mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-20VE01775 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VINAMASTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée (SAS) Gras Savoye a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer, d'une part, le rétablissement de son déficit fiscal reportable au titre des exercices clos en 2011 et 2012 réduit à hauteur de 2 620 548 euros et, d'autre part, la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2013 et de taxe sur les salaires mis à sa charge au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013, pour un montant total de 1 776 983 euros.
Par un jugement n° 1809134 du 27 mars 2020, le tribunal administratif de Montreuil a fait droit à sa demande de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les salaires et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
I. Par un recours sommaire et un mémoire, enregistrés, sous le n°20VE01775, le 27 juillet 2020 et le 22 octobre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures, de réformer l'article 1er du jugement et de remettre à la charge de la SAS Gras Savoye les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les salaires à hauteur de 40 704 euros dont elle a été déchargée par le tribunal.
Le ministre fait valoir que les premiers juges ne pouvaient, sans méconnaître les dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 200-2 du livre des procédures fiscales, faire droit à la demande de décharge pour un montant de 1 776 983, excédant de 40 704 euros la somme 1 736 279 contestée dans la réclamation préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2021, la SAS Gras Savoye, représentée par Me Letranchant, avocat, accepte la réformation du jugement demandée par le ministre et la remise à sa charge de la somme de 40 704 euros.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés, sous le n° 20VE02094, le 19 août 2020 et le 30 septembre 2021, la SAS Gras Savoye, représentée par Me Letranchant, avocat, demande à la cour :
1°) de réformer le jugement du 27 mars 2020 du tribunal administratif de Montreuil en tant qu'il a rejeté sa demande de rétablissement de son déficit fiscal reportable au titre des exercices clos en 2011 et 2012, réduit à hauteur de 2 620 548 euros ;
2°) de prononcer le rétablissement de son déficit fiscal reportable, réduit à hauteur de 2 620 548 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 10 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- à titre principal, les commissions de courtage rémunèrent des prestations d'entremise et de gestion qui sont indissociables et qui doivent être considérées comme une prestation globale continue, au sens du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, du fait de la prévalence de la prestation de gestion et imposées en tant que telles au titre de l'exercice de commencement de la police ;
- à titre subsidiaire, la valorisation des commissions correspondant à des prestations d'entremise fixée à 50 % par l'administration est erronée et doit être réduite à 3%.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SAS Gras Savoye ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des assurances ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Danielian, présidente-assesseure ;
- les conclusions de Mme Deroc, rapporteure publique.
- et les observations de Me Letranchant, pour la SAS Gras Savoye.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes du ministre de l'économie, des finances et de la relance et de la SAS Gras Savoye sont dirigées contre un même jugement. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul arrêt.
2. La SAS Gras Savoye, qui exerce une activité de courtage d'assurances, a fait l'objet de deux vérifications de comptabilité à l'issue desquelles l'administration lui a notifié, par trois propositions de rectification en date du 20 décembre 2013, du 23 juillet 2014 et du 11 avril 2016, d'une part, des rectifications en matière d'impôt sur les sociétés ayant entraîné une réduction du déficit fiscal constaté pour un montant total de 2 620 548 euros au titre des exercices clos en 2010 et en 2011 et, d'autre part, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2013 et de taxe sur les salaires mis à sa charge au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013. Le ministre de l'économie, des finances et de la relance fait appel du jugement du 27 mars 2020 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a prononcé la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de la SAS Gras Savoye au titre de la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2013 et de taxe sur les salaires mis à sa charge au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013, pour un montant excédant la somme de 1 736 279 de euros. La SAS Gras Savoye fait également appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande de rétablissement de son déficit fiscal reportable au titre des exercices clos en 2010 et en 2011.
Sur le recours du ministre :
3. Aux termes du 1er alinéa de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". Aux termes du 2ème alinéa de l'article R. 200-2 du même livre : " Le demandeur ne peut contester devant le tribunal administratif des impositions différentes de celles qu'il a visées dans sa réclamation à l'administration ". Il résulte de ces dispositions que le contribuable ne peut ni contester des cotisations différentes de celles qu'il a visées dans sa réclamation, ni prétendre à un dégrèvement supérieur au montant du dégrèvement demandé dans sa réclamation.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment de la réclamation qu'elle a formée le 23 juillet 2014 auprès de l'administration fiscale, que la SAS Gras Savoye sollicitait la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les salaires mis à sa charge au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013 à hauteur de 1 736 279 euros. Par suite, c'est à tort que les premiers juges ont prononcé la décharge de ces rappels pour un montant de 1 776 983 euros. Dès lors, il y a lieu de remettre à la charge de la société la différence entre ces deux montants, soit la somme de 40 704 euros.
