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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-20VE01982

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-20VE01982

jeudi 23 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-20VE01982
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantNIEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C D a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de condamner l'Etat à lui verser la somme de 79 671,50 euros, cette somme étant assortie des intérêts à compter du 29 mars 2016 et de la capitalisation des intérêts, en réparation de ses préjudices résultant de sa chute à l'entrée du centre des finances publiques de Levallois-Perret le 22 juin 2015.

Par un jugement avant dire droit n° 1707753 du 16 juin 2020, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, après avoir considéré que la responsabilité de l'Etat était engagée dans la survenance de l'accident, a prescrit une expertise relative à l'état de santé de Mme D.

Par un jugement n° 1707753 du 18 mai 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l'Etat à verser à Mme D la somme de 17 497,50 euros, avec intérêts à compter du 30 mars 2016 et capitalisation des intérêts à compter du 30 mars 2017, a condamné l'Etat à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, d'une part, la somme de 21 699,97 euros, avec intérêts et capitalisation des intérêts à compter du 4 septembre 2019, d'autre part, la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité de frais de gestion, a mis les dépens à la charge définitive de l'Etat et a mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros à Mme D et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.

Procédure devant la cour :

I. Par une requête, enregistrée le 10 août 2020 sous le n° 20VE01982, le ministre de l'action et des comptes publics demande à la cour :

1°)d'annuler le jugement avant dire droit n° 1707753 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 16 juin 2020 ;

2°)de prescrire une expertise sur l'état de la porte automatique ;

3°)de rejeter la demande de Mme D.

Il soutient que :

- le jugement attaqué est irrégulier, le tribunal n'ayant pas prescrit une expertise pour déterminer l'état de fonctionnement des portes le jour de l'accident ;

- le jugement attaqué est entaché d'une inexactitude matérielle des faits, Mme D s'étant engagée dans l'entrée alors que la porte automatique se refermait ;

- le jugement attaqué est entaché d'une inexacte qualification juridique des faits ; aucune pièce du dossier n'établit que la chute de Mme D est la conséquence directe du mauvais fonctionnement de la porte automatique ; aucune pièce du dossier n'établit un dysfonctionnement ou une défaillance de cet ouvrage ; Mme D ne peut être regardée comme apportant la preuve de l'existence d'un lien direct et certain entre l'état de l'ouvrage et les dommages résultant de son accident ; l'absence de maintenance de cette porte ne suffit pas à établir le dysfonctionnement de celle-ci le 22 juin 2015 ; le nettoyage du radar de la porte par le technicien le 25 juin 2015 ne permet pas d'établir la preuve du mauvais fonctionnement de la porte le 22 juin 2015 ; la présence d'une affichette d'information des usagers n'aurait pas empêché la survenance de l'accident dû à un défaut de prudence de Mme D alors âgée de soixante-quinze ans ;

- le jugement attaqué est entaché d'erreur de droit, la victime n'apportant pas la preuve que son préjudice est imputable à un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public et la responsabilité de l'Etat devant à tout le moins être limitée au regard de la faute d'imprudence commise par la victime.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2020, 20 novembre 2020, 9 mars 2021 et 31 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme représentée par Me Niel, avocat, demande à la cour :

1°)de rejeter la requête ;

2°)dans l'hypothèse où la cour annulerait ou réformerait le jugement attaqué, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 21 669,97 euros en remboursement des prestations en nature servies à Mme D, cette somme étant assortie des intérêts à compter du 4 septembre 2019 pour la somme de 21 298,09 euros et du 20 novembre 2020 pour le surplus et de la capitalisation, et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité de l'article L. 376-1 du code de justice administrative ;

3°)de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- elle intervient volontairement dès lors qu'elle vient aux droits et obligations de la caisse locale déléguée pour la sécurité sociale des travailleurs indépendants ;

- les dépenses de santé s'élèvent à la somme de 21 669,97 euros ; Mme D fait état de dépenses de cette nature à hauteur de 997,50 euros ;

- l'indemnité forfaitaire est désormais fixée à la somme de 1 114 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2020, Mme D, représentée par Me Ladreit de Lacharrière, avocat, demande à la cour de :

1°)rejeter la requête ;

2°)de condamner l'Etat à lui verser la somme de 79 671,50 euros avec intérêts à compter du 29 mars 2016 et capitalisation des intérêts ;

3°)de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2021 sous le n° 21VE01987, le ministre de l'action et des comptes publics demande à la cour d'annuler le jugement n° 1707753 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 18 mai 2021 et de rejeter la demande présentée par Mme D devant le tribunal administratif.

Il soutient que le jugement attaqué est entaché d'inexactitude des faits, d'erreur de qualification juridique des faits et d'erreur de droit et qu'il entend se référer à son argumentation produite dans l'instance n° 20VE01982.

