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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-20VE01838

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-20VE01838

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-20VE01838
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantQUENTIN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédures contentieuses antérieures :

I°) La société en commandite simple (SCS) GE Medical Systems a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2012 pour un montant de 8 069 euros et au titre de l'exercice clos en 2013 pour un montant de 4 518 euros.

II°) La société par actions simplifiée (SAS) GE France a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2012 pour un montant de 1 157 991 euros et au titre de l'exercice clos en 2013 pour un montant de 648 350 euros.

Par un jugement nos 1800950, 1800951 du 27 février 2020, le tribunal administratif de Montreuil après avoir joint les requêtes, a déchargé les sociétés GE Medical Systems et GE France des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour l'année 2013 à raison du projet n° 34 " Développement d'une solution sous Java d'anonymisation de fichiers DICOM pour le traitement des erreurs natives " et a rejeté le surplus de leurs demandes.

Procédures devant la cour :

I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juillet 2020 et 14 septembre 2021 sous le n° 20VE01838, la SCS GE Medical Systems, représentée par Me Quentin, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2012 et 2013 et restant à sa charge pour un montant de 11 843 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société GE Medical Systems soutient que :

- compte-tenu de la complexité des projets développées au cours des années 2012 et 2013 et de l'absence d'expertise technique réalisée par le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (MESRI), il est nécessaire que la cour nomme un expert judiciaire indépendant pour exprimer une position scientifique sur l'éligibilité des projets en litige au crédit d'impôt recherche ;

- les projets n° 35-2012 " Développement de nouveaux systèmes de maintenance proactive et technologies IT associés ", n° 36-2012 " Développement d'applicatifs de gestion pour le domaine hospitalier " et n° 33-2013 " Développement d'une plateforme applicative Cloud de gestion pour les hôpitaux ", qui s'inscrivent dans le cadre d'une démarche expérimentale et présentent un caractère de nouveauté, remplissent les critères d'éligibilité au crédit d'impôt recherche ;

- le projet n° 50 " Système de recherche pour interroger et rechercher des données issues de multiples sources transactionnelles ", présenté au titre de l'année 2014, a été entrepris dans la continuité des projets n° 36-2012 et n° 33-2013 ; or, ce projet a été déclaré éligible par les experts du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ;

- la notion de développement expérimental a été précisée par la doctrine administrative référencée BOI-BIC-RICI-10-10-10-20 du 12 septembre 2012.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société GE Medical Systems ne sont pas fondés.

II°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juillet 2020 et 14 septembre 2021 sous le n° 20VE01839, la SAS GE France, représentée par Me Quentin, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce même jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2012 et 2013 et restant à sa charge pour un montant de 1 632 839 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société GE France soutient que :

- compte-tenu de la complexité des projets développées au cours des années 2012 et 2013 et de l'absence d'expertise technique réalisée par le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (MESRI), il est nécessaire que la cour nomme un expert judiciaire indépendant pour exprimer une position scientifique sur l'éligibilité des projets en litige au crédit d'impôt recherche ;

- les projets n° 35-2012 " Développement de nouveaux systèmes de maintenance proactive et technologies IT associés ", n° 36-2012 " Développement d'applicatifs de gestion pour le domaine hospitalier " et n° 33-2013 " Développement d'une plateforme applicative Cloud de gestion pour les hôpitaux ", qui s'inscrivent dans le cadre d'une démarche expérimentale et présentent un caractère de nouveauté, remplissent les critères d'éligibilité au crédit d'impôt recherche ;

- le projet n° 50 " Système de recherche pour interroger et rechercher des données issues de multiples sources transactionnelles ", présenté au titre de l'année 2014, a été entrepris dans la continuité des projets n° 36-2012 et n° 33-2013 ; or, ce projet a été déclaré éligible par les experts du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ;

- la notion de développement expérimental a été précisée par la doctrine administrative référencée BOI-BIC-RICI-10-10-10-20 du 12 septembre 2012.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société GE France ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Deroc, rapporteure publique,

- et les observations de Me Quentin, représentant les sociétés GE Medical Systems et GE France.