Sur la requête de la SAS Gras Savoye :
5. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifié. / 2 bis. Pour l'application des 1 et 2, les produits correspondant à des créances sur la clientèle ou à des versements reçus à l'avance en paiement du prix sont rattachés à l'exercice au cours duquel intervient la livraison des biens pour les ventes ou opérations assimilées et l'achèvement des prestations pour les fournitures de services. / Toutefois, ces produits doivent être pris en compte : a. Pour les prestations continues rémunérées notamment par des intérêts ou des loyers et pour les prestations discontinues mais à échéances successives échelonnées sur plusieurs exercices, au fur et à mesure de l'exécution () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code des assurances, dans sa version applicable au litige : " I. - L'intermédiation en assurance ou en réassurance est l'activité qui consiste à présenter, proposer ou aider à conclure des contrats d'assurance ou de réassurance ou à réaliser d'autres travaux préparatoires à leur conclusion. N'est pas considérée comme de l'intermédiation en assurance ou en réassurance l'activité consistant exclusivement en la gestion, l'estimation et la liquidation des sinistres ".
6. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre de son activité de courtage, la SAS Gras Savoye, fournit à la fois une prestation d'entremise correspondant à l'acquisition du contrat d'assurance au profit de l'assureur et une prestation de gestion effectuée pour le compte de l'assureur notamment en cas de sinistre. Au cours du contrôle, le service vérificateur a constaté que, pour leur enregistrement comptable et fiscal à la clôture des exercices concernés, la société n'avait pas distingué ces deux types de prestations selon leur nature, mais avait inscrit en produits constatés d'avance les commissions afférentes aux contrats dont la période de couverture de la police débutait l'exercice suivant et a donc imposé ces commissions au titre de l'exercice de commencement de la période de couverture de la police. L'administration fiscale a considéré qu'il y avait lieu de distinguer entre la prestation d'entremise ou d'intermédiation et la prestation de gestion, et que les commissions relatives à l'entremise, qui ne rémunèrent que l'apport du contrat à l'assureur, à savoir une opération d'entremise ponctuelle, correspondaient à des prestations achevées au moment de l'émission des primes d'assurance et de la facturation des commissions et non à des prestations continues, et étaient donc imposables, en application du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, au titre de ce même exercice, sans attendre l'exercice suivant de début du contrat d'assurance.
7. En premier lieu, pour contester l'exercice de rattachement de ces seules commissions d'intermédiation, la société soutient qu'elle exerce une activité globale de courtage comprenant deux prestations indissociables, l'entremise et la gestion et que la seconde étant prépondérante, la prestation globale doit être qualifiée de prestation continue. Si elle ne conteste pas qu'il existe bien deux prestations, elle fait valoir que la dissociation opérée n'est pas justifiée au regard de la réalité de son activité de courtier en assurance, dès lors que l'ensemble des missions réalisées sont rémunérées par une commission de courtage unique, que les conventions de courtage sont majoritairement pluriannuelles ou renouvelées tacitement, sans que le montant de la commission varie et que les commissions faisant l'objet d'une comptabilisation sous forme de produits constatés d'avance sont principalement des renouvellements de conventions tacites pour lesquels elle n'a réalisé aucune prestation d'entremise. Elle produit en ce sens un tableau d'analyse interne aux termes duquel les polices avec reconduction tacite représentent 97,07 % des polices en montant et 98,68 % en nombre en 2010, et 92,68 % en montant et 98,12 % en nombre en 2011, ainsi qu'une analyse approfondie de la sélection des 18 principales transactions ayant donné lieu à la comptabilisation de produits constatés d'avance en 2011, représentant 27,61% du montant total des produits constatés d'avance pour l'exercice concerné, dont il résulterait que la très grande majorité des transactions sélectionnées (14 sur 18) correspondent à des transactions pour lesquelles le placement a été réalisé au titre d'un exercice antérieur, et des conventions pluriannuelles ou renouvelées tacitement pour lesquelles la mission d'intermédiation n'est réalisée qu'au titre du premier exercice. Toutefois, outre qu'il existe bien une différence de nature entre l'activité d'intermédiation en assurance et l'activité de gestion, ainsi qu'il résulte notamment des dispositions précitées de l'article L. 511-1 du code des assurances, il résulte de l'instruction, que les deux prestations ne sont pas toujours réalisées par la requérante, certaines polices d'assurance ne comportant aucune prestation d'entremise mais seulement une prestation de gestion, tandis que, pour d'autres, la société met en relation