Par deux mémoires en défense, enregistrés respectivement le 23 septembre 2021 et le 24 janvier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, représentée par Me Niel, avocat, demande à la cour :

1°)de rejeter la requête ;

2°)dans l'hypothèse où la cour annulerait ou réformerait le jugement attaqué, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 21 669,97 euros en remboursement des prestations en nature servies à Mme D, cette somme étant assortie des intérêts à compter du 4 septembre 2019 et de la capitalisation à compter du 4 septembre 2020 et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité de l'article L. 376-1 du code de justice administrative ;

3°)de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- elle intervient volontairement dès lors qu'elle vient aux droits et obligations de la caisse locale déléguée pour la sécurité sociale des travailleurs indépendants ;

- les dépenses de santé s'élèvent à la somme de 21 669,97 euros ; Mme D fait état de dépenses de cette nature à hauteur de 997,50 euros ;

- l'indemnité forfaitaire est fixée à la somme de 1 098 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2022, Mme D représentée par Me Ladreit de Lacharrière, avocat, demande à la cour :

1°)de rejeter la requête ;

2°)par la voie de l'appel incident, de condamner l'Etat à lui verser la somme complémentaire de 13 674 euros et de réformer le jugement attaqué sur ce point ;

3°)de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

-à la suite de sa chute, elle a dû mettre en place deux monte-escaliers pour la somme de 13 674 euros TTC.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 21 décembre 1993 relatif aux portes et portails automatiques et semi-automatiques sur les lieux de travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de Mme Sauvageot, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le ministre de l'action et des comptes publics relève appel du jugement avant dire droit du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 16 juin 2020 prescrivant une expertise relative à l'état de santé de Mme D et du jugement au fond du 18 mai 2021 condamnant l'Etat à verser à cette dernière la somme de 17 497,50 euros, assortie des intérêts et de la capitalisation des intérêts, en réparation de ses préjudices résultant d'une chute survenue le 22 juin 2015 à l'entrée du centre des finances publiques de Levallois-Perret. Mme D conclut au rejet des requêtes et sollicite, par voie d'appel incident, la condamnation de l'Etat à lui verser la somme complémentaire de 13 674 euros au titre des frais d'installation de deux monte-personnes dans son logement. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme doit être regardée comme concluant au rejet de la requête et à ce que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

2. Les requêtes sont dirigées contre un jugement avant dire droit et un jugement au fond rendus dans la même instance. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul arrêt.

Sur la régularité des jugements attaqués :

3. En premier lieu, si le tribunal administratif n'a pas prescrit une mesure d'expertise pour déterminer l'état de fonctionnement de la porte automatique qu'il a considérée à l'origine de la chute de Mme D, il ressort des motifs du jugement attaqué du 16 juin 2020, en particulier de son point 7, que celui-ci s'est estimé suffisamment informé à cet égard, la charge de la preuve de l'entretien normal de l'ouvrage incombant en l'espèce à l'administration. Par suite, le tribunal administratif n'a pas méconnu son office en s'abstenant de prescrire une mesure d'expertise sur ce point.

4. En deuxième lieu, les moyens tirés de ce que les jugements attaqués seraient entachés d'inexactitude matérielle des faits, d'erreurs de qualification juridique des faits et d'erreur de droit, se rattachent au bien-fondé de ces jugements et sont sans incidence sur leur régularité. Ils doivent, par suite, être écartés.

5. Enfin, contrairement à ce que soutient la CPAM du Puy-de-Dôme, le tribunal administratif, qui a condamné l'Etat à verser à Mme D la somme de 17 497,50 euros, n'a pas omis de statuer sur ses conclusions tendant au remboursement des dépenses de santé restées à sa charge ainsi qu'il résulte du point 5 du jugement attaqué.

Au fond :

Sur la responsabilité de l'Etat :

6. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'absence de défaut d'entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier d'un courriel du responsable du service des impôts des particuliers du 22 juin 2015, que Mme D a été victime, à cette même date dans la matinée, d'une chute dans le hall d'accueil du centre des finances publiques de Levallois-Perret, celle-ci ayant été déstabilisée par la fermeture d'une porte automatique vitrée. Le rapport du même jour établi par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris qui est intervenue pour lui porter secours confirme que la chute de Mme D est imputable à la fermeture de cette porte automatique. Il résulte de l'instruction, en particulier des documents médicaux produits par cette dernière, qu'elle a été hospitalisée du 22 au 30 juin 2015 et a été opérée le 25 juin 2015 pour une reprise de prothèse de hanche gauche enfoncée et déplacée qui a nécessité une reconstruction fémorale et de la cotyle. Les conséquences de cette intervention sur l'état de santé de Mme D sont décrites par plusieurs documents médicaux postérieurs à l'accident. Ainsi, Mme D établit l'existence d'un lien direct et certain entre ses préjudices résultant de sa chute le 22 juin 2015 et la fermeture de la porte automatique du hall d'accueil du centre des finances publiques de Levallois-Perret. Par suite, contrairement à ce que soutient le ministre, elle apporte la preuve qui lui incombe de l'existence d'un lien direct et certain entre les préjudices qu'elle a subis en sa qualité d'usager d'un ouvrage public et le fonctionnement de cet ouvrage.

