mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-20VE00371 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MARTEL |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
I°) Le groupement d'intérêt économique (GIE) Nectar Fruits a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler la déclaration de créance qui lui a été adressée le 18 avril 2017 par l'agent comptable de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) ainsi que les titres exécutoires annexés des 13 juin 2012 et 17 avril 2013 mettant à la charge du GIE Nectar Fruits la somme de 559 534,96 euros et, à titre subsidiaire, de réduire la créance due au titre du Fonds opérationnel 2003 de 57 578,35 euros à 1 611 euros.
II°) M. C A a demandé au tribunal administratif de Nîmes, d'une part, d'annuler la lettre du 31 juillet 2015 valant titre exécutoire par laquelle le directeur général de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgrimer) lui a réclamé le paiement d'une somme de 57 896,03 euros à laquelle il est solidairement tenu avec les anciens membres du GIE Nectar Fruits, d'autre part, d'annuler le titre de recette n° 2012-337 émis le 13 juin 2012 à l'encontre du GIE Nectar Fruits pour avoir paiement de la somme de 57 578,35 euros ainsi que le titre n° 2015-2650 actualisant le montant des intérêts. Par une ordonnance du 26 octobre 2017, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué cette requête au tribunal administratif de Montreuil.
III°) La société civile d'exploitation agricole (SCEA) Le Baconet a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler la lettre valant titre exécutoire du 31 juillet 2015 par laquelle le directeur général de FranceAgriMer a mis à sa charge la somme de 57 896,03 euros, et le titre exécutoire émis le 13 juin 2012 à l'encontre du GIE Nectar Fruits pour avoir paiement de la somme de 57 578,35 euros ainsi que le titre n° 2015-2650 le complétant. Par une ordonnance du 26 octobre 2017, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué cette requête au tribunal administratif de Montreuil.
IV°) La SCEA Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la lettre valant titre exécutoire du 31 juillet 2015 par laquelle le directeur général de FranceAgriMer a mis à la charge de la SCEA Mas du Gouirard la somme de 57 896,03 euros, et le titre exécutoire émis le 13 juin 2012 notifié le 10 août suivant à l'encontre du GIE Nectar Fruits pour avoir paiement de la somme de 57 578,35 euros ainsi que le titre n° 2015-2650 le complétant. Par une ordonnance du 9 mars 2018, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué cette requête au tribunal administratif de Montreuil.
V°) La SCEA Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la lettre valant titre exécutoire du 31 juillet 2015 par laquelle le directeur général de FranceAgriMer a mis à la charge de la SCEA La Peronne la somme de 57 896,03 euros, et le titre exécutoire du 13 juin 2012 notifié le 10 août suivant à l'encontre du GIE Nectar Fruits pour avoir paiement de la somme de 57 578,35 euros ainsi que le titre n° 2015-2650 le complétant. Par une ordonnance du 9 mars 2018, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué cette requête au tribunal administratif de Montreuil.
Par un jugement nos 1709656, 1709657, 1802761, 1802766, 1804143 du 4 décembre 2019, le tribunal administratif de Montreuil a joint ces requêtes et les a rejetées.
Procédures devant la cour :
I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 février 2020 et le 17 décembre 2021, sous le n° 20VE00371, l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer), représenté par Me Alibert, avocate, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de prononcer un non-lieu à statuer sur sa requête ;
2°) à titre subsidiaire d'annuler le jugement du 4 décembre 2019 en tant qu'il a omis de rejeter explicitement la requête du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur ;
3°) de mettre à la charge du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient en dernier lieu :
- à titre principal, que par une ordonnance du 6 février 2020, le président du tribunal administratif de Montreuil a rectifié l'article 1er du dispositif du jugement qui était incomplet ;
- à titre subsidiaire, que le jugement est entaché d'une contradiction entre ses motifs et son dispositif en ne rejetant pas explicitement les conclusions de la requête du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2020, le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. C A, la SCEA Le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne, représentés par Me Martel, avocat, concluent :
1°) à l'annulation du jugement du 4 décembre 2019 ;
2°) à l'annulation de la déclaration de créance du 18 avril 2017 par FranceAgriMer ainsi que des titres exécutoires annexés des 13 juin 2012 et 17 avril 2013 mettant à la charge du GIE Nectar Fruits la somme globale de 559 534,96 euros, soit 473 983,26 euros au titre des aides " Plan de campagne " et 57 578,35 euros au titre du fonds opérationnel 2003 ;
3°) à titre subsidiaire, à ce que la créance de FranceAgriMer soit fixée à 1 208,25 euros au titre du fonds opérationnel 2003 ;
4°) à la mise à la charge de l'Etat la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par lettre du 16 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article
R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la cour était susceptible de soulever d'office un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité partielle de l'appel incident présenté par la SELARL Cambon pour le GIE et autres en tant qu'il porte sur un litige distinct de celui visé par l'appel principal.
