mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-20VE01937 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DE COMBLES DE NAYVES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, ainsi que des intérêts de retard et majoration qui s'y rapportent, auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2011, et de mettre à la charge de l'État les dépens et le paiement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1800692 du 11 juin 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 6 août 2020, M. B, représenté par Me de Combles de Nayves, avocat, demande à la cour :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 811-17 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 28 novembre 2017 et, partant, de l'exécution de la mise en recouvrement des sommes contestées ;
2°) de sursoir à statuer jusqu'à la décision définitive de la juridiction pénale le concernant à intervenir ;
3°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Versailles ;
4°) de prononcer, en droits, intérêts de retard et pénalités, la décharge sollicitée au titre de l'année 2011 ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mise en recouvrement de la somme de 396 668 euros, alors qu'il prépare sa défense en vue de sa comparution devant le tribunal correctionnel, porte atteinte aux droits de la défense et à la présomption d'innocence protégés par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, met en péril sa situation familiale et porte donc atteinte à sa vie privée protégée par l'article 8 de la même convention, et l'empêche de se présenter sereinement devant les juges ; cette imposition assortie de pénalités de retard assimilables à des sanctions porte le risque de double sanction en violation du principe non bis in idem ; par suite, il y a lieu d'ordonner, en application de l'article R. 811-7 du code de justice administrative, le sursis à l'exécution de la mise en recouvrement ;
- le raisonnement de l'administration repose sur une lecture partielle du dossier pénal, non encore jugé et l'administration n'a pas analysé les pièces résultant des quatre années d'instruction et couvertes par le secret de l'instruction, de sorte que sa position porte atteinte aux droits de la défense et qu'il y a lieu, pour la cour, de sursoir à statuer jusqu'au jugement définitif sur le plan répressif ;
- il n'a pas perçu de fonds dans le cadre de la campagne électorale pour les élections municipales de 2010 dans la commune de Corbeil-Essonnes ;
- à titre subsidiaire, les sommes ont, à tort, été imposées dans la catégorie des bénéfices non commerciaux alors que la condition tenant à ce que l'activité soit exercée de manière habituelle, et donc à la nécessité d'une répétition pendant plusieurs années, fait défaut ; il a d'ailleurs bénéficié d'un non-lieu pour les faits concernant l'année 2009 de sorte que seule est en cause l'année 2010 ;
- le délai spécial de reprise prévu à l'article L. 169 du livre des procédures fiscales n'était pas applicable dès lors qu'il n'était pas contraint de faire connaître une quelconque activité auprès d'un quelconque organisme, ni soumis à une obligation déclarative, n'exerçant aucune activité professionnelle au sens de ces dispositions, laquelle doit être exercée à titre habituel ; il n'a, en effet, perçu que deux virements pour des montants respectifs de 200 000 euros qui ne constituent en rien la contrepartie d'une activité exercée à titre habituel ;
- il n'a aucunement pu prendre part aux campagnes électorales menées en 2009 et 2010 dans la mesure où il était alors employé à temps plein par l'association Raid Aventure, en France et à l'étranger ; il a, en outre, travaillé pour la société Point S en vue d'une implantation au Mali ;
- le service a, à tort, appliqué la majoration prévue du c) du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, aucune activité occulte n'étant établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2021, et des pièces complémentaires, enregistrées le 17 mai 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 811-7 du code de justice administrative sont irrecevables et que, pour le surplus des conclusions de la requête, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Huon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de l'exercice de son droit de communication prévu aux articles L. 81, L. 81 C et R.*81-4 du livre des procédures fiscales, l'administration fiscale a obtenu du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris, le 20 août 2015, l'autorisation de consulter et de prendre copie de pièces de l'information judiciaire n° P 10 302 092 053 ouverte pour des chefs de corruption active et passive d'une personne détenant un mandat électif, abus de biens sociaux, achats de vote, blanchiment, complicité et recel de ces infractions, financement illicite de campagne électorale, concernant les élections municipales de Corbeil-Essonnes des 9 et 16 mars 2008, des 27 septembre et 4 octobre 2009 et des 5 et 12 décembre 2010, recel et blanchiment de ces infractions, et blanchiment de fraude fiscale. L'administration a estimé, au vu des informations ainsi obtenues, que M. B devait être regardé comme ayant exercé une activité non déclarée d'animation de réseaux d'influence, relevant de la catégorie des bénéfices non commerciaux en vertu du 1. de l'article 92 du code général des impôts, à raison de laquelle il avait perçu, en 2011, deux virements de 200 000 euros chacun sur un compte bancaire ouvert la même année au Liban. Elle a relevé, à cet égard, l'absence de déclaration du compte bancaire et des sommes perçues sur ce compte, et que l'intéressé ne s'est pas fait connaître d'un centre de formalité des entreprises. A l'issue des opérations de contrôle, le service a donc notifié à l'intéressé des redressements à raison de la réintégration de ces sommes non déclarées dans ses revenus imposables, selon la procédure d'évaluation d'office prévue par le 3° de l'article L. 68 et le 2° de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales. Il a assorti les impositions supplémentaires ainsi mises à la charge de M. B des intérêts de retard et de la majoration de 80 % prévue au c) du 1. de l'article 1728 du code général des impôts. M. B fait appel du jugement du 11 juin 2020 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande en décharge, en droits et majorations, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a ainsi été assujetti.