Considérant ce qui suit :

1. La SCS GE Medical Systems, qui est spécialisée dans le secteur d'activité de la fabrication d'équipements d'imagerie médicale, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale a remis en cause l'éligibilité de quatre projets au crédit d'impôt recherche, d'une part, les projets n° 35 " Développement de nouveaux systèmes de maintenance proactive et technologies IT associés " et n° 36 " Développement d'applicatifs de gestion pour le domaine hospitalier " au titre de l'exercice clos en 2012, d'autre part, les projets n° 33 " Développement d'une plateforme applicative Cloud de gestion pour les hôpitaux " et n° 34 " Développement d'une solution sous Java d'anonymisation de fichiers DICOM pour le traitement des erreurs natives " au titre de l'exercice clos en 2013. Les rehaussements d'impôt sur les sociétés et les contributions additionnelles à l'impôt sur les sociétés au titre de ces deux années ont été mises en recouvrement auprès, d'une part, de la société GE Medical Systems, pour le compte de son associé commanditaire, Parallel Design, pour un montant total de 442 176 euros et, d'autre part, de la société GE France, pour le compte de la société GE Industrial France, associé commandité de la société GE Medical Systems, pour un montant total de 20 971 569 euros. Les sociétés GE Medical Systems et GE France ont demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elles ont été assujetties au titre des exercices clos en 2012 et 2013. Par un jugement du 27 février 2020, le tribunal a déchargé les deux sociétés des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour l'année 2013 à raison seulement du projet n° 34 " Développement d'une solution sous Java d'anonymisation de fichiers DICOM pour le traitement des erreurs natives ". Les sociétés GE Medical Systems et GE France relèvent appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de leurs demandes

2. Les requêtes n° 20VE01838 et 20VE01839 sont relatives à un même litige et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.

Sur le bien-fondé des impositions en litige :

3. Aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts : " Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année ". L'article 49 septies F de l'annexe III à ce code prévoit : " Pour l'application des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts, sont considérées comme opérations de recherche scientifique ou technique : / a. Les activités ayant un caractère de recherche fondamentale, qui pour apporter une contribution théorique ou expérimentale à la résolution des problèmes techniques, concourent à l'analyse des propriétés, des structures, des phénomènes physiques et naturels, en vue d'organiser, au moyen de schémas explicatifs ou de théories interprétatives, les faits dégagés de cette analyse ; / b. Les activités ayant le caractère de recherche appliquée qui visent à discerner les applications possibles des résultats d'une recherche fondamentale ou à trouver des solutions nouvelles permettant à l'entreprise d'atteindre un objectif déterminé choisi à l'avance. / Le résultat d'une recherche appliquée consiste en un modèle probatoire de produit, d'opération ou de méthode ; / c. Les activités ayant le caractère d'opérations de développement expérimental effectuées, au moyen de prototypes ou d'installations pilotes, dans le but de réunir toutes les informations nécessaires pour fournir les éléments techniques des décisions, en vue de la production de nouveaux matériaux, dispositifs, produits, procédés, systèmes, services ou en vue de leur amélioration substantielle. Par amélioration substantielle, on entend les modifications qui ne découlent pas d'une simple utilisation de l'état des techniques existantes et qui présentent un caractère de nouveauté ".

4. Il résulte de ces dispositions que ne peuvent être prises en compte pour le bénéfice du crédit d'impôt en faveur de la recherche, que les dépenses exposées pour le développement de logiciels dont la conception ne pouvait être envisagée, eu égard à l'état des connaissances techniques à l'époque considérée, par un professionnel averti, par simple développement ou adaptation de ces techniques. Des opérations consistant à perfectionner des matériels ou procédés existants, ou à en développer des fonctionnalités particulières, et qui se traduisent par des améliorations non substantielles de techniques déjà existantes ne caractérisent pas des opérations de développement expérimental présentant un caractère de nouveauté. Il appartient au juge de l'impôt de constater, au vu de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet, qu'une entreprise remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal institué par l'article 244 quater B du code général des impôts.

5. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur, après avoir sollicité l'appui d'un vérificateur analyste à la direction des vérifications nationales et internationales au sein de la brigade de vérification des comptabilités informatisées, a remis en cause l'éligibilité des trois projets en litige au crédit d'impôt recherche au titre des années 2012 et 2013.

En ce qui concerne l'éligibilité du projet n° 35-2012 " Développement de nouveaux systèmes de maintenance proactive et technologies IT associés " :

6. Il résulte de l'instruction que ce projet se divise en trois sous-projets.

Le sous-projet " Digitalisation " a pour objectif la mise en place d'une gestion électronique de documents interne et le sous-projet " Icenter " le développement d'un outil d'aide à la décision et d'optimisation de l'utilisation des équipements hospitaliers . Le sous-projet " Siebel " vise à remplacer l'outil de facturation des prestations de services intitulé " Must ". Si les sociétés requérantes soutiennent qu'elles ont présenté un dossier technique complet comprenant un état de l'art, lequel n'a pas été analysé par l'administration, ainsi qu'une note complémentaire, ces documents se bornent à faire état, de manière descriptive et générique, des développements historiques antérieurs et de l'intérêt des développements envisagés, sans présenter d'analyse relative à l'état des connaissances et aux incertitudes scientifiques à surmonter. En outre, les travaux entrepris dans le cadre de ces trois sous-projets font apparaître que les sociétés requérantes se sont fondées en partie sur des projets existants ou une adaptation des techniques existantes et ne présentent pas un caractère de nouveauté. Dans le cadre du projet " Digitalisation ", les travaux sur les métadonnées et les " invoice package " adaptent au domaine hospitalier des techniques connues et ceux relatifs à l'envoi de pièces jointes et le renommage des fichiers visent à améliorer la solution proposée par la société Opentext. Le projet " Icenter ", qui vise au développement d'un outil d'aide à la décision et d'optimisation de l'utilisation des équipements hospitaliers, ne remédie qu'à des difficultés fonctionnelles et n'introduit aucune rupture avec les connaissances existantes. Enfin, pour développer le projet " Siebel ", la société SCS GE Medical System s'est appuyée sur l'outil de gestion de la relation client Siebel de la société Oracle et sur le logiciel Informatica, sans identifier précisément les incertitudes scientifiques en matière de virtualisation auxquelles elle entendait remédier. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé que les dépenses exposées par les requérantes dans le cadre du projet 35 qui ne caractérisait pas des opérations de développement expérimental présentant un caractère de nouveauté, n'étaient pas éligibles au crédit d'impôt en faveur de la recherche au titre de l'année 2012.

En ce qui concerne l'éligibilité du projet n° 36-2012 " Développement d'applicatifs de gestion pour le domaine hospitalier " :

7. Il résulte de l'instruction que ce projet a pour objectif de dépasser le fonctionnement en mode fermé de l'application existante Intuitive, dont le rôle est de coordonner le cycle de vie des appareils médicaux et les interventions de maintenance, en vue de créer une application de gestion de maintenance dans un " nuage " informatique. Ce projet vise à augmenter le nombre de clients dans le monde, à permettre aux utilisateurs de bénéficier de la dernière version du logiciel, à rendre possible l'alimentation de l'application par des flux de données en provenance de General Electric et, à terme, de mettre en commun une partie des informations des utilisateurs en mode anonymisé. Les sociétés requérantes identifient des difficultés techniques tenant au défaut de maturité et de standardisation de la solution Microsoft Azure, aux contraintes d'authentification et de gestion de l'identité de l'utilisateur et à l'évaluation des performances. Elles estiment que leurs travaux viennent remédier aux verrous techniques existants, dans le domaine de la migration dans un environnement " en nuage informatique ", en proposant des leviers de résolution propres à la solution Windows Azure. Toutefois, ainsi que l'a relevé l'administration, l'état de l'art présenté est insuffisant dès lors qu'il se résume à la description des apports de la communauté scientifique sur le sujet de la migration dans le " nuage " et des problèmes associés, sans faire état des incertitudes scientifiques et techniques que le projet envisagé devait permettre de dissiper. En outre, il résulte de l'instruction que le projet repose en partie sur des travaux de conversion ou d'adaptation de la solution Microsoft Azure et que les difficultés alléguées pouvaient être résolues par simple développement ou adaptation des connaissances techniques existantes.