Par un mémoire, enregistré le 23 juin 2022, le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. C A, la SCEA Le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne ont déclaré se désister purement et simplement de leurs conclusions d'appel incident.
Par un mémoire, enregistré le 29 juin 2022, Franceagrimer a déclaré prendre acte de ce désistement.
II°) Par une requête, enregistrée le 7 février 2020 et régularisée le 17 mars 2020, et un mémoire, enregistré le 20 décembre 2021, sous le n° 20VE00409, le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. C A, la SCEA le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne, représentés par Me Martel, avocat, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 4 décembre 2019 ;
2°) d'annuler la déclaration de créance du 18 avril 2017 par FranceAgriMer ainsi que les titres exécutoires annexés des 13 juin 2012 et 17 avril 2013 mettant à la charge du GIE Nectar Fruits la somme globale de 559 534,96 euros, soit 473 983,26 euros au titre des aides " Plan de campagne " et 57 578,35 euros au titre du fonds opérationnel 2003 ;
3°) à titre subsidiaire, de fixer la créance de FranceAgriMer à 1 208,25 euros au titre du fonds opérationnel 2003 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 10 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- c'est à tort que les premiers juges ont considéré que les conclusions présentées par le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, était tardives et par suite, irrecevables ; le droit commun de l'article R. 421-1 du code de justice administrative est inapplicable faute de décision explicite, notifiée en faisant mention des voies et délais de recours ; le courrier de déclaration de créances a été produit dans le cadre et selon les modalités de la procédure de liquidation judiciaire conduite selon les règles impératives du code de commerce notamment les articles L. 641-1 et R. 624-1 ; le GIE justifie, en tout état de cause, de circonstances particulières, compte tenu des règles spécifiques qui s'appliquent aux procédures collectives, pour que le délai maximal d'un an de la jurisprudence Czabaj soit écarté ;
- le GIE Nectar Fruits n'est pas le bénéficiaire de l'aide " Plans de campagne " qu'il a intégralement reversée aux producteurs auprès desquels la récupération doit s'effectuer ;
- le montant reconstitué de cette aide par FranceAgriMer est erroné ;
- la créance dont se prévaut FranceAgriMer au titre du Fonds opérationnel 2003 est prescrite ; le tribunal ne pouvait retenir la prescription de cinq ans prévue par l'article 2224 du code civil, issu de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 au lieu de la prescription de quatre ans prévue par l'article 3 du règlement n° 2988/95/CE du Conseil du 18 décembre 1995 ;
- cette créance n'est pas fondée.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 septembre 2021 et le 21 janvier 2022, FranceAgriMer, représentée par Me Alibert, avocate, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la mise à la charge du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. A, la SCEA le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne ne sont pas fondés.
Par lettre du 16 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article
R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la cour était susceptible de soulever d'office un moyen d'ordre public tiré du défaut d'intérêt pour agir de M. C A, de la SCEA le Baconet, de la SCEA Mas du Gouirard et de la SCEA La Peronne pour contester le titre exécutoire n° 2012-337 émis le 13 juin 2012 à l'encontre du GIE Nectar Fruits.
Par des mémoires des 23 et 29 juin 2022, les requérants et Franceagrimer ont présenté des observations sur ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le règlement (CE, Euratom) n° 2988/95 du Conseil du 18 décembre 1995, relatif à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes ;
- le règlement (CE) n° 2200/96 du Conseil du 28 octobre 1996 portant organisation commune des marchés dans le secteur des fruits et légumes ;
- le règlement (CE) n° 609/2001 de la Commission du 28 mars 2001 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 2200/96 du Conseil ;
- le règlement (CE) n° 1433/2003 de la Commission du 11 août 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 2200/96 du Conseil :
- le code de commerce ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Huon, rapporteur public,
-et les observations de Me Martel, avocat, pour le GIE Nectar Fruits et autres et de Me Degirmenci, avocat, substituant Me Alibert, pour FranceAgriMer.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
1. Les requêtes précitées n° 20VE00371 et n° 20VE00409, qui tendent à l'annulation du même jugement, présentent à juger des questions communes. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même arrêt.