Sur la fin de non-recevoir partielle opposée par le ministre de l'économie, des finances et de la relance :
2. Aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre. ". Aux termes de l'article R. 811-17 du même code : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ". Enfin, aux termes de l'article R. 811-17-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant, en application des dispositions des articles R. 811-15 à R. 811-17, au sursis à l'exécution de la décision de première instance attaquée doivent être présentées par requête distincte du recours en appel et accompagnées d'une copie de ce recours ".
3. M. B a interjeté appel du jugement du 11 juin 2020 du tribunal administratif de Versailles en présentant, par une seule et même requête, des conclusions aux fins d'annulation et de suspension de l'exécution de la décision du 28 novembre 2017 rejetant sa réclamation contentieuse et, partant, de la mise en recouvrement des impositions. Il résulte des dispositions précitées que cette dernière demande, qui, en tant qu'elle est présentée sur le fondement de l'article R. 811-17 du code de justice administrative, doit être regardée comme tendant au sursis à exécution de la décision de première instance, est irrecevable faute d'avoir été présentée par mémoire distinct. Dès lors, ces conclusions étant irrecevables, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée, à ce titre, par le ministre.
Sur les conclusions en décharge des impositions contestées :
En ce qui concerne l'existence d'une activité d'animation de réseaux d'influence et la réalité de la perception de revenus :
4. M. B conteste, à titre principal, avoir exercé l'activité d'animation de réseaux d'influence avancée par l'administration et avoir été rémunéré à cette fin. Il fait valoir en ce sens que, jusqu'au mois de janvier 2011, au moment des faits reprochés, il travaillait à temps plein pour l'association Raid Aventure sur un projet " Prox Aventure ", tant en France qu'à l'étranger, de sorte que le rôle qui lui a été attribué pendant les élections municipales des années 2009 et 2010 n'est pas établi. Toutefois, le ministre de l'économie, des finances et de la relance souligne qu'en contrepartie de sa participation à une structure pyramidale d'achat de votes instituée dans la ville de Corbeil-Essonnes en vue des élections municipales de 2010, M. B a perçu, sur un compte bancaire ouvert au Liban, une somme de 400 000 euros. Il produit en ce sens plusieurs documents obtenus par l'administration fiscale de l'autorité judiciaire, dont plusieurs extraits de procès-verbaux d'audition de l'intéressé ainsi que de personnes impliquées dans le dispositif destiné à influencer les votes en faveur d'un candidat déterminé, dont il résulte que M. B y a joué un rôle d'organisateur et d'intermédiaire, que les participants à ce dispositif ont été rétribués à cette fin dans le cadre de versements effectués sur des comptes bancaires situés au Liban et que deux sommes de 200 000 euros ont été portées au crédit d'un compte bancaire qu'il détenait au Liban, provenant de membres de la famille d'une autre personne mise en cause. Ces éléments ne sont pas sérieusement contestés par M. B qui, d'une part, soutient seulement qu'il ne pouvait, en 2009 et 2010, avoir pris part aux campagnes électorales du fait de sa situation professionnelle, sans pour autant justifier, par les seules pièces produites, d'une telle impossibilité et, d'autre part, se borne à contester avoir été rémunéré dans ce cadre sans apporter la moindre justification, ni même explication, quant à l'origine de la somme de 400 000 euros portée sur son compte bancaire libanais en 2011. M. B a d'ailleurs été reconnu coupable, pour ces faits, par le tribunal correctionnel de Paris, le 17 décembre 2020, notamment du délit d'achat de votes prévu à l'article L. 106 du code électoral, de complicité par aide ou assistance du délit de financement illégal de campagne électorale prévu à l'article L. 113-1 du même code, de concours à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit direct ou indirect du délit de blanchiment de financement illicite de campagne électorale prévu à l'article 324-1 du code pénal et du délit de blanchiment de fraude fiscale. Dans ces conditions, le ministre de l'économie, des finances et de la relance doit être regardé comme apportant la preuve qui lui incombe de l'existence de l'activité opposée à M. B et d'une rémunération perçue en contrepartie.
En ce qui concerne la qualification d'activité occulte, l'extension du délai de reprise et l'imposition dans la cédule des bénéfices non commerciaux :
5. M. B conteste, à titre subsidiaire, les cotisations supplémentaires d'impôt auxquelles il a été assujetti à raison de cette somme de 400 000 euros portée au crédit de son compte bancaire situé au Liban en 2011 en faisant valoir, d'une part, l'irrégularité de l'imposition de cette somme dans la cédule des bénéfices non commerciaux et, d'autre part, l'irrégularité de l'extension du délai de reprise opposée par l'administration sur le fondement de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales. Il se prévaut, à l'appui de ces deux moyens, d'un unique et même argument tiré du caractère non habituel de son activité non déclarée d'animation de réseaux d'influence.