8. En deuxième lieu, pour s'exonérer de sa responsabilité, l'administration soutient qu'aucune pièce du dossier n'établit l'existence d'un dysfonctionnement ou d'une défaillance de la porte automatique dans la journée du 22 juin 2015 ou les jours précédents ou postérieurs qui auraient justifié des mesures particulières de sécurité, de signalisation ou de réparation urgente. Elle fait notamment valoir qu'un rapport d'intervention établi le 25 juin 2015 par une société chargée de la maintenance de cet ouvrage n'a révélé aucun dysfonctionnement particulier. Toutefois, ce rapport mentionne un nettoyage du radar dont le fonctionnement normal devait en principe empêcher la fermeture de la porte automatique lorsqu'une personne se trouvait entre les deux battants ou à proximité immédiate. En outre, il résulte de l'instruction que cette porte automatique n'avait pas fait l'objet de la visite de maintenance au minimum semestrielle prévue par les dispositions de l'article 9 de l'arrêté du 21 décembre 1993 relatif aux portes automatiques sur les lieux de travail. Par suite, l'administration n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'absence de défaut d'entretien normal de l'ouvrage.

9. Enfin, l'administration soutient que le dommage est en tout ou partie imputable à une faute de la victime, celle-ci s'étant imprudemment engagée à franchir la porte alors qu'elle se refermait. Toutefois, si le courriel précité du 22 juin 2015 indique que Mme D, porteuse d'une prothèse de hanche, " n'a pas été assez rapide en voulant entrer dans le sas ", ce courriel ne permet nullement d'établir l'existence d'une imprudence de la victime. En outre, si l'attestation du mari de Mme D du 15 septembre 2017 indique que " quelques secondes après son ouverture, la porte a amorcé son mouvement automatique de fermeture " et que " c'est à ce moment que ma femme arrivait à son niveau ", elle poursuit en précisant que la porte était " encore bien ouverte " et qu'elle devait " détecter sa présence et stopper puis inverser son mouvement ". Le mécanisme de détection automatique devant en effet normalement maintenir l'ouverture de la porte automatique lorsqu'une personne se présente entre les deux battants ou à proximité immédiate, y compris lorsqu'elle se déplace lentement, l'administration n'est pas fondée à soutenir que Mme D a commis une faute en tentant de franchir cette porte.

10. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de prescrire avant dire droit une expertise relative à l'état de fonctionnement de la porte automatique le 22 juin 2015 qui ne serait d'aucune utilité, que le ministre n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par les jugements attaqués, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a retenu la responsabilité de l'Etat et l'a condamné à indemniser Mme D de ses préjudices.

Sur les frais d'installation de deux monte-personnes :

11. Par la voie de l'appel incident, Mme D demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 13 674 euros correspondant à l'installation en octobre 2015 de deux monte-escaliers destinés à équiper son logement. Les factures correspondantes sont produites. Des photographies permettent également d'établir que ces équipements ont été effectivement installés dans son logement. Cette dépense doit être regardée comme présentant un lien direct et certain avec la chute dont Mme D a été victime le 22 juin 2015, celle-ci ayant entraîné une nette réduction de son périmètre de marche, ainsi qu'il résulte notamment du rapport d'expertise judiciaire du 24 septembre 2020.

12. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a seulement condamné l'Etat à lui verser la somme de 17 497,50 euros, celle-ci devant être portée à la somme de 31 171,50 euros.

Sur les conclusions de la CPAM du Puy-de-Dôme :

13. En premier lieu, par le jugement attaqué du 18 mai 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l'Etat à verser la somme de 21 669,97 euros à la CPAM du Puy-de-Dôme avec intérêts à compter du 4 septembre 2019 et capitalisation à compter du 4 septembre 2020. Ainsi, il n'y a pas lieu de remettre en cause sur ce point le jugement attaqué. Si la CPAM du Puy-de-Dôme entend solliciter le versement de la somme de 22 647,47 euros au titre des prestations de soins médicaux servies à Mme D, elle ne justifie pas avoir elle-même exposé une somme complémentaire de 997,5 euros au profit de cette dernière. Par suite, ses conclusions doivent être rejetées sur ce point.

14. En second lieu, la somme allouée à la CPAM au titre des prestations servies à Mme D n'étant pas majorée en appel, il n'y a pas lieu de rehausser le montant de l'indemnité forfaitaire qui lui a été allouée en première instance en vertu des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Sur les frais liés à l'instance :

15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions de même nature présentées par la CPAM du Puy-de-Dôme.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes du ministre de l'action et des comptes publics sont rejetées.

Article 2 : La somme de 17 497,50 euros fixée par l'article 1er du jugement n° 1707753 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 18 mai 2021 est portée à la somme de 31 171,50 euros.

Article 3 : L'article 1er du jugement n° 1707753 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 18 mai 2021 est réformé en ce qu'il a de contraire à l'article 2 du présent arrêt.

Article 4 : L'Etat versera la somme de 2 000 euros à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à Mme C D et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,

M. Camenen, président assesseur,

Mme Janicot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

Le rapporteur,

G. B La présidente,

C. Signerin-Icre La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nos 20VE01982, 21VE01987

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