Sur l'appel présenté sous le n° 20VE00371 par FranceAgriMer :
2. En premier lieu, par une ordonnance du 6 février 2020, dont la régularité n'est pas contestée, le président du tribunal administratif de Montreuil a, sur le fondement de l'article R. 741-11 du code de justice administrative, rectifié l'omission matérielle entachant le dispositif du jugement du 4 décembre 2019 qui avait omis de mentionner que, conformément au point 5. de ce jugement, la requête présentée par le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur était rejetée. En conséquence, et ainsi que le fait valoir FranceAgriMer lui-même il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par ce dernier et tendant à la réformation de ce jugement pour ce motif.
3. En second lieu, en réponse au moyen d'ordre public soulevé par cour, le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. C A, la SCEA Le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne ont déclaré se désister purement et simplement de leurs conclusions d'appel incident. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur la somme que FranceAgriMer demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur l'appel présenté sous le n° 20VE00409 par le GIE Nectar Fruits, M. C A, la SCEA le Baconet, SCEA Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne :
5. Le GIE " Nectar Fruits ", dont les membres sont des exploitants agricoles, a été bénéficiaire, en 2003, d'une aide au titre du fonds opérationnel régi par le règlement (CE) n° 2200/96 du Conseil du 28 octobre 1996. A la suite d'un contrôle effectué par l'Agence centrale des organismes d'intervention dans le secteur agricole, ayant donné lieu à un relevé d'observations le 11 octobre 2007, FranceAgriMer a procédé à la récupération de cette aide en émettant à l'encontre du GIE un titre exécutoire le 13 juin 2012 notifié par lettre du 10 août 2012 pour un montant de 57 578,35 euros. En outre, au titre des années 1998 et 2002, le GIE Nectar Fruits a bénéficié d'aides au titre des " plans de campagne ", aides qui ont été déclarées illégales et incompatibles avec le marché intérieur de la Communauté européenne, par la Commission européenne dans une décision du 28 janvier 2009, et pour la récupération desquelles FranceAgriMer a émis un titre exécutoire à l'encontre du GIE le 17 avril 2013, pour un montant de 473 983,26 euros. Par ailleurs, si le GIE avait, à l'issue d'une procédure de liquidation amiable, été dissous à compter du 31 décembre 2011, liquidé le 3 août 2012 et radié du registre du commerce et des sociétés à compter du 31 octobre 2012, la cour d'appel de Grenoble a par arrêt du 26 janvier 2017 décidé l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire. FranceAgriMer a alors, par courrier du 18 avril 2017, reçu le 21 avril déclaré sa créance auprès de la SELARL Bruno Cambon, liquidateur judiciaire du GIE, pour un montant total de 559 534,96 euros, en sollicitant l'inscription à la procédure de cette somme objet des titres exécutoires, lesquels étaient annexés à ce courrier. Le liquidateur judiciaire a contesté les créances devant le tribunal de commerce de Romans-sur-Isère qui, par ordonnance du 4 avril 2018 du juge-commissaire, a, après avoir constaté la nature administrative des créances, décliné la compétence de la juridiction judiciaire pour en connaître et invité les parties à en saisir la juridiction administrative dans le délai d'un mois. Le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. A, la SCEA le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne font appel du jugement du 4 décembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté leurs demandes. En appel, leurs conclusions doivent être regardées comme n'étant pas uniquement dirigées contre la déclaration de créance du 18 avril 2017 mais comme tendant à l'annulation des titres exécutoires en date du 13 juin 2012 et du 17 avril 2013 pour leur montant figurant dans la déclaration de créance du 18 avril 2017. En revanche, si en réponse au moyen d'ordre public, les requérant autres que le GIE ont indiqué vouloir contester également la lettre du 31 juillet 2015 valant titre exécutoire, de telles conclusions présentées en dehors du délai d'appel ne sont pas recevables.