6. Toutefois et d'une part, aux termes de l'article 92 du code général des impôts :
" 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ".
7. M. B fait valoir que l'administration fiscale ne produit aucun élément permettant d'établir le caractère habituel de son activité qualifiée par le vérificateur " d'animation de réseaux d'influence ", alors qu'un tel caractère implique une répétition d'actes pendant plusieurs années, qu'il a bénéficié d'un non-lieu pour des faits concernant l'année 2009, et qu'il a seulement été mis en cause pour l'année 2010. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé au point 4. du présent arrêt que le profit de 400 000 euros retiré en 2011 de l'activité en cause constitue la rémunération des démarches multiples et diligences répétées auxquelles il s'est livré, dans le cadre du mécanisme d'achat de votes institué par des tiers afin d'influencer les votes en faveur d'un candidat déterminé lors des campagnes des scrutins municipaux des 5 et 12 décembre 2010 à Corbeil-Essonnes. La circonstance que le profit a été perçu par lui en une ou deux fois et que les faits ne se sont pas répétés sur plusieurs années est sans influence sur l'assujettissement de ce profit à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices des professions non commerciales dès lors que les démarches et diligences ainsi accomplies par M. B au cours des campagnes électorales susmentionnées, au point que l'intéressé soit regardé comme ayant joué un rôle d'organisateur dans le dispositif mis en place, sont également, par nature, de celles qui peuvent se renouveler. Ce dernier se sauraient, à cet égard, utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des commentaires administratifs publiés au BOFiP sous la référence BOI-BNC-BASE-60 n° 30 du 12 septembre 2012, qui sont postérieurs aux impositions en litige et sont, au surplus, relatifs à une autre question, à savoir le régime fiscal des déficits et pertes subis dans le cadre d'une activité non commerciale. Le moyen soulevé à ce titre par l'intéressé ne peut, par suite, qu'être écarté sur le terrain de la loi comme sur celui de la doctrine.
8. D'autre part, M. B ne saurait en tout état de cause utilement faire valoir que le service ne pouvait bénéficier du délai de reprise de dix ans prévu par l'article L. 169 du livre des procédures fiscales en cas de découverte d'une activité occulte, de sorte que la proposition de rectification du 17 décembre 2015 relative à l'année 2011 concernerait une période prescrite, dès lors qu'il résulte de l'instruction, et notamment de cette proposition de rectification, que le service, pour se prévaloir du délai de reprise étendu, s'est également fondé sur les dispositions de l'article L. 188 C du même livre, dont l'application n'est pas contestée, selon lesquelles " Même si les délais de reprise sont écoulés, les omissions ou insuffisances d'imposition révélées par une procédure judiciaire, par une procédure devant les juridictions administratives ou par une réclamation contentieuse peuvent être réparées par l'administration des impôts jusqu'à la fin de l'année suivant celle de la décision qui a clos la procédure et, au plus tard, jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ".
En ce qui concerne les pénalités :
9. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () / c. 80 % en cas de découverte d'une activité occulte. / () ".
10. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a précédemment été rappelé, que M. B a exercé une activité d'entremise dans le cadre de la campagne de l'un des candidats aux scrutins des 5 et 12 décembre 2010 dans la ville de Corbeil-Essonnes, au sein d'une organisation structurée, au point d'en être regardé comme l'un des organisateurs et de percevoir en contrepartie de ses diligences une rémunération de 400 000 euros. Cette activité revêtait ainsi, en raison de son caractère habituel et de sa finalité lucrative, un caractère professionnel et était soumise, à ce titre, à l'obligation de déclaration auprès d'un centre de formalités des entreprises ou du tribunal de commerce ou des services fiscaux. Dans ces conditions, en relevant que l'activité de M. B n'avait fait l'objet d'aucune déclaration auprès des services fiscaux, d'un centre de formalités des entreprises ou du tribunal de commerce, alors que ce dernier ne fait état d'aucun élément justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ces obligations déclaratives, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du caractère occulte de l'activité en cause. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration lui a fait application de la pénalité de 80 % prévue par l'article 1728 du code général des impôts en cas d'activité occulte.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de sursoir à statuer dans l'attente de l'issue définitive de la procédure pénale alors surtout que M. B s'est refusé à apporter à la cour toutes précisions utiles sur ce point en dépit de plusieurs mesures d'instruction en ce sens, que ce dernier n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement contesté, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bresse, président de chambre,
Mme Danielian, présidente assesseure,
Mme Deroc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 juillet 2022.
La rapporteure,
M. DerocLe président,
P. BresseLa greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026