En ce qui concerne l'éligibilité du projet n° 33-2013 " Développement d'une plateforme applicative Cloud de gestion pour les hôpitaux " :

8. Les sociétés requérantes soutiennent que les travaux engagés dans le cadre de ce projet, lequel vise à dissiper l'incertitude scientifique liée à l'intégration automatique de données issues de sources hétérogènes et à remédier aux risques associés pesant sur l'alignement et la qualité des données, sont des travaux de recherche et développement éligibles au crédit d'impôt recherche. Cependant, l'état de l'art présenté se borne à décrire les différentes approches d'intégration de données et les contraintes liées à l'hétérogénéité de ces données. Les requérantes n'apportent pas de précisions suffisantes de nature à démontrer que la mise en place de ce nouvel environnement de développement pour l'hôpital présenterait un caractère de nouveauté, en rupture avec les connaissances techniques existantes. En outre, il résulte de l'instruction que les travaux effectués se fondent sur des techniques existantes pour tenter de remédier, par le développement de nouvelles fonctionnalités, aux lacunes identifiées et ne présentent donc pas un caractère de nouveauté au sens des dispositions précitées de l'article 49 septies F de l'annexe 3 au code général des impôts.

9. Si les sociétés requérantes soutiennent que le projet n° 50 " Système de recherche pour interroger et rechercher des données issues de multiples sources transactionnelles ", présenté au titre de l'année 2014 et déclaré éligible par les experts du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, a été entrepris dans la continuité des projets n° 36-2012 et n° 33-2013, il ne résulte pas de l'instruction, au regard des éléments produits par les sociétés requérantes, que ce projet s'inscrivait dans la continuité des deux précédents ou, à supposer même qu'un lien puisse être établi entre ces projets, que les travaux menés dans le cadre du projet n° 50-2014 impliqueraient nécessairement de regarder les projets n° 36-2012 et n° 33-2013 comme s'inscrivant dans le cadre de démarches de développement expérimental identiques et présentant également un caractère de nouveauté.

10. Enfin, à supposer que les sociétés requérantes aient entendu se prévaloir des commentaires administratifs publiés au BOFiP le 12 septembre 2012 sous la référence BOI-BIC-RICI-10-10-10-20, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, ceux-ci ne comportent pas une interprétation différente de la loi fiscale dont il est fait application dans le présent arrêt.

11. Il résulte de ce qui précède que les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir le projet n° 36 au titre de l'année 2012 et le projet n° 33 au titre de l'année 2013 étaient éligibles au crédit d'impôt en faveur de la recherche.

Sur les conclusions tendant à la désignation d'un expert indépendant :

12. L'état du dossier ayant permis à la cour de se prononcer sur le litige, il n'y a pas lieu d'ordonner l'expertise sollicitée. Ainsi les conclusions tendant à la désignation d'un expert indépendant ne peuvent qu'être rejetées.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés GE Medical Systems et GE France ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté le surplus de leurs demandes. Leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes n° 20VE01838 de la société GE Medical Systems et n° 20VE01839 de la société GE France sont rejetées.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société GE Medical Systems, à la société GE France et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,

M. Lerooy, premier conseiller,

Mme Liogier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

Le rapporteur,

D. ALa présidente,

L. Besson-LedeyLa greffière,

A. Audrain-FoulonLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier,

Nos 20VE01838

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