En ce qui concerne les conclusions de la requête présentées par le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon :
6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
7. Il résulte de l'instruction ainsi que l'a relevé le tribunal, que le liquidateur judiciaire du GIE " Nectar fruits " a reçu le 21 avril 2017 les deux titres exécutoires litigieux des 13 juin 2012 et 17 avril 2013, qui étaient annexés au courrier du 18 avril 2017 lui demandant de les inscrire à la procédure. La circonstance que ces titres exécutoires aient été adressés au mandataire judiciaire dans le cadre d'une déclaration de créances conduite selon les règles du code de commerce, notamment les articles L. 641-1 et R. 624-1, ne saurait faire obstacle à ce que les délais de recours fixés par les dispositions précitées du code de justice administrative, soient opposables dès lors que ces titres comportaient la mention des voies et délais de recours. Ainsi, et à supposer même que ces titres n'aient pas été préalablement régulièrement notifiés au GIE, ils doivent être regardés comme lui ayant été notifiés au plus tard le 21 avril 2017, date à laquelle a commencé à courir le délai de deux mois prescrit par les dispositions citées au point 6., sans qu'y fasse obstacle la circonstance que les voies et délais de recours ne figuraient pas sur la déclaration de créances elle-même, laquelle n'est pas une décision administrative ressortissant de la compétence du juge administratif. Les titres exécutoires avaient en conséquence acquis un caractère définitif le 28 juin 2017 lorsque la contestation de la créance objet de ces titres a été présentée au juge-commissaire du tribunal de commerce de Romans-sur-Isère. Dès lors que les voies et délais de recours était indiquées, le GIE ne saurait invoquer les règles particulières découlant la décision du Conseil d'Etat du 13 juillet 2016 N° 387763 Czabaj qui ne sont applicables qu'en l'absence d'indication des voies et délais de recours. Il suit de là que les conclusions dirigées contre ces titres, présentées par le GIE sont irrecevables comme tardives, sans que le requérant puisse utilement faire valoir que le liquidateur judiciaire a présenté sa créance au juge-commissaire dans les délais prescrits par l'article L. 624-1 du code de commerce et sans que puissent davantage être invoquées les dispositions de l'article L. 641-9 du code de commerce. Dans ces conditions, le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande comme irrecevable.
En ce qui concerne les conclusions de la requête présentées par M. A, la SCEA le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne :
8. Aux termes de l'article L. 251-6 du code de commerce : " Les membres du groupement sont tenus des dettes de celui-ci sur leur patrimoine propre. () Les créanciers du groupement ne peuvent poursuivre le paiement des dettes contre un membre qu'après avoir vainement mis en demeure le groupement par acte extrajudiciaire ".
9. M. C A, la SCEA " Le Baconet ", la SCEA " Mas du Gouirard ", la SCEA " La Peronne ", exploitants agricoles membres du GIE " Nectar fruits ", se sont bornés, dans le délai d'appel, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 5. à solliciter l'annulation du titre exécutoire du 13 juin 2012 notifié au GIE par lettre du 10 août 2012 dont l'unique objet est la mise d'une somme de 57 578,35 euros à la charge du GIE " Nectar fruits ", à l'exclusion de la lettre valant titre exécutoire émis à leur encontre le 31 juillet 2015 par FranceAgriMer et mettant à leur charge la somme de 57 896,03 euros. Ils ne sauraient ainsi se prévaloir d'un intérêt qui leur donnerait directement qualité pour agir à l'encontre du titre exécutoire du 13 juin 2012, émis à l'encontre du seul GIE Nectar Fruits. Leurs conclusions tendant à l'annulation de ce titre doivent, dès lors, être rejetées comme irrecevables.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. A, la SCEA le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté leur demande. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur la somme que FranceAgriMmer demande au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions d'appel incident présentées dans le cadre de la requête n° 20VE00371 par le GIE Nectar Fruits représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, M. C A, la SCEA Le Baconet, la SCEA Le Mas du Gouirard et la SCEA La Peronne.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'appel principal de la requête n° 20VE00371 de FranceAgriMer.
Article 3 : La requête n° 20VE00409 du GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, de M. A, de la SCEA le Baconet, de la SCEA Le Mas du Gouirard et de la SCEA La Peronne est rejetée.
Article 4 : Les conclusions présentées par FranceAgriMer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les instances n° 20VE00371 et n° 20VE00409 sont rejetées.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié au directeur général de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer), au GIE Nectar Fruits, représenté par la SELARL Bruno Cambon, mandataire liquidateur, à M. C A, à la SCEA le Baconet, à la SCEA Le Mas du Gouirard et à la SCEA La Peronne.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bresse, président de chambre,
Mme Danielian, présidente assesseure,
Mme Deroc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 juillet 2022.
La rapporteure,
I. BLe président,
P. BresseLa greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Nos 20VE00371
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026