l'assureur et le client sans ensuite gérer les contrats. Pour considérer qu'il avait lieu de distinguer entre la prestation d'entremise ou d'intermédiation et la prestation de gestion et pour déterminer le montant des commissions respectives, l'administration s'est notamment fondée, au vu des seuls documents produits par la société, sur un protocole de gestion conclu avec la société Axa et sur une convention de délégation conclue avec la CNP, desquels il ressort que les commissions d'acquisition s'élèvent à 5 % des cotisations tandis que les commissions de gestion sont respectivement de 6, 7 ou 8 % et de 8 % et prévoient ainsi des tarifs différents. Sur la base de ces éléments, elle a réalisé un inventaire en 2011 dont il résulte que 50 % des commissions comptabilisées en produits constatés d'avance sont des commissions d'entremise. En se bornant à se prévaloir de l'imprécision de la méthode de l'administration et de l'existence, sans les produire, de nombreux contrats ne valorisant pas distinctement les prestations d'entremise et de gestion, la société, qui est seule à même d'apporter les éléments de preuve en la matière, ne contredit pas utilement les allégations de l'administration. Si elle produit un autre type de contrat conclu avec la société Generali qui prévoit une rémunération globale, elle n'établit toutefois pas, ainsi que l'a relevé le tribunal, qu'un tel type de contrat serait prépondérant dans son activité. Par ailleurs, et eu égard à ce qui précède la seule circonstance que des commissions soient payées au titre d'une année de renouvellement tacite du contrat ne saurait pour autant justifier l'existence d'une prestation globale. Dans ces conditions, et alors que la prestation d'entremise du courtier correspondant au service rendu lors du rapprochement de l'assureur et de l'assuré doit être regardée comme achevée lors de la conclusion du contrat, il ne résulte pas de l'instruction que l'activité de la SAS Gras Savoye constituerait une prestation globale continue ni d'ailleurs que celle-ci serait essentiellement constituée de contrats prévoyant une rémunération globale et non des commissions d'entremise et des commissions de gestion, sans d'ailleurs qu'y fasse obstacle la circonstance que l'une des prestations aurait un caractère prédominant par rapport à l'autre. C'est dès lors à bon droit que l'administration a considéré, en application des dispositions du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, que la créance correspondant à la prestation d'entremise devait être rattachée à l'exercice au cours duquel l'accord entre le vendeur et l'acheteur, que le courtier a rapprochés, est conclu.
8. En second lieu, la SAS Gras Savoye soutient, à titre subsidiaire, que le taux de 50 % pour la détermination du pourcentage des produits constatés d'avance correspondant à des prestations d'entremise retenu par l'administration est erroné et qu'il devrait être réduit à 3 %. Il résulte toutefois de l'instruction que l'administration s'est fondée sur un inventaire de commissions relatives à deux protocoles, le protocole de gestion conclu avec la société Axa et la délégation de gestion conclue avec la CNP, dont il ressort que la proportion des prestations d'entremise est de 49,33 %, arrondie à 50 %. En se bornant à produire une analyse, établie par ses soins, non assortie de pièces justificatives, dont il ressort que les polices avec reconduction tacite représentent 97,07 % des polices en montant et 98,68 % en nombre en 2010, et 92,68 % en montant et 98,12 % en nombre en 2011, la société ne remet pas en cause la détermination de la rémunération propre aux prestations d'entremise effectuée par le service valorisée à 50 % des produits constatés d'avance.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la société Gras Savoye n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant au rétablissement de son déficit fiscal reportable au titre des exercices clos en 2010 et en 2011. Sa requête doit, dès lors, être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens, dont aucuns n'ont été exposés.
DECIDE :
Article 1er : Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les salaires au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013 sont remis à la charge de la SAS Gras Savoye à hauteur de 40 704 euros.
Article 2 : Le jugement du 27 mars 2020 du tribunal administratif de Montreuil est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.
Article 3 : La requête n° 20VE02094 de la SAS Gras Savoye est rejetée.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la SAS Gras Savoye et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
Mme Danielian, présidente assesseure,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
I. DanielianLa présidente,
L. Besson-LedeyLa greffière,
A. Audrain-Foulon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°S 20VE01775, 20VE02094
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
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Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
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04/05/2026