TP Centre Ile-de-France conteste l'absence de prise en compte de tout avancement dans l'exécution des travaux en ce qui concerne le poste C5 relatif aux voiries et espaces minéraux. Toutefois, le rapport d'analyse précité de juin 2013 précise notamment que " la visite du site en présence de l'entreprise nous a permis de constater : - Voirie et structure de chaussée à réaliser (photo) () - Revêtements de trottoirs et allées piétonnes à réaliser (voir photo), - Bordures à réaliser (voir photo) () ". Ces constats contradictoires ne sont pas sérieusement remis en cause par le procès-verbal de constat d'huissier du 24 juillet 2006 reposant sur les seules déclarations du représentant de la société Star qui a alors indiqué que les terrassements et les voiries de première phase avaient été réalisés et que les réseaux étaient réalisés à 80 %. Ils ne sont pas davantage remis en cause par les audits préalables à travaux établis les 13 octobre 2006, 18 octobre 2006 et 25 février 2009, les photographies annexées à ces audits ne permettant pas à elles-seules d'établir la réalisation de tout ou partie des travaux prévus par le poste C5. Par ailleurs, en ce qui concerne la réalisation des réseaux, il résulte notamment du détail financier du décompte général établi par le centre hospitalier que ces travaux ont été pris en compte en tout ou partie dans des proportions qui ne sont nullement remises en cause par la requérante.

En ce qui concerne le béton désactivé :

7. La société Pigeon TP Centre Ile-de-France soutient que les travaux d'installation du béton désactivé ne faisaient pas partie du lot attribué à la société Star et que la maîtrise d'œuvre ayant fait état d'une prestation non terminée, ce constat a nécessairement eu des conséquences sur l'établissement du décompte général. Toutefois, le centre hospitalier relève, sans être contesté, que ce décompte a été établi sur la base de la décomposition du prix global et forfaitaire du marché, lequel ne comportait pas ce poste, de sorte que la remarque de la maîtrise d'œuvre concernant l'inachèvement de cette prestation a été sans incidence sur son établissement et sur le calcul du solde.

En ce qui concerne la réalisation d'une chambre de comptage d'eau potable :

8. La société requérante soutient que cette prestation a été réalisée. Elle produit notamment un devis, des messages ainsi qu'un compte rendu de réunion de coordination du 30 juin 2009 de nature à établir la réalisation de ces travaux. Toutefois, les rapports d'analyse des constats contradictoires de janvier 2013 et juin 2013 ne mentionnent qu'une chambre de comptage d'eau potable à finir et non une chambre exécutée. Le message de la société Star du 14 avril 2009 confirme que ces travaux n'étaient pas terminés et le compte rendu précité de la réunion du 30 juin 2009 mentionne un regard de dimension non conforme à celle demandée par la compagnie des eaux. Ainsi, la société Pigeon TP Centre Ile-de-France n'est pas fondée à soutenir que ces travaux devaient être pris en compte en totalité pour l'établissement du décompte. A supposer même que l'inachèvement de ces travaux résulte de l'absence de régularisation d'un avenant imputable au maître d'œuvre, cette circonstance est par elle-même sans incidence sur le bien-fondé du décompte général notifié par le maître d'ouvrage.

En ce qui concerne le nettoyage et le curage des réseaux :

9. Il résulte de l'instruction que le centre hospitalier a procédé dans le décompte général du marché à une réfaction de 15 % sur les travaux de nettoyage et de curage des réseaux, s'élevant au total à la somme de 95 798,40 euros. La société Pigeon TP Centre Ile-de-France ne conteste pas que ces travaux n'ont pas été entièrement réalisés. Si elle produit un devis du 17 septembre 2013 d'un montant de 2 505,62 euros TTC, il n'est pas établi qu'un tel devis permettait de réaliser l'ensemble des travaux de nettoyage et de curage inexécutés. Ainsi, contrairement à ce qu'a estimé le tribunal administratif, le maître d'ouvrage doit être regardé comme apportant la preuve du bien-fondé de la réfaction opérée.

Sur les dépenses communes de chantier :

10. Aux termes du C de l'article 3-2.9 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché litigieux relatif au compte prorata : " Les dépenses définies ci-après sont portées au débit du compte spécial dit " compte prorata " établi, géré et réglé par les entrepreneurs () L'entrepreneur titulaire du lot n° 1 procède au règlement des dépenses visées au premier alinéa ; mais il peut demander des avances aux autres entrepreneurs. Il effectue en fin de chantier la répartition desdites dépenses au prorata du montant des situations cumulées de chaque entrepreneur. / Dans cette réparation, l'action du maître d'œuvre se limite à jouer le rôle d'amiable compositeur, dans le cas où les entrepreneurs lui demanderaient de faciliter le règlement d'un différend qui se serait élevé entre eux ".

11. Il résulte de l'instruction qu'une réfaction de 6 759,59 euros correspondant aux dépenses du compte prorata pour la période du 1er janvier au 30 juin 2011 a été opérée dans le décompte général notifié au titulaire du lot n° 17. Si la société requérante soutient que le maître d'ouvrage ne pouvait s'immiscer dans la gestion du compte prorata, le centre hospitalier fait valoir, sans être contesté, qu'en raison de la défaillance du titulaire du lot gros œuvre, il a repris la gestion de ce compte et a assumé provisoirement les dépenses communes de chantier. Dans ces conditions, nonobstant les stipulations précitées du C de l'article 3-2.9 du CCAP, il était fondé à imputer au décompte du marché la quote-part de ces dépenses communes incombant au titulaire.

Sur la faute du maître d'ouvrage :

12. La société Pigeon TP Centre Ile-de-France soutient que le centre hospitalier a commis une faute dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché et qu'il a engagé sa responsabilité à raison des retards qui ont suivi les désordres constatés sur le chantier. Toutefois, la société requérante n'invoque, en tout état de cause, aucun préjudice en lien direct avec cette faute.

13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que société Pigeon TP Centre Ile-de-France n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Sur les frais liés à l'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier de Plaisir, qui n'est pas la partie perdante, verse une somme à la société Pigeon TP Centre Ile-de-France au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société Pigeon TP Centre Ile-de-France le versement de la somme de 2 000 euros au centre hospitalier de Plaisir sur ce fondement.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la société Pigeon TP Centre Ile-de-France est rejetée.

Article 2 : La société Pigeon TP Centre Ile-de-France versera la somme de 2 000 euros au centre hospitalier de Plaisir au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la société Pigeon TP Centre Ile-de-France et au centre hospitalier de Plaisir.

Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,

M. Camenen, président assesseur,

Mme Janicot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le rapporteur,

G. A La présidente,

C. Signerin-Icre La greffière,

C. Yarde

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

No 20VE00132

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